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Des extraterrestres ont atterri sur le Balcon du Jura

11 mai 2016 | Edition N°1740

Sainte-Croix – Le groupe de blues-rock Allucinacorps poursuit le tournage de son clip dans des locaux de l’école de cirque. Immersion dans un monde à part.

La cabine est destinée à accueillir un jeune extraterrestre lors du tournage. © Carole Alkabes

La cabine est destinée à accueillir un jeune extraterrestre lors du tournage.

Un univers fantastique se cache à la rue des Rasses. Ce monde intergalaticque qui gravite autour d’une soucoupe volante (photo ci-dessus), est né de l’imagination fertile des musiciens d’Allucinacorps. Après une répétition, ces derniers ont, en effet, décidé de réaliser un clip, dont une partie a été tournée en septembre dernier sur le site de La Layettaz (lire La Région Nord vaudois du 25 septembre dernier).

Quelques mois plus tard, le tour des scènes à l’intérieur du vaisseau spatial est venu. «Le scénario est simple, voire simpliste», commente Jean-Pierre Vaufrey, le batteur du groupe que complètent deux autres Sainte-Crix: Jean-Loup Fuchs (guitare) et Mauro Bozzi (basse).

En résumé, des musiciens extraterrestres, qui organisent des concerts de planète en planète, se trompent de destination. Les habitants de la terre inconnue leur réservent un accueil tout sauf amical, mais le morceau joué par les hôtes indésirables entraîne un spectaculaire revirement de situation, tant et si bien que la tristesse domine à l’heure de la prise de congé. «La musique adoucit les moeurs», commente, amusé, Jean-Pierre Vaufrey.

La deuxième session de tournage, programmée de vendredi à dimanche, s’appuie sur les mêmes fondamentaux que la précédente. Elle réunira une dizaine d’acteurs bénévoles, sous la conduite de Marc Da Cunha Lopes, photographe et infographiste renommé, qui prendra, une nouvelle fois, gracieusement en charge la réalisation. «Il arrive de New-York jeudi (n.d.l.r.: demain). Nous avons exposé tous les deux à la Maison d’Ailleurs, lors de l’événement Merci de ne pas nourrir les artistes. C’est devenu un ami», explique le batteur d’Allucinacorps.

Aides multiples

Thierry Frisetti, Jean-Pierre Vaufrey et le cockpit d’un avion hostile à la soucoupe. © Carole Alkabes

Thierry Frisetti, Jean-Pierre Vaufrey et le cockpit d’un avion hostile à la soucoupe.

Ce dernier tient aussi à remercier Le Zarti’Cirque de mettre gratuitement à disposition ses locaux et la Strid d’avoir autorisé de puiser dans ses bennes les déchets destinés à une seconde vie cosmique. Entièrement conçue avec des objets de récupération, la soucoupe volante abrite des merveilles d’inventivité, comme un pistolet interstellaire fabriqué avec une arme de jeux vidéos, une pièce d’aspirateur et une coupe de champagne. Un robot créé par Thierry Frisetti, proche du groupe et cheville ouvrière du projet, se charge de servir à boire aux passagers du vaisseau, dont les commandes résonnent aux sons de jouet d’enfants. Une inquiétante variété de mante religieuse platine, un serpent ondulant sous le toit du véhicule spatial et un poulpe de l’espace constituent le bestiaire singulier de cet univers d’un autre type doté d’un sas de téléportation.

Le vaisseau spatial abrite une inquiétante mante religieuse. © Carole Alkabes

Le vaisseau spatial abrite une inquiétante mante religieuse.

Ancien collaborateur d’Hans Ruedi Giger -le père de la créature Alien-, Jean-Pierre Vaufrey apprécie en connaisseur ce monde fantastique artisanal. Il fait, à ce propos, sienne une déclaration du célèbre concepteur d’effets spéciaux Ray Harryhausen, qu’il avait eu l’occasion de rencontrer à La Chaux-de-Fonds: «L’ordinateur c’est bien, mais cela rend le rêve réel».

Pour rendre son univers encore plus vivant, le clip baptisé «Call UFOs» s’articulera autour d’une langue inventée, et sous-titrée, où les extraterrestres sont des «kratiens» que l’on veut voir «schnauss» -dehors.

Le tournage terminé, un nouveau défi attend les trois compères: transformer leur local en studio d’enregistrement, pour la partie musicale. Habillé d’effets spéciaux, le clip devrait être finalisé d’ici une année environ, apportant la preuve bien réelle qu’avec peu de moyens, mais beaucoup d’entraide et de créativité, mener à bien un projet d’envergure ne relève pas de la science fiction.

Ludovic Pillonel