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Des bateaux à mettre aux normes

23 août 2016 | Edition N°1812

Yverdon-les-Bains – L’association Sol-à-Flots ne peut pas organiser de transport professionnel de personnes cette saison, car elle doit adapter ses embarcations.

Les bateaux solaires pourront-ils reprendre le large la saison prochaine ? La question reste ouverte. ©Duperrex-a

Les bateaux solaires pourront-ils reprendre le large la saison prochaine ? La question reste ouverte.

Les bateaux solaires de l’association Sol-à-Flots ne proposent pas de sortie sur le lac cette année. L’information a de quoi surprendre, quand on sait que les deux embarcations construites en 1995 et 1996 ont bénéficié d’un lifting conséquent ces deux derniers hivers. «Il s’agit d’un processus normal de mise à niveau lié à des changements de bases légales. L’association a été alertée avant le début de la saison. Nous avons eu des discussions avec le comité», explique Stéphane Huber. Le responsable du Service de la navigation du canton de Vaud évoque, notamment, la nécessité de mettre en place un système de détection d’incendie à bord. «Il ne s’agit pas d’une interdiction de naviguer. Cette restriction porte uniquement sur le transport professionnel de personnes», précise- t-il.

Daniel Trolliet, président de Sol-à-Flots, comprend et respecte la demande cantonale, mais ne cache pas que cette dernière a pris de cours et passablement déstabilisé son équipage, à tel point qu’il a été question de larguer les amarres.

«Nous avons pris contact avec un architecte naval pour cataloguer les mesures à prendre. Cela représentait une somme de quasi 20 000 francs par bateau. Le désespoir et la déception étaient grands. Il a été question de se séparer des embarcations et de restituer une partie du fruit de la vente aux sponsors qui nous avaient appuyé dans les rénovations précédentes», explique Daniel Trolliet. Des manifestations de soutien régional ont modifié le cap pris par Sol-à-Flots. «J’ai abordé le sujet avec Dominique Faesch, la directrice du tourisme régional. Elle m’a dit que ces bateaux faisaient partie de l’histoire de la région et qu’ils représentent une particularité à conserver en matière de mobilité», relève le président. Il évoque également la mobilisation de Pierrette Roulet- Grin, présidente de la Fête Eau- Lac, dont Sol-à-Flots est un partenaire de la première heure.

Sans oublier les encouragements par voie épistolaire des communes de Grandson et d’Yverdon- les-Bains -«le syndic Jean- Daniel Carrard nous a reçus»- ni l’entrée en scène de personnes de la région «familières des bateaux.

Nous devrions accueillir de nombreux nouveaux membres mardi, lors de notre assemblée générale (ndlr : ce soir)», s’enthousiasme Daniel Trolliet.

Quasi tous à la barre

Hormis un membre démissionnaire, le comité a décidé de rester à la barre pour récolter les fonds nécessaires à la mise en conformité des bateaux. Il s’agira, notamment, en plus de la mise en place d’une centrale de détection incendie et d’extincteurs plus performants, de doter l’avant des embarcations d’une cloison anticollision, de rehausser le bastingage et de renforcer l’éclairage, énumère Daniel Trolliet.

Le président de Sol-à-Flots tient à souligner la bonne collaboration du Service de la navigation dans ce dossier. «Stéphane Huber nous a permis d’effectuer les deux courses que nous avions déjà agendées pour 2016. Lorsque le chantier d’une des deux embarcations aura commencé, l’autre pourra faire l’objet de réservations. L’idéal serait de remettre les bateaux sur les rails pour la saison prochaine», déclare Daniel Trolliet. Il ajoute, toutefois, que, «si le financement n’est pas trouvé d’ici la fin de l’année, les bateaux seront vendus».

L’association Sol-à-Flots a d’«autres projets à trouver pour attirer les gens»

A l’origine utilisés pour faire visiter la Grande-Cariçaie côté lac aux classes de passage à Champ-Pittet, les deux bateaux solaires ont été repris à Pro Natura par l’association Sol-à-Flots, constituée en 2005. La découverte du milieu lacustre proposée aux élèves à bord de ces embarcations qui voguent à une vitesse moyenne de 7 à 8 km/h continue à être une priorité, même si Daniel Trolliet constate une diminution du nombre de classes accompagnées. D’autre part, les sorties gourmandes à destination de la cabane des pêcheurs Oberson ne seront plus d’actualité (à lire dans La Région Nord vaudois du vendredi 12 août), ce qui va inciter Sol-à-Flots a trouver «d’autres projets pour attirer les gens». Daniel Trolliet évoque quelques pistes, comme la mise en place, dans la Cité thermale, de navettes entre le pont de Gleyres et le port des Iris ou des soirées contes et fondues sur le lac. Sol-à-Flots effectue en moyenne une soixantaine de sorties par année. Des sociétés et organisations en tous genres, ainsi que des particuliers souhaitant faire découvrir la région autrement à leurs convives ont régulièrement recours aux bateaux solaires.

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Ludovic Pillonel