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Deux c’est assez, trois c’était trop

12 mai 2017 | Edition N°1995

Duathlon – Valentin Fridelance a abandonné le triathlon au profit de la discipline double, il y a une année. Une décision qui a permis au coureur du Tryverdon d’intégrer rapidement les cadres nationaux de sa nouvelle spécialité.

Valentin Fridelance aime nager. Il le fait encore pour lui, mais plus pour la compétition. ©Gabriel Lado

Valentin Fridelance aime nager. Il le fait encore pour lui, mais plus pour la compétition.

Champion de Suisse M23 de triathlon à deux reprises, en 2013 et 2014, Valentin Fridelance a connu une année 2015 bien plus difficile. De celles qui peuvent faire changer d’orientation. Ou tout arrêter. Le fer de lance du Tryverdon y a pensé. Plutôt que d’abandonner le sport d’élite, il a trouvé une nouvelle voie pour se relancer. Celle du duathlon.

Au sortir de son école de recrues, en fin d’année 2015, il a dû réfléchir sur son avenir. Ayant commencé à nager tard, il n’a jamais réussi à totalement combler son retard dans la première discipline du triathlon, surtout au niveau international. «Après 1,5 km dans l’eau, je n’arrivais jamais à accrocher le bon groupe», se souvient-il. Son entraîneur, Joël Maillefer, et lui ont d’abord imaginé se tourner vers le semi-Ironman, le 70.3. Sur des distances bien plus longues, les 1,9 km de natation au programme devaient moins le prétériter.

«Puis, début 2016, j’ai dit stop. Je n’avais plus du tout de plaisir à nager. J’avais, par contre, encore envie de me battre à fond, de me mesurer aux autres.» C’est alors qu’est venue l’idée de se lancer dans le duathlon, discipline qui réunit ses deux points forts, la course à pied et le vélo.

L’an dernier, le grand frère de Sylvain Fridelance (triathlète de l’équipe de Suisse), a fait ses gammes sur le circuit national de duathlon. Avec succès, puisqu’il a terminé au 3e rang du classement général, en tant que 2e Suisse. «Il s’agissait d’une première saison de réglages. Cela m’a permis de voir où j’en étais», souligne le sportif de Saint-Barthélémy. Ses performances lui ont valu, comme espéré, d’intégrer les cadres nationaux en fin d’année. «Surtout, et c’est bien là le plus important, j’ai retrouvé le plaisir», lance-t-il, tandis qu’un sourire communicatif traverse son visage.

Ses premiers pas dans sa nouvelle discipline sont prometteurs. A 25 ans, son envie est intacte. Swiss Duathlon, petite fédération sous l’aile de Swiss Triathlon, a peu de moyens. Valentin Fridelance ne s’en formalise pas. Il vient de prendre part aux Championnats d’Europe (lire ci-dessous) et échafaude ses projets d’avenir, se voyant notamment disputer les courses organisées en France -là où se réunissent les meilleurs duathlètes- dès l’année prochaine.

L’appétit retrouvé, il va déjà se rendre aux Championnats de Suisse dans une semaine, puis poursuivra sa saison sur le circuit national (il n’en existe plus d’européen) avec, en point de mire, les Mondiaux au Canada, en août. «Je commence la Haute école de pédagogie dans le même temps. Je ne suis pas sûr de pouvoir y aller, tempère le futur prof de sport. Mais je vais tenter le coup !» Un champion reste un champion.

 

Européens à Soria : une expérience marquante

 

En terminant au 20e rang dès sa première participation à des Championnats d’Europe de duathlon, il y a deux semaines à Soria, en Espagne, Valentin Fridelance a enfin pu se mesurer à l’élite de la discipline. Et les nouvelles sont bonnes : malgré une blessure contractée durant sa préparation et une course à pied rendue difficile, le Vaudois a tenu le coup, étant même intenable à vélo, afin de revenir sur le peloton principal. Malgré des chronos à pied en deçà de ses capacités, son résultat final est franchement encourageant.

«Ça a été une super expérience», lance celui qui a pris un plaisir fou à se retrouver, à nouveau, au cœur de la compétition à haut niveau. Son moteur.

Manuel Gremion