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Elle accompagne les personnes en deuil avec bienveillance

1 novembre 2019 | Edition N°2615

Yverdon-les-Bains – En ce jour de la Toussaint, La Région tenait à partir à la rencontre de personnes qui soutiennent les familles au moment de dire un dernier au revoir à leurs proches. Erna Imsand est de ceux-là. Auxiliaire d’accueil au Centre funéraire, elle apporte aide et réconfort lors de décès.

Erna Imsand n’a pas eu la vie facile, et c’est peut-être de là que lui est venu, depuis aussi loin qu’elle se souvienne, le besoin d’aider les autres. Aussi, lorsque les autorités de la Ville ont décidé de mettre en place un service d’auxiliaire d’accueil au Centre funéraire d’Yverdon-les-Bains, en 2016, elle s’est immédiatement annoncée comme bénévole.

Des pertes en cascade

«J’ai perdu ma maman à 11 ans et mon papa à 20. ça a été très douloureux. Mais comme j’étais l’avant-dernière d’une fratrie de douze enfants, j’ai tout de même connu une vie de famille chaleureuse et riche, confesse Erna Imsand. Les aînés se sont occupés des plus petits. Nous formions une famille très unie. Je me suis aussi occupée de ma belle-mère malade pendant quatre ans, jusqu’à son décès. Tout l’amour que je n’ai pas pu donner à mes parents, je le donne maintenant à mes proches et aux gens dans la peine. Plus tard, j’ai perdu un de mes quatre enfants à la naissance. Depuis, j’ai enterré neuf frères et sœurs. J’ai perdu l’un d’entre eux il y a une dizaine de jours. Je lui avais promis que je serais là le jour où il rendrait son dernier souffle. C’est extraordinaire que j’aie pu tenir parole. Je pense que ces épreuves m’ont permis de mieux comprendre les personnes en deuil. J’éprouve réellement un plaisir à les entourer. Lorsqu’ils me remercient, je sais que j’ai été utile. Et lorsque je reçois une petite carte de remerciement, ça me touche énormément. J’ai parfois de la peine à contenir une larme.»

Cette femme coquette, aux ongles impeccablement vernis, légèrement maquillée et aux beaux yeux bleus, accompagne les personnes qui le souhaitent dans la salle funéraire où repose un de leurs proches. Parfois, elle assiste à la cérémonie d’adieu, arrange un bouquet, accompagne un petit-fils pour un dernier adieu au grand-papa. Elle gère également la musique des cérémonies, ramasse les collectes pour les donner à l’officiant… toujours avec une grande discrétion, une grande empathie et dans le respect de la volonté de chacun. Elle ne s’impose pas, elle est là, à disposition, un jour par semaine, comme l’ensemble de ses quatre collègues, hommes et femmes.

Une femme hyperactive?

Erna Imsand est – presque –  hyperactive. Car malgré ses 78 ans, elle ne cesse de se dévouer pour les autres. Membre du Conseil des séniors d’Yverdon-les-Bains, du jumelage avec Nogent-sur Marne, du Téléthon, des soupes populaires, elle apporte de surcroît les repas aux appartements protégés de la Fondation Saint-George le lundi, et le mardi, elle est au funérarium. Le reste de la semaine, elle prend soin de son mari, de ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants. «Lorsque j’ai arrêté de travailler, à 73 ans, il fallait que je trouve quelque chose à faire pour m’occuper.» Sommelière, commerçante, femme de paysan, Erna Imsand a toujours eu des journées chargées.

Trouver le mot juste

Cette femme, croyante sans être une pratiquante assidue, sait trouver les mots pour consoler, pour espérer. Même si elle reconnaît que sa coquetterie est son péché mignon, elle conclut: «Ce n’est pas ce qui est dehors qui compte, mais ce qui est dedans.»

Dominique Suter