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Des villages lancent leur bus scolaire

3 septembre 2012

Les nouveaux horaires scolaires d’Yverdon empêchent certains élèves des villages alentours de rentrer à midi, et prolongent les temps d’attente à l’arrêt de bus. Ursins, Valeyres-sous-Ursins et Mathod, notamment, cherchent des solutions.

Les nouveaux horaires scolaires d’Yverdon n’arrangent de loin pas tous les parents, surtout ceux de certains villages de l’Entente scolaire intercommunale.

«Ma fille, deux fois par semaine, termine ses cours à 12h40 pour recommencer à 15h. Malgré cette très longue pause, elle ne peut pas venir à la maison manger puisqu’il n’y a aucun bus dans cet intervalle. Et le mercredi, si je n’allais pas la chercher, elle devrait attendre plus de deux heures.» Cette maman d’Ursins a calculé que son enfant perdait 10 heures dans la semaine à simplement attendre que la cloche sonne ou que le bus démarre. «Elle arrive plus tard le soir à la maison sans pour autant avoir pu avancer ses devoirs», souligne encore cette mère de famille, pleine d’incompréhension face à la mise en application de la nouvelle harmonisation des horaires scolaires à Yverdon, qui génère, à ses yeux, des inégalités.

La directrice de l’Etablissement secondaire F. B de Felice, Martine Blanc-Dély, explique qu’une pause de midi ainsi aménagée ne concerne que quelques élèves de la 7 à 9e: «Ceci est dû à une organisation très complexe, en particulier des disciplines qui doivent être données dans des salles spéciales, puisque notre établissement est réparti sur sept bâtiments différents.»

Des municipaux prévoyants

Yves-René Bovay, syndic d’Ursins, lui, assure qu’un grand nombre de parents connaissent des problèmes d’adaptation. Les municipaux de ce village ne se sont pas laissé prendre au dépourvu: ils se sont unis à leurs collègues de Valeyres-sous-Ursins pour décortiquer, cet été déjà, l’ensemble des grilles des élèves de leurs deux communes. «27 enfants rencontraient des problèmes de correspondance», relève Yves-René Bovay.

Ensemble, les Communes d’Ursins et de Valeyres-sous-Ursins ont organisé deux bus supplémentaires: le premier, mandaté à la société Novabus, part le matin à 7h55 d’Ursins pour que les plus jeunes n’aient pas à attendre le début des cours; le second, appartenant à CarPostal et déjà utilisé auparavant par l’Entente scolaire, s’en va à 13h50, toujours d’Ursins, avec à son bord à la fois des élèves du primaire et du secondaire. «Ces deux bus ont été mis en fonction lundi dernier pour une période d’essai de quinze jours. Nous estimons qu’ils pourraient résoudre 70 à 85% des cas», précise Yves-René Bovay. La question du financement de la course du matin, que le syndic d’Ursins estime à 40 000 francs par année si elle est maintenue, est en cours de négociation entre les communes concernées et l’Entente scolaire intercommunale.

Reste qu’un élève terminant ses cours à 12h40 n’aura toujours pas de moyen de rentrer chez lui pour un repas en famille et que certains sortent de leur école à 16h30 et patientent jusqu’à 17h10 pour prendre le bus. «Nous avons estimé que 20 à 30 minutes d’attente, pour des enfants du secondaire, sont acceptables. Et il faut encore prendre en compte le temps de déplacement jusqu’à la gare», explique Jean-Claude Ruchet, municipal yverdonnois en charge du dicastère de la Jeunesse et de l’Education, et président de l’Entente scolaire intercommunale.

Pas de solution miracle

A Mathod également, des voix s’élèvent contre les nouveaux horaires. «Ici, à la campagne, les parents, même s’ils travaillent, ont l’habitude d’aménager leur propre horaire pour pouvoir partager un repas familial à midi. Et tout à coup, ce n’est plus toujours possible», souligne la municipale Eliane Piguet, qui ajoute que les enfants de Mathod, eux aussi, ont désormais davantage de temps d’attente au cours de la journée. Et d’ajouter: «Nous allons envoyer une lettre aux parents pour qu’il nous fassent parvenir les horaires de leurs enfants annotés des moments d’attente trop importants. Nous enverrons ensuite ces données à Jean-Claude Ruchet.»

Ce dernier reconnaît que les nouveaux horaires n’arrangent pas tout le monde: «Nous avions bien imaginé que des situations particulières poseraient problème.» Tous les cas ne pourront pas être résolus; un retour sur la nouvelle harmonisation des horaires n’est pas possible, mais, assure Jean-Claude Ruchet, des solutions sont actuellement cherchées, notamment dans le domaine des transports publics.

Sonia Délèze