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Electriciens en grève au petit matin

30 janvier 2018 | Edition N°2174

Yverdon-les-Bains – Soutenus par le syndicat Unia, les employés de la société Electricité 2020, basée à Echallens, ont revendiqué leurs droits sur un de leurs chantiers, à l’avenue de Grandson. Un accord a été trouvé après quelques heures de discussions.

 

Les six grévistes d’Electricité 2020 ont obtenu de leur employeur un dédommagement financier et ont repris le travail courant de l’après-midi. ©Michel Duperrex

Les six grévistes d’Electricité 2020 ont obtenu de leur employeur un dédommagement financier et ont repris le travail courant de l’après-midi.

La semaine a mal commencé pour le patron de l’entreprise générale Electricité 2020, sise à Echallens. Hier, à 8h du matin, il a découvert que la plupart de ses employés n’étaient pas à leur poste de travail, mais s’étaient réunis sur l’un de leur chantier yverdonnois. Et ce n’était pas pour procéder à des branchements, mais plutôt pour afficher leur mécontentement concernant leurs conditions de travail. Pour cela, ils se sont installés à un endroit bien visible, au carrefour de l’avenue de Grandson, et se sont entourés de membres du syndicat Unia.

«Sept travailleurs nous ont mandatés, parce que leur employeur a pris quelques largesses par rapport à la Convention collective de travail (CCT) à laquelle il est soumis, a expliqué Laurent Tettamanti, secrétaire syndical chez Unia. Si on ne met pas la pression maintenant et ici, rien ne va bouger. C’est une ultima ratio.»

 

Trois revendications

 

Concrètement, les grévistes avaient trois requêtes : le remboursement des frais de repas, la prise en compte du temps de trajet jusqu’aux chantiers dans le calcul des heures de travail et le respect de la CCT par rapport aux horaires, car les électriciens œuvraient 42,5 heures par semaine, au lieu des 40 heures prévues légalement. «Nous avons calculé que pour ces sept personnes, cela représentait au moins 90 000 francs brut sur environ deux ans, a ajouté le syndicaliste. Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg, car nous n’avons pas pu tout prouver et certains faits sont prescrits.»

Quant au patron d’Electricité 2020, il n’a pas nié ses erreurs : «Quand j’ai commencé à engager du personnel, je n’avais pas les moyens de lui rembourser les repas et il a accepté cela oralement. Ensuite, dès que j’ai pu, j’ai commencé à les payer, soit depuis le 1er janvier 2017 ; et maintenant, ils me reprochent les années d’avant, a confié le directeur d’Electricité 2020, agacé par l’implication d’Unia dans ce conflit interne. Concernant les horaires de travail, j’ai mal interprété la CCT, je ne le nie pas. Et pour les trajets, je n’étais pas au courant qu’il fallait calculer la différence de temps en prenant en compte les distances entre le domicile de l’employé, le siège de l’entreprise et le chantier. Pour moi, si on mettait une voiture à disposition, c’était comme un échange de bons procédés.»

Des premières négociations, à l’interne, avaient été menées, en vain. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le fait que le directeur de la société réclame le temps des pauses cafés qu’il «offrait» à ses collaborateurs, en contre partie des remboursements que ces derniers exigeaient. «Visiblement cela ne va que dans un sens», commente le directeur.

 

Le patron passe à la caisse

 

Après un peu plus de deux heures de discussions, le patron d’Electricité 2020 a signé une convention visant à rembourser 85 000 francs net, en trois versements, à ses employés.

«Si j’ai cédé, c’est pour que cela ne porte pas préjudice à mes clients», précise le patron de la société, qui s’est, par ailleurs, conformé à la CCT depuis le 1er janvier 2018, en établissant de nouveaux contrats.

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Christelle Maillard