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Défi naval international aux Rives

6 septembre 2019 | Edition N°2576

Depuis lundi, un concours maritime international a lieu sur le lac de Neuchâtel. Sa pérennité pourrait dépendre de cette édition nord-vaudoise.

Lorsque l’on regarde les dix équipes venues de toute l’Europe participer à l’Hydrocontest-X, l’ambiance semble détendue. Mais en coulisse, cette édition yverdonnoise du concours de constructions navales innovantes cache un véritable enjeu: sa pérennité.

Car la fondation Hydros, qui a créé ce projet il y a cinq ans, a souhaité le mettre en pause, le temps de réfléchir à l’avenir de la manifestation. «Nous avons appris la nouvelle en octobre 2018, alors que les étudiants travaillaient déjà sur le bateau», indique Laurent Gravier, professeur à la Haute école d’ingénierie et de gestion du canton de Vaud (Heig-VD). Avec l’école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) et la Haute école d’ingénierie et d’architecture de Fribourg (HEIA-FR), la Heig-VD a décidé de prendre les devants. «L’année passée, nous avions déjà organisé un petit événement aux Rives du Lac, en préparation du concours qui se déroulait à Saint-Tropez, détaille Laurent Gravier. Nous sommes partis de cette base pour assurer l’édition 2019.»

Et si le projet est devenu réalité, c’est notamment grâce à Yverdon-les-Bains. «La commune s’est montrée très réactive, certifie Laurent Gravier. Le Service des énergies a tout de suite démontré sa volonté de sponsoriser le concours.» Le projet sur les rails, les organisateurs ont pu demander à Hydros un soutien, même plus modeste que pour les autres éditions. Ce qui a été accepté, permettant la bonne tenue de l’événement.

Malgré un budget restreint, les nouveautés sont légion. Afin de montrer que les valeurs écologiques défendues par la fondation peuvent être encore mieux intégrées à l’événement, certaines épreuves ont été mises en avant. Comme le trophée «Efficiency» qui récompense l’embarcation alliant le mieux vitesse et consommation d’énergie ou le trophée «Eco-conception», qui couronne l’efficacité des matériaux utilisés. C’est justement ce prix que vise l’équipage venu de Toulon. «Cette compétition reflète l’esprit de notre équipe, explique Franck Lena, membre du team français. On a donc conçu un bateau en bois et l’autre en fibre de lin.»

Mais le concours reste l’occasion pour la centaine d’étudiants présents de partager leur passion. «La rivalité est très saine, se réjouit Clément, étudiant à la Heig-VD. Et si le public nous aborde, on répond aussi volontiers à leurs questions.» Une expertise dont les curieux pourront profiter jusqu’au 8 septembre aux Rives du Lac, date à laquelle les vainqueurs seront connus.

Massimo Greco

Rédaction