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Des «couchsurfers» dans le Nord vaudois

26 septembre 2012

Se remémorer des souvenirs d’enfance à L’Auberson, se faire construire une pulka ou visiter la Maison d’Ailleurs, les «couchsurfers» rencontrés dans le Nord vaudois ont évoqué différentes raisons de séjourner dans notre région.

Olivier Soudieux a logé à Yverdon chez Lhamu Sherpa. Le temps de faire construire son traîneau pour une future traversée du Canada.

«Le couchsurfing, ce n’est pas un mode d’hébergement qui équivaudrait à un hôtel gratuit. C’est une nouvelle manière de voyager.» Le Français Olivier Soudieux, à l’instar de tous les adeptes du «couchsurfing», ne cherche pas simplement à squatter un morceau de canapé, mais à rencontrer des gens de différents horizons. Rassemblés sur un site internet (voir encadré), les «couchsurfers» proposent un matelas ou un sofa aux voyageurs de passage sans contrepartie financière, et utilisent à leur tour ce réseau pour partir à la découverte du monde.

Si, évidemment, le plus grand nombre de membres et de demandes d’hébergement sont recensés dans les grandes villes occidentales, le Nord vaudois attire également quelques-uns d’entre eux. Ainsi, le Polonais Aleksandrow Lodzki, qui, avant de commencer des études en économie, a profité de voyager à travers l’Europe durant un bon mois, cherchait spécifiquement à être accueilli à Yverdon pour une nuit, désirant visiter la Maison d’Ailleurs. Le jeune homme de 18 ans, passionné par la culture du jeu vidéo, avait entendu parler de l’exposition «Playtime» jusque dans son pays. Pourtant, il assure ne jamais toucher à une console. «Pas besoin de conduire une voiture pour être mécanicien», explique-t-il simplement.

Olivier Soudieux, lui, a fait halte dans la capitale du Nord vaudois, pour assister à la construction de sa pulka, une sorte de traîneau qu’il compte utiliser pour traverser le Québec, par l’entreprise yverdonnoise MB Composite. Ce quadragénaire de Chambéry, ingénieur en informatique de formation, a, durant 12 ans, exercé la fonction de chef de projet, avant de succomber à l’appel des grands espaces. En 2004, il s’est organisé une traversée de l’Himalaya, en solitaire, durant une année. Il a lancé sa propre entreprise «Via l’aventure», avec pour activité l’organisation de conférences et de formations, notamment autour de la gestion du stress et des risques, soit «un transfert du savoir-faire acquis durant ses expéditions» à l’univers de l’entreprise.

Plus qu’un hébergement

Il a découvert le «couchsurfing» lors d’une de ses tournées de conférences, il y a quatre ans. Trop nomade, il n’a pas encore pu ouvrir ses portes, mais pour lui, il est toujours question d’échange. «J’invite mes hôtes à la projection de mon film ou leur offre mon livre. Je partage avec eux mes expériences. Avec le couchsurfing, je rencontre des gens ouverts par définition puisque ils sont prêts à accueillir des inconnus et qu’ils sont bien souvent passionnés de voyages. Nous avons donc toujours des histoires à nous raconter», souligne-il.

Au contraire, le Strasbourgeois Simon Hanot n’a jamais voyagé via le «couchsurfing», mais, depuis son inscription, en septembre 2011, a logé près de 20 personnes. «J’ai beaucoup de demandes durant la période du marché de Noël. Il faut dire que les hôtels sont chers et l’auberge de jeunesse est vraiment très mal située», explique-t-il. Mais pas question pour lui non plus de se contenter de proposer juste un lieu pour dormir: «Je présente mes invités à mes amis ou visite avec eux certains monuments.» Ce Français a utilisé, cet été, le site du «couchsurfing» de manière un peu moins conventionnelle. «Je connais bien L’Auberson car mes arrière- grands-parents. Je souhaite faire découvrir à mes amis ce lieu magnifique. Nous ferons du camping. Je ne connais pas de fontaine ou de cour d’eau à proximité. J’invite les personnes qui habitent près de L’Auberson à notre campement pour partager nos repas en échange d’eau», disait son annonce. Parce que le «couchsurfing», c’est aussi des rendez-vous pris pour de simples moments de convivialité, histoire de faire des rencontres lors d’un emménagement dans une nouvelle ville ou simplement d’une escapade.

 

Devenir «couchsurfer» en quelques clics

Pour devenir «couchsurfeurs», il faut, sur le même principe que les réseaux sociaux, s’inscrire via un site, le plus connu étant www.couchsurfing.org. Il ne s’agit pas simplement d’inscrire ses coordonnées: un nouvel arrivant doit compter plus d’une heure pour remplir son profil: description personnelle, expériences de voyage, centres d’intérêts, et même connaissances à partager. Les rubriques proposées sont très nombreuses. Bien sûr, nulle obligation de remplir toutes les cases. Mais comme il s’agit tout de même d’aller dormir chez des inconnus, les utilisateurs du «couchsurfing» préfèrent choisir les personnes qui ont pris la peine de compléter leur profil. Le nouveau membre doit également préciser si (et quand) il peut accueillir des invités et dans quelles conditions. L’idéal étant d’être disponible lors de leur séjour, histoire de profiter des moments de convivialité et de rencontre propres à cette manière de voyager. Une fois ces démarches réalisées, il devient possible d’adresser des demandes d’hébergement aux personnes de son choix, en fonction du lieu d’habitation, mais aussi des affinités.

Sonia Délèze