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Des cuisiniers privés de fourneaux

19 juillet 2018 | Edition N°2292

Quelques surprises sont survenues lors des travaux menés dans le bâtiment qui abrite le restaurant La Grenette, qui s’ajoutent à un retard de plus de deux semaines dans la livraison de la cuisine.

Durant l’été, la place Pestalozzi devient une véritable fourmilière, entre les clients des bistrots qui profitent des terrasses, les festivaliers qui se détendent les jeudis et samedis aux Rdv de la Place et les touristes qui admirent le Temple et le Château d’Yverdon-les-Bains. Pendant ce temps, juste à côté de ces sites bondés, le restaurant La Grenette, propriété de la Commune, n’empoche pas un sou. «Nous vous informons avec regret que le restaurant sera fermé environ jusqu’à la fin du mois de juin pour raison de travaux», répète en boucle, depuis fin février, le répondeur de l’établissement de la rue du Four. Et si le message n’a toujours pas été supprimé de la boîte vocale, c’est parce que le chantier n’est toujours pas terminé.

«Nous avons un petit peu de retard à cause de quelques surprises qui sont apparues durant le chantier», explique Gloria Capt, municipale chargée de l’urbanisme et des bâtiments. Il y a d’abord eu la découverte d’un mur historique que le Service cantonal immeuble, patrimoine et logistique a demandé de restaurer dès le début des travaux. «On a aussi eu un gros problème au niveau de la charpente et des poutres de plancher, qui avaient des champignons, ce qui nous a contraints à entreprendre des travaux complémentaires, précise l’élue. Ce sont des choses qui étaient impossibles à prévoir avant de commencer le chantier.»

Mais ce qui embête le plus Jacques Jannet, cogérant de La Grenette, c’est qu’il n’a toujours pas de cuisine. «Tout est prêt pour ouvrir mais on a dû attendre plus de deux semaines pour recevoir les meubles, explique-t-il. Ils viennent d’arriver, mais maintenant il faut les monter. J’espère pouvoir ouvrir début août, mais rien n’est encore sûr.»

Si la Commune et les architectes ont tout fait pour débloquer la situation, selon lui, il n’empêche que le gérant avait promis du travail à sa dizaine d’employés pour début juillet. Une promesse qu’il n’a pas pu tenir. «J’ai dû licencier toute mon équipe en février, payer six mois de salaires à mes apprentis pour qu’ils terminent leur formation, confie-t-il. La moitié voulait revenir mais je n’ai pas pu les prendre. Et maintenant, je dois trouver un cuisinier et du personnel qualifié, mais en pleine saison, ce n’est pas simple.» Au vu des ces aléas, le gérant est allé voir, hier, sa fiduciaire pour estimer les pertes et tenter de négocier un dédommagement avec la Municipalité.

Christelle Maillard