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CarPostal laisse des parents d’élèves en rade

6 septembre 2018 | Edition N°2326

Vuarrens –  A deux reprises, l’entreprise de transports publics a oublié de reconduire les élèves du collège de Villars-le-Terroir au village.

«On a attendu plus d’une demi-heure au bord de la route… pas d’enfants.» Comme plusieurs mamans du village de Vuarrens, Emilie Freymond et Sabrina Tulleuda étaient très inquiètes à l’arrêt de bus, lors du premier jour de la rentrée, lundi dernier. CarPostal, le prestataire de service mandaté pour assurer les transports scolaires, avait tout simplement oublié de ramener les enfants, qui fréquentent le collège de Villars-le-Terroir, au village. «Ça peut arriver une fois, tempère Emilie Freymond, mère d’une petite fille de 8 ans. Mais rebelote le lendemain, on s’est à nouveau retrouvées seules à attendre nos enfants. Il a fallu aller les rechercher en voiture à l’école.» 

Après avoir reçu plusieurs appels de la part de parents mécontents, l’Association scolaire intercommunale de la région d’Echallens (Asire), chargée d’organiser les transports scolaires, a alerté les responsables de CarPostal. «Nous leur avons fait part de notre insatisfaction, car nous avions planifié ce nouvel horaire scolaire en accord avec eux», assure Daniel Leuba, président du comité de direction de l’Asire, qui englobe 27 communes réparties entre le Nord vaudois et le Gros-de-Vaud. Toutefois, selon le président, ce manquement ne remet pas en cause le partenariat avec la société de transport. «Nous avons demandé cette prestation jusqu’à la fin de l’année, car il n’existait pas de dessertes sur cette ligne aux heures scolaires», indique Daniel Leuba. Selon lui, le coût de ce service s’élève à 20 000 francs pour les communes membres de l’association intercommunale. Et une ligne officielle sera instaurée dès l’année prochaine.

«Nous présentons nos excuses aux parents et aux élèves pour ces désagréments. En effet, nous avons rencontré deux problèmes organisationnels différents, reconnaît Urs Bloch, porte-parole de CarPostal. Les conducteurs ont été avertis pour les courses dès le mercredi.»

Coincés comme des sardines

Par ailleurs, les deux mamans sont remontées à bloc parce que le convoi qui vient chercher leurs enfants le matin est bondé. «L’un des chauffeurs m’a confié que ce n’était pas normal de transporter autant d’enfants, c’est un stress supplémentaire», raconte Sabrina Tulleuda, qui accompagne chaque matin son fils de 11 ans à l’arrêt de la Poste, au centre du village. «On pourrait instaurer un transport supplémentaire pour éviter que les enfants soient coincés comme des sardines ou bousculés lors d’un freinage trop sec», suggère-t-elle.

Interrogé sur ce point, Daniel Leuba considère qu’une telle proposition n’est pas envisageable pour le moment. «Nous ne sommes pas en surcapacité, affirme-t-il. Est-ce que les enfants sont serrés? Peut-être, mais nous respectons le cadre légal.» Selon l’Asire, près de huitante élèves circulent sur cette ligne de transports pour se rendre au collège de Villars-le-Terroir, qui compte près de 280 élèves.

Quant à Isabelle Wipfli Thonney, syndique de Vuarrens, elle a été informée de cette situation et comprend l’inquiétude des parents. Selon elle, il y a des «trous» sur la ligne CarPostal et il faudrait affréter plus de bus.

«A la rentrée scolaire, nous avons un suivi attentif et actif de notre réseau, affirme le porte-parole de CarPostal. Dès le 10 septembre, un bus supplémentaire sera engagé sur la ligne 670 au départ d’Echallens à 07h02. D’autres modifications pourraient encore intervenir au cours des premières semaines d’école, selon les observations faites sur le terrain.» L’entreprise affirme également mettre tout en œuvre pour assurer la sécurité des enfants. Et quant à la question du freinage trop sec, les conducteurs peuvent être amenés à en effectuer et entraîner, ainsi, la chute d’un passager. Toutefois, cela permet «d’éviter de renverser un enfant sur la route», conclut le porte-parole.

 

Valérie Beauverd