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Des stars internationales ont mis le feu à La Marive

6 août 2018 | Edition N°2303

Ambiance pop-rock à l’Antidote Festival, avec des artistes, des animateurs et un public survoltés. Au total, près de 3500 spectateurs ont répondu présent à cette quatrième édition, qui avait pour têtes d’affiche Nashville Pussy, vendredi, et Marina Kaye, samedi.

Du vrai, du pur, du véritable hard rock. Telle était la promesse de la soirée d’ouverture de l’Antidote Festival, qui s’est déroulé vendredi et samedi à Yverdon-les-Bains. Dès 17h15, trois groupes de rock romands (Anotherox, The Rebel Duck et The Deeds) ont chauffé la salle de La Marive en attendant l’arrivée, à 23h15, de la tête d’affiche de la manifestation: Nashville Pussy. Avec plus de mille concerts à travers le monde au compteur, ces stars américaines, – qui représentent, selon feu le chanteur de Motörhead Lemmy Kilmister, le meilleur groupe qu’il a eu en première partie de concert –, ont fait une unique halte en Suisse cet été, et c’était dans le Nord vaudois. Une première pour les musiciens d’Atlanta (USA).

Alors pas question pour Dédé Monney (en médaillon), de Chavannes-le-Chêne, véritable passionné de musique et heureux propriétaire de plus de 800 disques vinyles, de louper une occasion pareille. Comme tout rockeur qui si respecte, Dédé a revêtu sa «tenue de concert»: blouson en jeans arborant les sigles de ses groupes préférés, bermuda avec une ceinture spéciale pour l’occasion et béret décoré de pins vintage. «Je compte bien acheter le logo de Nashville Pussy, lance le sexagénaire, venu en vélo depuis chez lui afin de voir pour la première fois le groupe américain sur scène. Je me suis changé en arrivant, je ne roule pas dans cette tenue tout de même.»

Son style détonnant n’a pas échappé à Christophe Thuillé, de Pougny (FR), qui l’a rapidement abordé pour débattre autour du rock tout en partageant quelques expériences sur les concerts auxquels chacun a assisté à travers toute l’Europe. «On voit souvent les mêmes personnes d’année en année mais là, c’est la première fois qu’on se croise et c’est une belle rencontre, confie le Français de 52 ans, ravi d’avoir pu découvrir la Cité thermale et les groupes de rock romands. Il y a des supers groupes, comme ceux d’avant (ndlr: The Rebel Duck).» Si ce fan de rock était à La Marive vendredi soir, ce n’est pas un hasard. Il suit le groupe Nashville Pussy de très près, à l’instar de Fred et Emmanuelle Ninet, tous deux âgés de 42 ans et résidants en France. «On les a découverts récemment, confie Fred, qui a déjà réservé ses billets pour revoir le quatuor américain à Marseille puis à Genève cet hiver. Ce qui m’a tout de suite plu chez eux, c’est la pochette de leur premier album (ndlr: Let Them Eat Pussy), où il y avait deux hommes la tête entre les jambes des deux nanas du groupe. J’aime ce côté provoc qu’on retrouve aussi dans leurs paroles et dans leur jeu de scène.»

Comme Fred et Dédé, tous s’attendaient à ce que ça déménage durant le concert. Et malgré un public clairsemé et une chaleur à tomber, les Américains ne se sont pas ménagés pour offrir un show survolté. «C’est notre réaction face à la musique, c’est 100% naturel, confie la guitariste Ruyter Suys. J’aime que tout mon corps ressente la musique, alors je me jette corps et âme dedans. Et même si le lendemain j’ai mal partout,  comme si j’avais été heurtée par un camion, je recommence parce que j’ai besoin de cette vie de fou pour être équilibrée. Je ne pourrais pas être la femme au foyer qui s’occupe de son potager et de son chat toute l’année!»

Malgré leur grande expérience de la scène, les artistes ont su rester simples et accessibles. «On a toujours été un groupe qui se fout du look et des codes. Par contre, soyez prêts à rencontrer l’amour de votre vie parce que je vous jure qu’on est un band entremetteur, sourit Ruyter Suys. Les gens viennent au naturel et se lâchent, rien de tel pour commencer une relation honnête.»

Difficile à dire si des couples se sont formés à l’issue du concert d’environ une heure, mais en tout cas, Nashville Pussy a fait des heureux. «C’était incroyable! Le public et les artistes étaient à fond!», relève Alexandra Vittoz, 18 ans, venue d’Evian (FR) pour la soirée. Mais aussi un malheureux: «Ils auraient pu jouer trente minutes de plus!, peste celui qui se fait appeler le Viking d’Yverdon-les-Bains, dégoulinant de sueur. Il est 0h20 et maintenant je fais quoi moi?»

Christelle Maillard