Logo

Du Lokomotiv Sainte-Croix à l’équipe de France féminine

28 janvier 2016

Unihockey – Le Sainte-Crix Marc-Antoine Fénart est, depuis peu, l’entraîneur des Bleues. Rencontre avec un homme aux multiples casquettes.

Entraîneur et joueur à Sainte-Croix, Marc-Antoine Fénart compte mettre à profit son expérience au service de l’équipe de France. © Carole Alkabes

Entraîneur et joueur à Sainte-Croix, Marc-Antoine Fénart compte mettre à profit son expérience au service de l’équipe de France.

C’est l’histoire d’une relation fusionnelle entre l’unihockey, qui se développe toujours plus en Suisse romande, et un homme passionné. Marc-Antoine Fénart est, depuis l’été dernier, l’entraîneur de l’équipe de France féminine. S’il s’investit corps et âme dans son nouveau poste, le trentenaire ne délaisse pas, pour autant, son pays d’origine, où il continue de s’impliquer pour son club, le Lokomotiv Sainte-Croix. Dévoué, il n’hésite pas à s’investir à tous les niveaux pour son sport.

Il y a une année, quasi jour pour jour, Marc-Antoine Fénart officiait, pour la première fois, derrière le banc des Bleues, en tant qu’entraîneur- adjoint de la Morgienne Sylvie Girard. C’était en Lettonie, à l’occasion des matches de qualification pour les Championnats du monde. Si le Nord-Vaudois a vécu un baptême du feu compliqué en matière de résultats -une défaite 10-0 face au Danemark, puis quatre autres revers- il garde de bons souvenirs de cette première expérience internationale. «C’était un moment très spécial, pas seulement pour moi, mais également pour toute l’équipe, se souvient- t-il. Le Danemark fait partie des meilleures nations au monde. Pour une première participation à une telle compétition, c’était intimidant pour nous.» La rencontre opposant la Suisse et la France (23-0!) demeure l’apogée de l’événement. «C’était un moment émouvant, notamment lorsque les deux hymnes nationaux se sont succédés.»

L’équipe de l’Hexagone ne parvenant pas à s’imposer dans ce tournoi, elle n’a pas été qualifiée pour les Championnats du monde. Une déconvenue pour Sylvie Girard, qui n’a pas souhaité poursuivre l’aventure derrière la bande. En revanche, ces défaites -logiques- n’ont pas coïncidé avec la fin de la collaboration entre Marc- Antoine Fénart et la fédération française, au contraire. Le Sainte-Crix a été promu à la tête de la formation tricolore. «C’est un gros défi auquel je fais face. Mon principal objectif est de faire progresser la France sur le plan international. La sélection n’a vu le jour qu’en 2013. Je souhaite, notamment, prendre exemple sur ce qui se fait en Suisse.»

Dans cette optique, Marc- Antoine Fénart compte tirer parti de son expérience acquise en Suisse romande, dans tous les domaines. Après quinze années d’athlétisme, il a découvert l’unihockey il y a presque dix ans, à La Chaux-de-Fonds. Le début d’une longue histoire d’amour. Après un passage aux Wild Boys de Lausanne, il a rejoint, en 2012, le Nord vaudois et l’équipe du Lokomotiv Sainte-Croix. «Je suis très investi dans ce sport en Romandie», insiste l’intéressé. Dire que l’unihockey est sa passion est un doux euphémisme, tant il fait partie de sa vie, au quotidien. «De septembre à avril, que ce soit d’un côté ou de l’autre de la frontière, je passe tous mes week-ends sur ou aux abords d’un terrain. Car, en plus de son poste de sélectionneur de l’équipe tricolore, il cumule les casquettes de joueur de 5e ligue, d’entraîneur de l’équipe sainte-crix féminine, ainsi que d’arbitre pour le club de La Chaux-de-Fonds. Au moment d’évoquer son choix de diriger des femmes plutôt que des hommes, Marc-Antoine Fénart se montre sans concession: «Le système de jeu féminin me convient mieux. C’est une manière de jouer plus lente, mais qui laisse plus de place à la tactique. C’est, donc, plus intéressant à appréhender.»

L’unihockey, appelé floorball chez nos voisins, est moins pratiqué au-delà du Jura. «De ce côté de la frontière, notamment outre- Sarine, c’est une véritable institution, insiste-t-il. On fait partie des trois meilleures nations au monde. En France, bien que la discipline se démocratise doucement, elle reste extrêmement peu développée. Pour exemple, en Suisse, il y a plus de 30 000 licenciés. La France, elle, n’en compte que 1300, dont 170 femmes. C’est un véritable fossé qui sépare les deux nations.» Un écart que Marc-Antoine Fénart compte bien réduire le plus possible: «Le but, à terme, serait de se rapprocher de l’exemple suisse.» Un modèle qu’il continue, d’ailleurs, lui-même à façonner.

Simon Gabioud