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Des élèves testent les insectes pour sauver le climat

4 mars 2020 | Edition N°2697

Yverdon-les-bains - Six cents élèves de l’établissement secondaire Léon-Michaud ont participé hier à une journée spéciale sur le thème de l’écologie. Avec quelques surprises au menu…

Si les ventes de grillons, sauterelles et autres vers de farine explosent ces prochains jours au sein de la Cité thermale, les grandes surfaces sauront qui remercier: hier, ce sont pas moins de 31 classes qui testé les joies – toutes relatives d’ailleurs… – des insectes alimentaires à Léon Michaud, dans le cadre d’une journée sur le thème du climat.

Le rapport entre cette expérimentation gastronomique, que les élèves avaient la liberté de refuser, et les enjeux environnementaux? Simplement, il s’agissait de mettre en relation l’impact de la production de viande rouge ou de lait, par exemple, et celle des insectes qui, timidement, tentent de se faire une place dans nos assiettes depuis quelques années. Si les enfants ont appris que l’assiette «climatocompatible » n’était pas forcément la plus prisée des «viandards», l’atelier ne se voulait pas lénifiant et moralisateur. Au contraire, il s’inscrivait  dans un programme qui mélangeait des activités aussi différentes que ramassage de déchets dans la rue (atelier réservé aux plus grands), confection d’un emballage réutilisable à la cire d’abeille assez bluffant, sans oublier des quiz et réflexions diverses.

«Ne pas donner de leçons»

«Nous pouvons avoir nos sensibilités particulières dans le privé, mais ce n’est pas le rôle de l’école de dire ce qu’il faut faire ou non face aux enjeux écologiques. Nous ne voulions pas être dans une approche donneuse de leçons », explique Stéphanie Bauen Gander, enseignante. Et sa collègue Valentine Thévenaz d’ajouter que la journée, que la dégustation d’insectes venait teinter d’humour, visait surtout à «susciter la réflexion » chez les ados, sans leur bourrer le crâne. Avec des enfants venant de mondes parfois très différents, le corps enseignant voulait surtout montrer qu’il y avait des gestes concrets sur lesquels tout un chacun peut agir.

Une dizaine de professeurs avaient participé à la conception des ateliers, qui ont réquisitionné toute l’école, hier. Gaëtan Willenegger, le directeur, ne cachait d’ailleurs pas sa satisfaction devant l’engouement suscité par ce programme: «Nous essayons de varier les propositions, dans le cadre de ce genre d’activités. Avec le thème du climat, nous avons réussi à travailler sur un enjeu qui préoccupe autant les profs que les élèves. »

Et au vu du nombre de cigarettes et de déchets ramenés par les 11e année partis nettoyer différents quartiers de la ville, difficile de ne pas croire que les ados se sont prêtés au jeu. Plus en tout cas que certains profs devant des assiettes remplies de sauterelles, d’ailleurs…

Raphaël Pomey