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Decathlon déclencheur d’activités

10 janvier 2020 | Edition N°2659

Onnens/Bonvillars – Avec l’arrivée du centre logistique suisse de la chaîne française, la donne a changé. Vite implanté et en forte croissance, il fait profiter la zone industrielle locale de son élan.

Avant d’atteindre le centre des activités de Decathlon en Suisse, il faut franchir plusieurs étapes. Accueillis par un agent de sécurité qui prend en otage nos cartes d’identité en échange de chaussures coquées, on pénètre ensuite dans l’enceinte de la zone industrielle d’Onnens et de Bonvillars. Après un sermon de  celui qui veille à ce que les voitures se parquent correctement, on atteint enfin le point de ralliement: la cafétéria. «À midi, il y a des matches de babyfoot enflammés», assure Loïck Berset, de l’entreprise de logistique Von Bergen, qui assure toute la gestion du stock suisse pour les magasins de sport.

«C’est assez rare de voir un groupe de la taille de Decathlon (voir chiffres) prôner un esprit familial. C’est un point qui nous tient à cœur et sur lequel on se rejoignait avec Von Bergen», note Pierre Tessier, responsable de l’entrepôt pour le compte de la chaîne française.

Cette culture d’entreprise a dû se mettre en place rapidement, puisqu’entre l’annonce de l’arrivée de Decathlon à Onnens, en janvier 2019, et l’ouverture de la halle, il s’est écoulé huit mois. Durant ce laps de temps, il a fallu entreprendre une réfection des locaux, les aménager et importer un million d’articles des plus proches entrepôts du groupe – principalement de France, de Belgique et d’Espagne. Cela n’a pas été une mince affaire, car des mesures particulières – et coûteuses – ont dû être prises pour protéger l’importante nappe phréatique locale. Celle-ci couvre les deux tiers des besoins d’Yverdon-les-Bains.

Autre difficulté: recruter et former 85 personnes, dont 80 sont sous contrat avec Von Bergen. «Cela a été un défi de trouver autant de monde aussi rapidement, mais on a réussi. C’est un petit honneur d’avoir pu embaucher localement puisque 40 à 45% de nos collaborateurs résident dans un rayon de 15 km», se félicite Loïck Berset. «Et toute l’équipe habite en Suisse», renchérit Pierre Tessier, qui a quitté la France pour s’établir dans le coin.

Cette installation rapide est à l’image de la stratégie d’implantation de Decathlon. Depuis l’annonce de son arrivée en Suisse, en 2018, la chaîne s’est lancée dans un marathon d’expansion, ouvrant 23 étals en un peu plus d’un an.

«Notre peur était que les entrepôts deviennent des friches vides, mais avec Decathlon et les CFF l’endroit vit», se réjouit Alain Portner, syndic d’Onnens. D’après plusieurs villageois, l’arrivée du groupe ne cause pas vraiment de nuisances, surtout que les camions rejoignent l’autoroute à Grandson, sans traverser de localité.

Le Canton va mettre son grain de sel

Selon nos sources, Decathlon chercherait à s’étendre dans les anciennes halles de Philip Morris. Une information qui n’a pas été confirmée. Le groupe devait toutefois nous annoncer des nouveaux projets mais «ceux-ci ont malheureusement été un peu retardés».

À noter qu’une rencontre entre le propriétaire des lieux (Procimmo), Decathlon ainsi que les autorités cantonales et communales est prévue prochainement. Des aspects liés au travail, au bruit et à la protection de l’environnement sont au cœur des débats. L’idée de réaffecter les voies de chemin de fer devrait aussi être évoquée, bien que trop coûteuse pour être envisageable, selon le magasin de sport.

 


En chiffres:

1 million d’articles environ sont stockés dans l’entrepôt suisse de Decathlon à Onnens.

20 camions transitent chaque jour par le lieu de préparation des commandes du détaillant de sport.

85 postes ont été créés, sur un total de quelque 100  collaborateurs sur le site. Au niveau mondial, Decathlon emploie plus de 87 000 personnes à travers 60 pays.

30 000 pièces partent quotidiennement du local de stockage.

Christelle Maillard