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Coup de neuf à la rue de Plaisance
Les nouveaux immeubles auront trois étages sur rez. En médaillon à droite, la partie centrale des maisons existantes.

Coup de neuf à la rue de Plaisance

17 novembre 2021

Une barre d’immeubles construite après-guerre va laisser la place à un ensemble de 90 logements.

La longue barre d’immeubles – 35 logements–  située à l’est de la rue de Plaisance, dans le quartier de l’Hôtpital, devrait laisser la place, dans un avenir proche, à un ensemble de conception moderne qui abritera, objectif de densification oblige, quelque 90 logements. Ce projet a été développé par le Fonds interprofessionnel de prévoyance, FIP, géré conjointement par les milieux patronaux et syndicaux.

L’ensemble immobilier existant a été construit après guerre par la Caisse de pension de HPI (Paillard) et les appartements étaient occupés, du moins à l’origine, par des collaborateurs de la grande entreprise, aujourd’hui disparue. Cet ensemble immobilier, situé à proximité de l’Hôpital, a été acquis par le FIP en 2003 déjà.

«Ce sont des immeubles anciens et mal isolés. En raison des objectifs de densification, il paraît plus opportun de les démolir et de reconstruire», explique Luc Oesch, directeur des finances et des institutions de prévoyance au Centre patronal.

Afin d’obtenir un projet répondant à la fois aux exigences du plan de quartier et aux objectifs énergétiques et de densification, le FIP a confié un mandat d’études parallèles à cinq bureaux d’architecture. Le collège d’experts, unanime, a retenu le projet présenté par le bureau RDR Architectes, à Lausanne. Les images virtuelles de ce projet témoignent d’une volonté d’intégration dans l’environnement construit, avec, entre autres, des toitures à deux pans et des décrochements destinés à casser l’aspect monolithique.

Un soin particulier a aussi été apporté aux extérieurs, avec des belles surfaces de verdure et une voie d’eau qui établira la limite de la propriété pour les appartements situés à l’est.
L’objectif de densification est atteint par la création d’un étage supplémentaire. Ce sont donc quelque 90 appartements qui pourront être aménagés dans cet ensemble qui conserve l’esprit de l’existant, mais avec tout le confort et les équipements énergétiques.

En raison de la proximité de la nappe phréatique, l’excavation sera limitée. Et afin de minimiser le poids de la construction, le maître de l’ouvrage a opté pour une structure bois, qui permet de réduire de 40% le poids de l’ensemble. Le béton ne sera utilisé que pour la base. «On a des objectifs de durabilité en ce qui concerne l’aspect énergétique. Le but est d’être le plus efficient possible», explique Giorgio De Piante, rsponsable des services généraux et délégué aux affaires immobilières au Centre patronal.

Après avoir engagé 25 millions de francs dans YMECA, centre de formation des métiers de la mécanique à Y-Parc, le FIP va investir 35 millions, hors prix du terrain, dans le projet de la rue de Plaisance!

 

Un projet qui donnera du travail à la région

 

Le FIP a décidé de faire appel aux entreprises de la région pour construire les immeubles de la rue de Plaisance.

Logement, efficience énergétique répondant aux objectifs du programme Energie 2050, et recours au savoir-faire local, telles sont les grandes options qui seront concrétisées dans le projet de la rue de Plaisance. Et il en est une qui sera sans doute particulièrement appréciée par le tissu économique local: le maître de l’ouvrage a décidé de confier la plus grande partie du travail à des entreprises de la région.

S’agissant d’un fonds géré paritairement par les milieux patronaux et le syndicat Unia, cette option est exemplaire. En effet, à l’heure actuelle, des chantiers de cette ampleur sont principalement confiés à des entreprisees générales. Luc Oesch, directeur des finances et des institutions de prévoyance au Centre patronal, précise: «Nous choisirons des entreprises qui respectent les Conventions collectives de travail. On évitera de travailler avec les mauvais élèves.»

Si le nombre de logements à aménager n’est pas encore définitivement arrêté – il y en aura 90 environ –, c’est parce que tout dépendra des choix opérés en ce qui concerne la typologie des appartements.

«Nous construisons pour 50 ou 100 ans. On doit envisager ce que sera l’habitat de demain», explique Luc Oesch. Afin d’affiner ses prévisions, le FIP s’est appuyé sur une étude réalisée par Wüst et Partner, un organisme spécialisé qui réalise les études immobilières pour de grands instituts bancaires.

Par ailleurs, la création d’une garderie, en collaboration avec les Etablissements hospitaliers est à l’étude. «Il s’agit d’une option parmi d’autres», précise Loïc Favre, porte-parole des EHNV.
Autre élément important, la modularité des locaux. En fonction de l’évolution du marché, il faut préparer les bases d’une éventuelle réaffectation ou redistribution.

Sur le plan des aménagements extérieurs, l’architecte paysagiste a imaginé un simple cours d’eau (noue) qui fera office de limite entre l’espace public et les zones privées. La mobilité douce sera aussi encouragée, avec l’aménagement de plusieurs places de stationnement pour les vélos. Les voitures seront parquées sous l’immeuble, avec entrée à une extrémité et sortie à l’autre.

Autre élément sur lequel insiste Giorgio De Piante, en charge des projets immobiliers au Centre patronal, le respect du plan de quartier: «Nous n’avons demandé aucune dérogation, car ce serait la porte ouverte aux oppositions.» Ce choix, espèrent les responsables du FIP, devrait faciliter la procédure de mise à l’enquête qui, en fonction de la programmation actuelle, devrait être lancée au printemps 2022.

En l’espace de quelques années, le Fonds interprofessionnel de prévoyance (FIP), que préside l’ancien Urbigène Arnaud Bouverat, secrétaire à Unia Vaud, va investir quelque 60 millions de francs à Yverdon-les-Bains.

En effet, le FIP construit le nouveau centre de formation des métiers de la mécanique, YMECA, à Y-Parc. Ce chantier a été lancé à la fin de l’été et il représente un investissement de 25 millions de francs. Dans le projet de la rue de Plaisance, ce sont quelque 35 millions de francs qui vont être dépensés, montant qui ne tient pas compte de la valeur de la parcelle, acquise en 2003.

Pour cette opération, le FIP s’est adjoint les services d’un bureau d’aide au maître de l’ouvrage, en l’occurrence une structure spécialisée du groupe Vaudoise Assurances. Renoncer à une entreprise générale n’est pas forcément choisir la voie de la facilité. Mais en menant à terme un projet avec une structure traditionnelle, le FIP se veut exemplaire. «Cela fait partie de notre ADN», précise Luc Oesch.

Isidore Raposo