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«Ce que je préfère, ce sont ses pizzas au feu de bois»

17 janvier 2019 | Edition N°2416

Yvonand  –  Depuis le début de l’année, Stéphanie Giovannini épaule son mari, Franck, à l’accueil de l’Hôtel de Ville à Crissier. Elle succède à Brigitte Violier, qui a quitté l’établissement l’été dernier.

Stéphanie Giovannini travaillera à l’accueil du restaurant gastronomique tous les midis, du mardi au vendredi. Elle souhaite consacrer le reste de son temps à ses enfants, Emma et Matt. © Michel Duperrex

Dans la cuisine des Giovannini à Yvonand, il n’y a, ce lundi-là, ni le délicat parfum d’une noix de Saint-Jacques poêlée aux petits coquillages, ni la saveur subtile d’un médaillon de homard bleu mariné aux pistils du Jorat, deux plats proposés à l’Hôtel de Ville de Crissier. Et pourtant, dans cette cuisine, il y a bien plus: une chaleur humaine, à nulle autre pareille, à la fois simple et authentique. «Je vous garantis qu’ici on ne mange pas les mets que Franck concocte à Crissier», glisse Stéphanie Giovannini, l’épouse du grand chef étoilé. Nous voilà rassurés! Enfin… pas tout à fait. Entre nous soit dit, on n’aurait pas refusé une tuile chocolatée aux zestes de clémentine parfumée à la liqueur impériale concoctée par le cuisinier.

Cependant, depuis le début de l’année, cette femme de l’ombre âgée de 38 ans épaule son époux à l’accueil du restaurant gastronomique, tous les midis, du mardi au vendredi. Elle succède ainsi à Brigitte Violier, qui a quitté l’établissement l’été dernier à la suite du rachat de ses parts sociales par Franck Giovannini.

«Stéphanie m’a toujours soutenu, mais le but c’était de créer un projet ensemble», assure le chef tapa-sabllia à propos de son épouse. Et d’ajouter: «C’est une femme simple, elle aime les gens et elle a envie de leur faire plaisir.» Si ces trois ingrédients sont essentiels pour accueillir les fins gourmets, la trentenaire révèle toutefois être impressionnée de travailler pour cet établissement qui affiche trois étoiles au Guide Michelin. «Nous n’étions, ni l’un ni l’autre, préparés à reprendre l’établissement, confie Stéphanie Giovannini. Après la disparition de Benoît (ndlr: le chef étoilé Benoît Violier a mis fin à ses jours en janvier 2016), c’était une évidence que Franck allait reprendre la cuisine. Et le reste était une suite logique.»

Pour le moment, la nouvelle patronne ne compte pas tout révolutionner. «Il faut d’abord que je prenne mes marques au sein de l’équipe et je dois mémoriser la carte avec les menus.» D’une nature joviale, Stéphanie Giovannini ne souhaite pas changer sa façon d’être. «Mais il est évident que je ne vais pas m’habiller en jeans pour accueillir la clientèle, j’ai envie de faire les choses bien. Et je ne ferai aucune différence entre un client régulier et celui qui aura économisé toute sa vie pour vivre cette expérience culinaire.»

Le chef, c’est elle!

Fille de la campagne, Stéphanie Giovannini a vécu la majeure partie de sa vie à Yvonand. Après sa scolarité, elle a travaillé une année comme jeune fille au pair à Zoug, puis a poursuivi un apprentissage en tant que gouvernante à l’hôpital de Bellevue, à Yverdon-les-Bains. «Avec Franck, on se connaissait parce qu’on vivait tous les deux dans le même village. C’est devenu plus sérieux lors d’un bal à Chavannes-le-Chêne. J’avais 16 ans et lui 22 ans», se souvient-elle. Par amour, elle l’a suivi aux Etats-Unis, près de Boston, avant qu’ils ne fondent une famille.

«A la maison, le chef, c’est moi! Quand je dis non, c’est non!», précise-t-elle avec une pointe de malice. Mère d’un garçon âgé de 16 ans et d’une fille âgée de 14 ans, Stéphanie Giovannini s’est jusque-là consacrée à sa vie de famille alors que son mari mijotait les plats les plus savoureux à l’Hôtel de Ville de Crissier. Elle confie être une maman très présente et plutôt stricte. «J’ai toujours voulu avoir des enfants. Quand ils étaient plus petits, je me suis retrouvée souvent seule pour les éduquer, car Franck finissait tard le travail. Il a fallu parfois jongler, mais je ne m’en suis jamais plainte. Je savais que son métier, c’était sa passion.»

Quant à la question de savoir quel est le plat de son mari qu’elle préfère, Stéphanie Giovannini réfléchit quelques secondes: «La liste est longue, mais j’apprécie particulièrement les pizzas qu’il prépare au feu de bois. A chaque fois, on invite des amis et c’est toujours un moment convivial.»

Et pour la petite anecdote, c’est le premier mets que Franck Giovannini a cuisiné à sa belle: «A l’époque, il vivait dans un studio. Il avait un mini-four et deux plaques de cuisson. Mon père s’attendait à ce qu’il me concocte quelque chose de raffiné, mais pour le coup, il avait été déçu!»

Valérie Beauverd