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Déconfiture pour les carottes du soir

27 juillet 2018 | Edition N°2298

Yverdon-les-Bains – Lancé le 5 juillet dernier, le marché du jeudi soir peine à trouver sa clientèle. Plusieurs marchands déplorent un manque de communication.

Présidente de l’Association des commerçants du marché, Laure Jaquier regrette le manque de chalands le jeudi soir. © Michel Duperrex

«D’après mon expérience, il faut du temps pour que les choses se mettent en place. Mais avec les vacances d’été, c’est difficile d’attirer de nouveaux clients.» Présent depuis vingt ans sur les marchés de la région, Giorgio Oliveira semble un peu dépité en observant la promenade Auguste-Fallet déserte, ce jeudi soir. Depuis le 5 juillet dernier, il dispose chaque semaine ses pâtes fraîches aux saveurs d’Italie sur les étals, sans succès.

Comme lui, d’autres commerçants déplorent l’absence des Yverdonnois au marché du jeudi, qui avait pourtant été lancé grâce au postulat du conseiller communal Ruben Ramchurn, en juin dernier. «J’espérais la venue d’une clientèle qui rentre du travail et qui n’a pas la possibilité de faire ses courses le mardi et le samedi, regrette la bouchère Stéphanie Ogiz. Je ne vends pas des briques, mais de la marchandise fraîche, c’est dommage.» 

Si les vacances scolaires semblent être l’une des raisons de cette désertion, plusieurs commerçants constatent également un manque de communication de la Ville et de l’Office du tourisme. «Il aurait fallu débuter le marché plus tôt dans la saison et faire plus de publicité auprès des Yverdonnois, mais aussi au camping», remarque Laure Jaquier, présidente de l’Association des commerçants du marché. La semaine dernière, un vendeur d’abricots du Valais a décidé de ne plus revenir parce qu’il ne s’en sortait pas.»

«Il faut s’accrocher»

Contactée, la municipale chargée de la police du commerce, Valérie Jaggi Wepf, comprend la déception des commerçants. «L’idée de lancer un marché du soir nous a semblé bonne et nous avons fait au plus vite pour le mettre en place, révèle-t-elle. Ce n’est pas une mince affaire, mais il faut s’accrocher.»

Quant au fait qu’il existe déjà un marché du soir à Yvonand, l’élue ne considère pas qu’il fait concurrence au rendez-vous yverdonnois. «Ce sont deux marchés locaux qui drainent des populations différentes», précise-t-elle. La Municipalité fera le bilan en septembre avec les commerçants pour voir s’il y a lieu ou non de réitérer l’expérience l’année prochaine.

Valérie Beauverd