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Un Bol d’Or qui perd son souffle

23 mai 2017 | Edition N°2002

Voile – Une petite bise a joué les trublions, samedi, à l’occasion de la régate organisée au large de Grandson.

Le régional Didier Pfister est à la barre du deuxième multicoque à franchir la ligne d’arrivée du Bol d’Or en multi. ©Christiane Baudraz

Le régional Didier Pfister est à la barre du deuxième multicoque à franchir la ligne d’arrivée du Bol d’Or en multi.

Alors que les prévisions météorologiques auguraient pour la matinée de samedi d’un vent d’ouest, promesse d’un beau départ sous spi, c’est une petite bise qui est venue jouer les trublions sur la ligne du Bol d’Or Henri Lloyd du lac de Neuchâtel. Ils étaient 74 voiliers à s’élancer pour une régate qui s’annonçait, vu le peu d’air, longue. Seuls 59 bateaux ont été classés. Sans surprise, les M2 ont été les plus rapides.

Les airs trop légers n’ont pas permis au catamaran à foils d’assurer le show. Son skipper Michel Vaucher commentait : «C’était compliqué et nettement pas assez venté pour l’Easy to fly. Nos foils nous handicapent par petit temps. Nous nous sommes traînés avec la nette impression de ne jamais être au bon endroit !»

Le premier multicoque, Satanas, de Pascal Strubin a mis 6h49’36 pour rallier la ligne d’arrivée, suivi par le régional Didier Pfister, sur Swiss Medical Network, puis Team Work. «Nous sommes partis, bien dégagés, rive sud et avons rapidement rejoint la rive nord, expliquait Grégoire Loth, équipier de Didier Pfister. A Saint-Aubin, nous étions encalminés, les monocoques nous ont même rattrapés. Et franchement, nous étions très loin dans le classement. La pluie qui s’abattait sur le Jura a créé un appel d’air qui nous a permis de virer la bouée de Neuchâtel avec une bonne pression. Dans la remontée vers Grandson, nous avons suivi la rive nord sans jamais dépasser le mi-lac et sommes remontés en tête de course, en contrôlant nos arrières, mais sans jamais revenir sur Satanas, installé loin devant. A deux kilomètres de l’arrivée, TeamWork nous a attaqués et dépassés. En empannant tout de suite, nous avons repris notre place. Une valse d’empannages nous a permis de verrouiller les poursuivants. Les derniers mètres vers la ligne d’arrivée ont été particulièrement pénibles : plus aucun souffle ! Derrière nous, du Joran ramenait les poursuivants. Cette fin de régate a joué avec nos nerfs.»

Si les M2 jouent toujours les vedettes au Bol d’Or, il ne faut pas oublier que la majorité des bateaux en lice sont des monocoques. L’arrivée des deux premiers, des Lüthi 10, à 16 secondes d’intervalle, a fait monter l’adrénaline sur les quais. Christian Biedermann s’est imposé en un peu plus de 8 heures, en temps réel, devant Christophe Dubuis et Arnaud Jacobin. Le vainqueur de cette 31e édition est un habitué aux honneurs, puisqu’il a déjà gagné le Bol d’Or à quatre reprises. «Ça a été une belle bagarre. Pourtant, on a bien failli devoir s’arrêter à Neuchâtel : notre spi rangé à plat-pont a glissé à l’eau et s’est pris dans la quille. Nous avons été stoppés net et avons perdu beaucoup de temps à le repêcher, complètement déchiré. Six bateaux nous ont passés. Sur le retour, nous avons fait une belle remontée au près. Alors que la majorité de la flotte descendait rive sud, nous sommes restés au Jura. Je n’ai jamais connu une fin de régate pareille : avec l’équipage de Christophe Dubuis, nous avons joué un chassé-croisé de Saint-Aubin à la ligne d’arrivée. Un ultime double empannage nous a permis de couper la ligne tribord, c’était l’explosion de joie sur le bateau», confiait, tout sourire, Christian Biedermann.

 

Résultats :

 

TCF 1 et 2 (temps compensé): 1. Stéphane Saudan, CVG. 2. Pierre Walt, CVN. 3. Jacques Blanc, MY. Puis : 12. Patrick Ducommun, CVG. 15. Laurent Jacot, CVG.

TCF 3 et 4 (temps compensé): 1. Rachel Erard, CVN. 2. André Bechler, WSCM. 3. Alexandre Biolley, CNTY. Puis : 5. Jean-Pierre Grimaître MY. 7. Loïc Geffroy, CVG 8. Sébastien Guidoux, CVG. 10. Claude Gilléron, CNTY. 11. Benoît Desgraz, CVG. 12. Pascal Christe, CVG.

M3 : 1. Stéphane Chiovini, VLM. 2. Xavier Gosteli, VLM. 3. Jean-Jacques Born, CNM. Puis : 4. Mario Di Pietrantonio, CNTY.

M2 : 1. Pascal Strubin, CVN. 2. Didier Pfister, MY. 3. Arnaud Didisheim, CVMC.

 

Grand Prix M2 : Didier Pfister commence bien

 

Ça a parfois été sportif sur le lac de Neuchâtel, dimanche. ©Bol d’Or Henri Lloyd

Ça a parfois été sportif sur le lac de Neuchâtel, dimanche.

Changement radical de décor, dimanche ! C’est dans des conditions optimales, par une jolie bise de 10 à 15 noeuds, que le Cercle de la Voile de Grandson a donné le coup d’envoi des six manches du Grand Prix M2 sur le haut-lac. Ils étaient quatorze équipages à s’aligner au départ. Six manches, cinq vainqueurs différents, du beau spectacle ! Jusqu’à la fin, la bataille a été vive entre Swiss Medical Network, barré par Didier Pfister, et Immoset, barré par le double médaillé olympique Mitch Booth. C’est lors de la dernière manche que ce dernier a pris l’ascendant sur les régionaux.

«Je suis impressionné par l’excellent niveau de la flotte», a reconnu le vainqueur.

Plusieurs bateaux ont souffert de petites avaries et, lors de la dernière manche, Victory a chaviré, fort heureusement sans casse.

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Christiane Baudraz