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Dans l’antre du sorcier de la mécanique

14 août 2018 | Edition N°2309

Pomy – Le mécanicien Claude-Alain Briod rénove d’anciennes voitures de collection dans son atelier. Une passion qui date de près de quarante ans.

L’atelier de Claude-Alain Briod ressemble à une boîte magique où les voitures de collection sont plus rutilantes les unes que les autres. Installé depuis huit ans à Pomy, le mécanicien nord-vaudois a fait de son métier une véritable passion. «En 1979, j’ai décidé de me mettre à mon compte par goût du défi et parce que je voulais être mon propre chef. J’ai commencé par réparer des Mini anglaises, puis des Ford Mustang, se souvient-il. Le vrombissement extraordinaire de leur moteur m’a tout de suite fasciné. Ce sont des véhicules performants, mais il faut savoir rouler avec le coude sur la portière tout en écoutant le ronronnement.»

Au fil des années, l’homme – il est également syndic de la commune de Grandevent – s’est fait un nom dans le milieu de l’automobile, puisque de nombreux clients étrangers ont déjà fait appel à ses services. «J’avais restauré une Buick 1959 (ndlr: voir image du haut) et ce n’est pas sans émotion que je l’ai retrouvée quelques années plus tard pour la retaper à nouveau. Il faudra bientôt la préparer pour qu’elle soit prête à rouler.» D’un bleu clair étincelant, l’ancienne voiture de luxe américaine appartient désormais à un client suisse qui vit à Hong Kong et qui l’utilise lors de ses vacances d’été.

Des pièces sur-mesure

Dans l’antre du sorcier, comme il aime appeler son atelier, Claude-Alain Briod fabrique de multiples pièces détachées sur-mesure: arceaux de sécurité, châssis, boulons, écrous, goupilles et pistons n’ont plus de secrets pour lui. «Certaines d’entre elles ne sont plus fabriquées aux Etats-Unis», indique-t-il. Pour le gros usinage et la carrosserie, il fait appel à d’autres experts de la mécanique comme le carrossier Jean-Marc Felden, à Romont. «J’aime démonter une voiture ou une moto de A à Z, mais parfois on répare des trucs totalement irréparables», poursuit celui qui a débuté son parcours professionnel par une formation en polymécanique.

Avec l’aide de son fils Yann, qui est aussi mécanicien et qui reprendra prochainement le flambeau, il lui a notamment fallu trois ans pour donner une seconde jeunesse à une Cadillac rose datée de 1960. «En général, on essaie de trouver un compromis avec le client parce que ce sont des pièces relativement onéreuses et je ne peux pas me concentrer sur un seul véhicule», explique Claude-Alain Briod. Et de conclure: «Je ne compte pas mon temps, mais il m’est souvent arrivé de passer plus de douze heures  par jour dans mon atelier.»

 

Valérie Beauverd