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De nouveaux locataires entrent en gare

28 mai 2019 | Edition N°2507

Vallorbe – Les passionnés de trains de l’Association 141.R.568 sont passés à la vitesse supérieure. Ils ont établi leurs quartiers et parqué leur locomotive à vapeur, ainsi que leurs wagons, sur les hauteurs de la Cité du fer.

«On est enfin chez nous!», s’enthousiasme Eric Chevalley, président de l’Association 141.R.568, qui retape et entretient une vieille locomotive du même nom. Occupant jusque-là une voie dans un entrepôt des CFF sur les hauteurs de Vallorbe, les bénévoles se sont retrouvés à l’étroit lorsqu’ils ont reçu, contre bons soins, dix wagons appartenant à Swiss Classic Train, juste avant Noël. Eric Chevalley, qui lorgnait déjà sur des infrastructures annexes, a alors entamé des discussions avec les CFF pour grappiller davantage de place. «On a pu signer un bail le mois dernier pour un grand dépôt, avec quatre voies, et pour l’ancien foyer Paris-Lyon-Méditerranée, utilisé à l’époque par les cheminots», se réjouit le professeur d’économie, passionné de trains.

Une bonne dose d’huile de coude

Cette nouvelle réjouissante s’accompagne toutefois de quelques mauvaises surprises. Car avant de pouvoir installer son équipe dans la bâtisse du début du XXe siècle, Eric Chevalley et ses bénévoles devront d’abord se retrousser les manches, puisque l’immeuble est à l’abandon depuis de nombreuses années. Cerise sur le gâteau, il a été vandalisé le 23 février dernier. «Les CFF nous autorisent à l’utiliser mais c’est à nous de le remettre en état avec les moyens du bord», explique le président de l’Association 141.R.568. Les bénévoles sont donc à pied d’œuvre dès qu’ils ont un moment de libre pour vider et nettoyer les lieux. Ils comptent installer des ateliers, des locaux de stockage pour des pièces mécaniques, une cuisine et des chambres pour les longues nuits de travail. «Il y en a un qui a déjà passé une nuit ici», sourit l’économiste, en dévoilant une pièce meublée d’un simple lit de camp, d’une table de nuit et d’une petite lampe.

L’arrivée des dix voitures de Swiss Classic Train a également demandé quelques adaptations sur le plan de l’organisation. «Ce n’est pas le tout de les parquer, il faut aussi pouvoir les sortir et les manœuvrer. Et à la main, ce n’est pas possible!», glisse Eric Chevalley. Son association étant de plus en plus connue à travers la Suisse, il a pu récupérer un prix symbolique, le 1er mai dernier, pour un tracteur de l’entreprise ferroviaire BLS SA. Bientôt, il accueillera une autre machine, plus petite, de Travys.

Il va falloir rouler pour payer les factures

Le revers de la médaille, c’est que l’entretien de tout cet équipement a un prix. «Avant,  c’était plus facile. Avec une seule locomotive, les frais étaient forcément moins importants que maintenant, avec dix wagons de plus. Désormais, on a besoin d’environ 200 000 francs pour les réparations et mesures d’entretien, sans compter le loyer et les coûts d’exploitation (ndlr: à noter qu’une sortie avec le train coûte à l’association plus de 15 000 francs), détaille Eric Chevalley, qui recherche un soutien financier auprès de plusieurs organisations. Désormais, on n’a pas d’autre choix que de rouler pour drainer de l’argent.»

Cela tombe bien, puisque l’inspecteur des chaudières de l’Association suisse d’inspection technique est passé le 10 mai dernier pour effectuer un contrôle annuel et a validé la bête. «Je dois dire que je n’ai rien à relever, a commenté le spécialiste. J’ai fait le tour en vingt minutes, on peut difficilement faire mieux!» La locomotive de 1945 est donc prête à embarquer le public pour son prochain départ, le 8 juin (lire encadré).

Christelle Maillard