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Un élan spontané de solidarité

31 juillet 2017 | Edition N°2049

Grandson – Une Portugaise établie dans la Cité d’Othon a initié une belle histoire, via les réseaux sociaux, pour venir en aide à sa région d’origine, sinistrée après le passage de feux de forêt.

Un habitant de Grandson a permis aux initiateurs d’utiliser un couvert pour stocker les paquets reçus avant de les charger dans le bus. ©Michel Duperrex

Un habitant de Grandson a permis aux initiateurs d’utiliser un couvert pour stocker les paquets reçus avant de les charger dans le bus.

Native du petit village de Carvoeiro, en périphérie de Maçao au Portugal, Marta Martins y a vécu jusqu’à ses 13 ans. Dans cette région, la majorité des gens vivent des revenus de la terre et gagnent en moyenne 500 euros par mois. Alors, lorsqu’elle a vu les images des flammes qui avaient dévasté les cultures et les terres arables, parfois les maisons, elle n’a pas pu rester sans réagir.

«Les habitants de mon village n’ont peut-être pas perdu leur maison, mais toutes les terres qui les faisaient vivre sont foutues pour deux ou trois ans, a détaillé celle qui gère un salon de coiffure à la rue Basse, à Grandson. Ils ont besoin de mon aide.»

 

Par les réseaux sociaux

 

Le chargement a eu lieu vendredi, en fin d’après-midi, avant que les trois chauffeurs ne prennent la route en direction du Portugal. ©Michel Duperrex

Le chargement a eu lieu vendredi, en fin d’après-midi, avant que les trois chauffeurs ne prennent la route en direction du Portugal.

Ainsi, mercredi dernier, Marta Martins a posté un texte sur les réseaux sociaux, demandant de l’aide. Des habits, des produits d’hygiène, tout ce qui pouvait permettre de normaliser un tant soit peu les sinistrés sur place. Pour que son effort serve au mieux, elle est restée en contact avec les pompiers sur place, afin de cibler précisément les besoins des populations touchées.

 

 

Le petit bus nord-vaudois s’est parqué à la caserne des pompiers locaux pour décharger tout le matériel qui avait été collecté en Suisse. ©DR

Le petit bus nord-vaudois s’est parqué à la caserne des pompiers locaux pour décharger tout le matériel qui avait été collecté en Suisse.

Quelques heures avant de quitter le Nord vaudois pour le Portugal, des personnes venaient encore déposer des sacs d’habits ou de matériel dans son salon de coiffure. Marta Martins peinait à y croire. Dès le moment où elle a posté son texte, dans lequel elle explique son projet, sur les réseaux sociaux, il n’a pas fallu 48 heures pour remplir le petit bus qu’elle a conduit, avec deux amis, jusque vers sa région natale, entre vendredi soir et samedi. «J’ai posté cette demande sans vraiment avoir planifié quoique ce soit, a-t-elle reconnu. D’un coup, j’avais presque cent appels en absence, c’était de la folie. Vraiment ce fut une immense surprise pour moi de voir la façon dont les gens ont réagi. Jeudi soir déjà, le bus était presque plein, c’est dingue. Je n’ai rien calculé, j’ai juste parlé avec mon cœur.»

 

Arrivés à bon port

 

Alors que le déchargement s’opère, Janique, Ricardo, Marta Martins et le syndic de Maçao, Vasco Estrela (de g. À dr.) prennent la pose. ©DR

Alors que le déchargement s’opère, Janique, Ricardo, Marta Martins et le syndic de Maçao, Vasco Estrela (de g. À dr.) prennent la pose.

Sur place, les pompiers volontaires de Maçao, dans la province portugaise de Santarem, ont accueilli le petit bus prêté par une entreprise yverdonnoise. Même le syndic du bourg, qui compte 7800 habitants, s’était déplacé pour recevoir les trois conducteurs, qui se sont relayés pour couvrir les presque 1800 kilomètres qui séparent Grandson de Maçao.

Jean-Philippe Pressl-Wenger