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Bisbille autour du projet de Kindercity

10 novembre 2017 | Edition N°2121

Yverdon-les-Bains – Le centre ludo-éducatif qui doit être construit sur le site d’Y-Parc attend toujours une réponse à la demande de soutien déposée auprès du Canton, dans le cadre de la Loi sur l’appui au développement économique (LADE).

En avril dernier, Jean-Daniel Carrard (à g.), syndic d’Yverdon-les-Bains, avait remis le permis de construire à Jean-Christophe Gostanian, directeur de Kindercity. ©Alkabes-a

En avril dernier, Jean-Daniel Carrard (à g.), syndic d’Yverdon-les-Bains, avait remis le permis de construire à Jean-Christophe Gostanian, directeur de Kindercity.

Kindercity, le centre de jeu ludo-éducatif qui vise à sensibiliser les enfants au monde de la science et de la technologie à travers le jeu, et qui doit voir le jour au parc scientifique et technologique Y-Parc, à Yverdon-les-Bains (lire La Région Nord vaudois du 6 avril), est-il en passe de tomber aux oubliettes ?

«Pour l’instant, le projet est toujours dans l’attente d’une confirmation d’un prêt de cinq millions de francs de la part du Conseil d’Etat, dans le cadre de la LADE (ndlr : Loi sur l’appui au développement économique) », confie, dépité, Jean-Christophe Gostanian, directeur de Kindercity, qui avait obtenu le permis de construire de la part de la Ville d’Yverdon-les-Bains en avril dernier.

Forte d’une expérience d’une dizaine d’années dans les environs de Zurich avec une structure identique, la société commence à s’impatienter, puisqu’elle attend, depuis quelques mois, une réponse du Conseil d’Etat vaudois, et plus particulièrement du Département de l’économie, de l’innovation et du sport (DEIS), dirigé par le conseiller d’Etat Philippe Leuba.

 

Un jeu de pouvoir ?

 

Le budget de ce vaste complexe immobilier, situé au coeur du parc technologique et scientifique Y-Parc, s'élève à 65 millions de francs. ©Kindercity

Le budget de ce vaste complexe immobilier, situé au coeur du parc technologique et scientifique Y-Parc, s’élève à 65 millions de francs.

Contacté personnellement, le conseiller d’Etat botte en touche : «Tant que le projet n’est pas officialisé, tout reste confidentiel.» Même son de cloche au sein du Service de la promotion économique et du commerce (SPECO), où le «no comment» règne. «Le dossier est en phase terminale. A ce stade, les tractations entre les services sont confidentielles. Personne n’en dira davantage», affirme Denis Pittet, porte-parole.

Et du côté des finances ? Là-aussi, Pascal Broulis, le grand argentier sainte-crix, ne souhaite pas s’exprimer : «Ce dossier est sur la table de Monsieur Leuba». Selon nos informations, il semblerait que ce dossier soit bloqué à l’interne. Mais pourquoi ? Un prêt LADE de cinq millions de francs pour une durée de 15 ans -il est financé à 50% par la Confédération et à 50% par le Canton- et sans remboursement d’intérêt ferait-il tousser le Département des finances ? On n’en saura pas plus pour l’instant, mais les intérêts politiques divergent.

 

Un projet en danger ?

 

«Qui bloque ?, s’interroge Jean- Christophe Gostanian. Nous avons envoyé tous les documents, en août dernier, et écrit plusieurs mails aux deux départements respectifs, sans réponse et sans éclairage. De plus, nous avons investi 65 millions de francs.» Le projet prévoit non seulement l’implantation d’un centre ludo-éducatif, mais aussi d’autres pôles d’activités, tels que restauration et petits commerces (kiosque, pharmacie et boulangerie).

L’idée de quitter le canton pour s’installer ailleurs est-elle envisageable ? «Soyons réaliste, cela fait quatre ans que je me bats pour ce projet», confie le directeur de Kindercity. Lorsque nous l’avons lancé, nous souhaitions nous installer près du CERN, à Genève, et le Canton de Vaud nous a expressément contacté pour que nous ne le fassions pas en terre genevoise.» Par ailleurs, ce centre ludo-éducatif, situé au cœur d’Y-Parc, a déjà loué 85% de ses surfaces et quarante locataires y sont déjà prévus.

Et la Ville d’Yverdon-les-Bains dans tout ça ? Le syndic Jean-Daniel Carrard ne se veut pas «alarmiste». La Commune a joué «un rôle de facilitateur pour que Kindercity voit le jour. Cela m’étonnerait que tout explose.» Et d’ajouter : «Nous sommes prêts à discuter en bilatéral, car il y a un réel potentiel. Si les services de l’Etat acceptent ce projet, j’en serais satisfait. Sinon, il va falloir chercher d’autres investisseurs.»

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Valérie Beauverd