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L’appel au secours des Samaritains

5 novembre 2019 | Edition N°2617

Nord vaudois – Ils sont de toutes les fêtes, mais on n’aime pas trop les fréquenter. Pourtant, ils sont des maillons essentiels de toutes les manifestations.

Un petit bobo ou un grand choc, pas de problème, ils sont toujours prêts à intervenir, à porter secours. Bénévoles depuis des temps ancestraux, ils ne ménagent ni leur temps, ni leur savoir et sont en perpétuelle formation. Aujourd’hui, ils aimeraient trouver de nouvelles recrues, car ils sont très sollicités. Thierry Barraud, président des Samaritains du Nord vaudois et Nicolas Paux, responsable technique et formateur, évoquent les heurs et malheurs de ce bénévolat.

Des exigences toujours plus pointues

Actuellement, la section locale des Samaritains compte 88 membres, dont 20 secouristes aptes à prodiguer des soins pointus lors d’une manifestation. Car pour être secouriste actif, il faut se soumettre à bon nombre de formations continues, tout au long de l’année. La formation de base, quant à elle, nécessite quarante-six heures de formation. Les membres qui n’effectuent plus cette mise à niveau participent lors des collectes de don du sang ou demeurent de membres de soutien. «La fonction de secouriste est devenue de plus en plus pointue. Les exigences étaient déjà très élevées, mais elles le sont plus encore aujourd’hui. L’avantage, c’est que le certificat de secouriste est désormais reconnu et peut figurer sur un curriculum vitae», précise Nicolas Paux.

«Historiquement, les Samaritains étaient des samaritaines! En effet, les femmes qui ne travaillaient pas ont largement participé aux soins médicaux lors des grands conflits du siècle passé, contribuant ainsi à développer les sections locales de samaritains», relève le président, Thierry Barraud. Avec l’entrée en vigueur des nouveaux règlements de la santé publique vaudoise en 2018, de nouvelles contraintes et certifications sont entrées en force, contribuant à augmenter significativement les charges des sections de samaritains. Pour couvrir leur budget qui comporte, entre autres, la formation, les certifications ou encore le renouvellement du matériel, les Samaritains sont contraints de facturer l’ensemble de leurs prestations.

Une facture qui enfle

La structure est très hiérarchisée. Elle compte trois niveaux IAS (Inter-Association de Sauvetage) dont le plus élevé requiert des professionnels pour leur formation. Tout ceci a un coût qui est réparti sur l’ensemble des cotisations payées par les membres. Mais il va de soi que, lorsqu’un organisateur fait appel à eux, ces coûts sont ventilés dans la facture.

«L’utilisation d’oxygène coûte cher, tout comme les patchs que nous utilisons avec les défibrillateurs, qui valent 250 francs pièce et sont périmés au bout de trois ans, révèle le secouriste. Sans oublier nos vêtements et nos équipements qui, eux aussi, coûtent cher et doivent être amortis. En règle générale, le matériel médical est particulièrement onéreux.»

Une loi contraignante

Le dispositif mis en place pour chaque manifestation est décidé en fonction de critères précis fixés par la Santé publique. Partant, il n’y a guère de moyens de faire baisser la facture. «Nous faisons tout pour ajuster nos coûts au mieux et si les secouristes sont légèrement défrayés, ils demeurent des bénévoles», conclut Nicolas Paux.

Mais qu’est-ce qui peut bien motiver ces gens à assister de loin et pendant des heures, à des fêtes qu’ils n’ont pas choisies? «Nous recevons beaucoup de gratitude lorsque les gens sont en difficulté et que nous pouvons les aider. Et nous apprenons beaucoup lors de la formation. Sauver une vie est aussi très gratifiant. La seule erreur est de ne rien faire. Mais il est vrai qu’il faut une bonne dose d’altruisme pour se lancer», admet Nicolas Paux.

L’idéal visé par la section nord-vaudoise est d’avoir un secouriste dans chaque ménage. Pour l’heure, elle en est loin! Afin de continuer à toujours être au service des autres, ils ont bien besoin de renouveler leurs forces et espèrent que d’autres personnes viennent prochainement renforcer leur effectif.

Dominique Suter