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Cantatrice, mais pas diva

9 septembre 2015

Yverdon-les-Bains – la chanteuse lyrique Florence Renaut sera en concert, samedi, dans sa Cité thermale. Portrait d’une artiste passionnée.

La chanteuse lyrique Florence Renaut sera en concert, samedi, dans sa Cité thermale. DR

La chanteuse lyrique Florence Renaut sera en concert, samedi, dans sa Cité thermale.

Impensable, au premier regard, de deviner que la menue jeune femme qui se tient là, devant nous, le sourire aussi généreux que sont pétillants ses deux grands yeux -d’un vert trouble que l’on ne trouve qu’au fond des plus belles rivières-, est capable d’abriter, au plus profond de ses entrailles, une telle voix. Non, inimaginable de deviner que ce petit bout de femme, baptisé Florence Renaut, est bel et bien chanteuse lyrique, soprano qui plus est.

D’abord, sans doute, parce que, fragile, ce corps dans lequel, cadeau de sa grossesse actuelle, l’artiste yverdonnoise, âgée de 32 ans, se sent «désormais mieux», «plus sûre», est aux antipodes de celui de l’image de la cantatrice bien en chaire. Une image collective erronée qui, hélas, omet cette réalité: le chant, à un pareil niveau, c’est du travail, beaucoup de travail.

Un labeur que Florence Renaut, qui bien que désormais installée à Bâle, se sent toujours plus Yverdonnoise que bien des Yverdonnois, a débuté toute jeune dans la Cité thermale, où sa famille vint s’installer après avoir quitté Paris, alors qu’elle n’avait que quatre ans. «Dans le petit choeur des écoles», se souvient la soliste, qui avoue toujours apprécier de chanter au sein d’ensembles.

Une passion du chant qui se transformera en celle de l’art lyrique à la suite d’un stage, dans le cadre de cours de théâtre, alors qu’elle avait 13 ans, «impressionnée par la maîtrise vocale de la professeure d’un jour».

Une ferveur que Florence Renaut saura alors garder intacte, parfois secrètement, et ce, malgré le temps qui passe, malgré une fin de scolarité obligatoire qui lui prend beaucoup d’énergie et, surtout, malgré les camarades d’école qui jurent alors bien plus par les groupes américains en vogue que par Mozart ou Verdi.

Puis vint déjà l’âge adulte, celui du choix de «carrière». Une décision rendue d’autant plus délicate par la difficile compatibilité entre les réalités de notre société et le statut souvent précaire imputable à la vie «d’artiste». Florence Renaut fera alors le choix d’une formation en Lettres à l’Université de Neuchâtel et elle enchaînera avec un emploi au sein d’un musée fribourgeois. Mais la passion, de plus en plus, la démange, renforcée, qui plus est, par la création, en 2008 et avec sa soeur comédienne et metteuse en scène, de la compagnie Cantamisù. L’amour aura le dernier mot. En 2010, elle décide de reprendre une formation, afin de pouvoir enseigner le chant, ce qu’elle fait depuis maintenant environ un an. Un choix qui s’avérera être le bon. Car à force de formations continues, de projets et de concerts, son nom est de plus en plus prononcé dans le microcosme du chant lyrique. Un monde où, assurément, de par sa modestie, son humour et sa disponibilité, Florence Renaut est connue comme une cantatrice qui n’a vraiment rien d’une diva.

 

Florence Renaut sera en concert, samedi, à 17h, à l’Aula Magna du Château d’Yverdon-les- Bains, avec l’ensemble Florace.

Raphaël Muriset