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Au fitness jusqu’à nonante-six ans

29 avril 2014

Véritable force tranquille, l’Yverdonnois Charles Mathys a franchi le cap des 100 ans quasi sans le moindre effort.

Dans une forme olympique pour son âge, Charles Mathys essaie de faire chaque jour le tour de son quartier à pied.

Dans une forme olympique pour son âge, Charles Mathys essaie de faire chaque jour le tour de son quartier à pied.

«J’ai un devis pour un monte-escaliers, mais je ne vais pas le commander tant que je peux m’en passer ». Domicilié au 1er étage de la maison familiale dont le rez est occupé par sa fille, Charles Mathys fait preuve d’une vitalité remarquable pour ses 100 ans. Sa longévité dans la pratique du sport en témoigne. A 82 ans, il arrête le tennis… pour commencer le fitness, une activité qu’il a abandonnée il y a quelques années seulement, à 96 ans.

«J’étais le plus vieux. Le propriétaire m’a dit que je pouvais venir gratuitement jusqu’à la fin de mes jours», commente Charles Mathys. Il a également pratiqué la voile, effectuant «toutes les régates du lac jour et nuit». Et mis à contribution ses qualités de skieur lors de sa mobilisation, avec son berger-allemand Sarto, dans le service des chiens d’avalanche pendant la guerre.

Selon sa fille Monique Locher, l’accession de Charles Mathys a un âge avancé est «le juste retour» pour toute la gentillesse et l’affection dont il a fait preuve.

Amoureux de la vie, ce dernier apprécie particulièrement la compagnie des femmes, la sienne est décédée il y a 14 ans, dans leur soixantième année de mariage, et n’a pas manqué d’inviter, ce soir, toutes ses voisines du quartier, en compagnie de leurs maris, faut-il toutefois préciser.

Le centenaire n’a, hormis une petite parenthèse parisienne, jamais quitté Yverdon-les-Bains, où il a vu le jour, à la rue de Neuchâtel. «J’ai vu passer le train par la rue de la Plaine et l’avenue Haldimand », se souvient-il.

Mécanicien-électricien de formation, Charles Mathys a travaillé vingt années durant chez Paillard, puis un quart de siècle au Garage de la Plaine. «Mon bureau était dans le garage. J’ai respiré du gaz pendant 25 ans, mais je suis encore là», observe-t-il avec malice.

Agés de 96, respectivement 91 ans, son frère Georges et sa soeur Lucienne, prouvent que la longévité est une histoire familiale. «Il faut que je me dépêche d’avoir 100 ans», indique la cadette, en admiration devant la boîte à musique de l’entreprise sainte-crix Reuge, offerte à son frère par le Canton des mains d’Etienne Roy, préfet du district du Jura-Nord vaudois.

Ludovic Pillonel