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Djibril Cissé: «Bien sûr, j’en ai voulu au président»

25 mai 2018 | Edition N°2253

S’il n’a jamais caché qu’il aurait préféré poursuivre l’aventure à Yverdon Sport, le buteur français s’apprête à quitter le Cité thermale apaisé. Sa sortie remplie d’émotions de samedi dernier y est pour beaucoup.

D’ici quelques jours, Djibril Cissé redeviendra un joueur sans contrat. Le sien va échouer à Yverdon Sport et, pour l’instant, personne n’a manifesté suffisamment d’intérêt pour s’attacher les services de la star tricolore. Etonnant, lorsqu’on sait que l’homme  s’est dressé seul en tête du classement des buteurs de Promotion League, loin devant tout le monde. Sa carrière est évidemment infiniment plus proche de sa fin que de son commencement, toujours est-il que son sens du but est intact, et c’est bien tout ce qu’on demande à un attaquant dans son genre. A quelques heures de son dernier match en vert, samedi à Brühl, celui qui laissera un excellent souvenir dans la Cité thermale a gentiment accepté de répondre à nos questions.

Djibril, vos derniers moments sur une pelouse de Promotion League approchent. A quoi pensez-vous?

A faire mon travail jusqu’au bout. Je veux laisser ma place en n’ayant rien à me reprocher. Pouvoir partir l’esprit tranquille, en somme.

Estimez-vous avoir été toujours exemplaire depuis votre arrivée?

Absolument, oui. Il y a eu des moments un peu plus compliqués, c’est vrai. Mais je n’ai jamais triché.

A quoi faites-vous référence?

Au début du second tour, notamment. Là, je n’étais pas à mon niveau. C’est difficile à expliquer… En fait, non, pas tellement. J’ai juste de la peine à accepter que je ne fais plus partie des jeunes. Je refuse de lever le pied. A l’entraînement, je dois toujours être à fond, je ne veux pas me permettre d’en faire moins que les autres. C’est inconcevable. Parfois, comme en début d’année, j’en ai payé le prix. Un de mes genoux de me l’a notamment rappelé.

De l’extérieur, on a l’impression que la décision du club de ne pas prolonger votre contrat, en avril, vous a boosté.

C’est drôle, mais j’étais justement en train d’en parler avec mon meilleur ami. On s’est dit exactement la même chose. C’est vrai, le fait d’être fixé sur mon avenir m’a fait du bien.

Parvenez-vous à l’expliquer?

Il y a une grande part de fierté là-dedans.

En avez-vous voulu à Mario Di Pietrantonio, le président?

Bien sûr! Je jouais mon rôle, je marquais des buts, alors forcément, lorsqu’il m’a appris que c’était fini, j’ai eu de la peine à comprendre. Enfin, je sais bien qu’il y a aussi toute une réalité financière là-derrière, et que les sponsors qui ont permis m’a venue n’étaient pas forcément prêts à repartir pour une année.

Mais…

Mais je suis surpris de ne jamais avoir reçu de contre-offre. J’étais prêt à faire des efforts, certaines concessions. On aurait pu imaginer mon avenir dans un autre rôle. Peut-être celui de joker, tout en m’attribuant certaines responsabilités au sein du club. Beaucoup de possibilités étaient envisageables.

Après la fête organisée pour votre dernier match au Stade Municipal, on imagine mal le club changer d’avis.

C’est aussi pour ça que je parle au passé lorsque je dis que j’en ai voulu au président. Ce qu’il a mis en place pour moi samedi, c’est indescriptible. Amener ma maman et Guy Roux pour le même événement, personne ne l’avait encore fait pour moi. De tous les clubs que j’ai connus, c’est de loin les plus beaux adieux auxquels j’ai eu le droit.

Vous y attendiez-vous?

Franchement, non. Je m’attendais à une petite fête, jamais un truc pareil.

Que retenez-vous de cette année à Yverdon Sport?

Les gens, le public, l’engouement. YS est un vrai club, qui attire des passionnés. Et ça, c’est quelque chose qu’il faut respecter.

Allez-vous continuer à jouer?

Pour l’instant, la tendance est plutôt à prendre du temps pour moi. J’ai déjà une petite arthroscopie à effectuer pour un genou, puis on verra. J’ai encore envie de jouer, mais je ne peux pas me permettre de prendre une année de pause. Alors si un projet sympa se présente rapidement, je rempilerai.

Développement dans notre édition papier.

Florian Vaney