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Cinq Romands découvrent une île des Caraïbes à vélo

31 juillet 2009

Mathieu Rochat et Valentin Schild comptaient parmi les chanceux qui ont participé au récent Tour de Martinique. Récit d’une aventure humaine, sportive et culturelle.

Valentin Schild et Mathieu Rochat, de retour du Tour de Martinique.

Valentin Schild et Mathieu Rochat, de retour du Tour de Martinique.

Mathieu Rochat (Treycovagnes) et Valentin Schild (Neuchâtel, membre du VC Orbe) n’ont pas hésité longtemps lorsqu’on leur a proposé de participer, au sein d’une sélection romande, au Tour de Martinique. Pour un passionné de vélo, il y a pire corvée que de découvrir une île des Caraïbes tout en se mesurant à des cyclistes du monde entier, sur une course de neuf étapes. Avec trois autres Romands, ils ont donc parcouru l’un des territoires français d’outre-mer de long en large. Et, à vrai dire, surtout de bas en haut.

«En onze jours, nous avons parcouru 1080 kilomètres. Et si les étapes n’excédaient pas 130 kilomètres, la moyenne du dénivelé quotidien était impressionnante: environ 2000 mètres», explique Mathieu Rochat. Des petites côtes, la plupart du temps, mais qui atteignait tout de même souvent les 10%. «Il n’y avait pas un mètre de plat», continue le paysagiste de 22 ans.

Pour un rouleur-sprinter comme lui, le terrain n’était donc pas propice aux plus grands exploits. «D’autant que le niveau était très élevé», renchérit-il. Outre les Romands, des sélections de Guadeloupe et de Martinique étaient au départ, tout comme des équipes formatrices, chargées de révéler les talents susceptibles de devenir professionnels. Du beau monde, donc, mais qui n’a pas empêché Valentin Schild de tirer son épingle du jeu. Le menuisier de 26 ans avait toutes les cartes en main pour terminer dans les vingt premiers au général, mais il a été pris dans une grosse chute lors de la dernière étape. Ce qui l’a contraint à l’abandon, lui a valu de belles éraflures, mais aussi… les honneurs des télévisions locales! «Tout le monde me reconnaissait, après ça», se marre-t-il.

A l’attaque!

Il faut dire que, sur place, le Tour de Martinique est une épreuve très suivie. «Il y a autant de monde au bord des routes que pour le Tour de Suisse chez nous, estime Mathieu Rochat. L’ambiance est vraiment excellente.» Si la ferveur populaire pour le cyclisme se vérifie outre-mer, la manière de rouler y est sensiblement différente. «Dès le départ, tout le monde part pied au plancher, lâche Mathieu Rochat. Par la suite, chacun y va de son attaque. Ça n’arrête pas!» La course est donc très vivante et semble moins réglée par les stratégies. «Nous avions vraiment l’impression qu’il n’y avait pas de jeu d’équipe», soulève-t-il.

Reste que pour les deux Romands, qui n’avaient jamais participé à une course par étapes, l’expérience était palpitante. Et ils signeraient tout de suite pour repartir. «Mais il faut vraiment être prêt, expliquent-ils en choeur. Le parcours est exigeant, il fait très chaud et très humide. Ce n’est pas une mince affaire.» Assurément, le jeu en vaut pourtant la chandelle.

Lionel Pittet