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Désiré, la solution parfaite

1 février 2018 | Edition N°2176

Handball - L’US Yverdon a réagi extrêmemt rapidement au départ de son entraîneur à succès Zoltan Majeri, en décembre dernier. Le président Yves Pfister a trouvé en Désiré Parfait un entraîneur aux épaules assez larges pour relever le challenge nord-vaudois.

Tout s’est précipité le 9 décembre dernier, quand Zoltan Majeri a annoncé son départ de l’USY Handball pour le TV Endingen, après six années et demie passées à la tête des équipes phares du club yverdonnois. «Pendant dix jours, je n’ai pas beaucoup dormi, concède Yves Pfister, président de la section handball de l’Union sportive yverdonnoise. Il me fallait dénicher quelqu’un de compétent, qui soit prêt à prendre du service dès début janvier et enclin à relever le challenge de s’occuper de deux équipes actives. En somme, un entraîneur qui soit disposé à faire le plus possible du travail qu’accomplissait Zoltan.» Les choses n’ont pas traîné et, le 19 décembre déjà, l’homme providentiel était trouvé. Désiré Parfait a posé ses valises dans la Cité thermale le 4 janvier dernier. Pour une demi-saison au moins; bien plus espèrent toutes les parties.

Yves Pfister (à g.) et Désiré Parfait se retrouvent sur le même banc, celui de l’USY Handball. © Michel Duperrex

Yves Pfister (à g.) et Désiré Parfait se retrouvent sur le même banc, celui de l’USY Handball. © Michel Duperrex

C’est via le web que le club est entré en contact avec le Lillois. Un long coup de fil a permis de convaincre le président yverdonnois que son interlocuteur avait le profil parfait. «A cette période, les bons entraîneurs ont, en théorie, tous un emploi. Par chance, Désiré avait décidé de faire un break l’été précédent. Et puis, notre joueuse Olimpia Bud le connaissait», relate celui qui a vu défiler des dizaines de CV sous ses yeux, mais qui n’a été convaincu que par un seul.

C’est que Désiré Parfait compte  beaucoup d’expérience. A 52 ans, le Français avait même été sur les rangs pour reprendre l’équipe nationale suisse dames, l’automne passé. Cet ancien joueur de niveau national dans l’Hexagone a entamé sa carrière sur le banc à 35 ans, d’abord auprès des jeunes, puis avec les adultes. «Tout au long de mon parcours de coach, je n’ai connu qu’un échec. Sinon, mes équipes sont montées, ou alors se sont maintenues», souligne celui qui a permis aux filles de Narbonne -son dernier repaire- de gravir les échelons.

«Je voulais changer d’air, un peu m’évader. Je ne sais pas s’il s’agit du hasard ou du destin, mais tout s’est fait très vite, glisse celui qui a découvert le Nord vaudois, alors que son épouse et ses deux filles sont restées à Narbonne. Je suis arrivé dans l’inconnu. Le club et moi nous lançons dans un nouveau défi.»

La fin d’un cycle

Le départ de l’omniprésent et entraîneur de tous les succès Zoltan Majeri a laissé un gros vide, lui qui a mené les féminines jusqu’en SPL2, le deuxième échelon national, et permis aux hommes de s’installer durablement en 1re ligue. «Je me suis demandé où on allait se rendre, reconnaît Yves Pfister. Puis, je me suis souvenu que le club fête ses 80 ans cette année et qu’il a fonctionné sans Zoltan durant 74 ans. C’est un nouveau départ.» Car, il faut aussi le reconnaître, une certaine lassitude s’était gentiment installée, autant dans l’esprit de l’entraîneur que chez les joueuses et joueurs de l’USY. «On arrivait à la fin d’un cycle. Il fallait un renouveau», poursuit un président toujours ambitieux. «Cela fait dix ans que l’on grandit sans arrêt, que l’on parvient à augmenter le budget petit à petit. On n’a jamais demandé à une équipe de perdre, martèle-t-il. Au contraire, on s’est toujours adapté aux nouvelles exigences, on a trouvé des solutions et on espère bien encore continuer de progresser.» Les deux équipes fanions ne jouent-elles pas actuellement toutes deux pour la promotion…

 Un entraîneur actif qu’on entend sur le banc

Désiré Parfait tient son prénom de son grand-père, disparu peu avant sa naissance. «Mon nom n’était pas toujours évident à porter enfant, mais cela a vite passé, glisse l’entraîneur. J’ai de l’humour.» Il repense notamment à ce match quand, dans le camp adverse, un handballeur portait le même nom que lui: «Les officiels ont d’abord cru qu’on avait inscrit un joueur adverse sur notre feuille de match. Une fois la situation éclaircie, je me suis entendu avec mon homonyme pour qu’on s’avance pour saluer le public au moment où l’autre était appelé.»

Le Lillois a dirigé des femmes après quelques années de carrière, soutenu dans la démarche par son épouse volleyeuse. «Elle m’a dit essaie; si le courant passe,  tu resteras avec les filles. C’était vrai, même si désormais, à Yverdon, je m’occupe des deux.» Le nouveau coach de l’USY est récemment passé aux choses sérieuses. «Je suis quelqu’un d’actif sur le banc, et après quinze jours d’observation, on m’a entendu! A mon changement d’attitude, j’ai senti les équipes bien plus actives.»

Le technicien s’est, par ailleurs, appliqué à dicter ses règles: rigueur, respect et combativité. «J’arrive dans un club où mon prédécesseur a bien travaillé, mais je ne suis pas Zoltan. Chacun apporte son savoir-faire à sa façon», affirme celui qui a senti des joueurs concernés. Un soulagement pour lui qui passe du milieu semi-pro à celui amateur. «Je craignais un manque de motivation et, là, je me suis retrouvé avec tout le monde à l’entraînement.» De quoi poser de solides bases.

Perspectives d’avenir et Lovats Cup

Le départ de Zoltan Majeri conjugué à l’arrivée de Désiré Parfait induit toute une série d’adaptations nécessaires. Ainsi, le nouvel arrivé, qui possède également les compétences de formateur d’entraîneurs, devrait porter plusieurs casquettes une fois bien établi. «Il pourrait endosser le rôle de responsable technique. Il a envie de superviser les entraînements des jeunes, de donner son avis sur la structure. C’est quelque chose qui doit encore être mis en place», souligne un Yves Pfister enthousiaste.

En ce qui concerne les équipes, après un temps d’adaptation nécessaire, les premiers résultats positifs sont tombés il y a une dizaine de jours. «J’étais soulagé de constater que tout pouvait redémarrer», ajoute le président.

Le dossier de l’entraîneur bouclé, s’ouvre celui de la Lovats Cup, dont Zoltan Majeri était un élément central. Le tournoi estival, créé en 2012, devrait survive. «L’idée est de le réaliser, confirme Yves Pfister. Peut-être sous une autre formule, mais on souhaite qu’il perdure. On en est au tout début des réflexions.»

Manuel Gremion