Logo

En marche pour l’école!

19 septembre 2019 | Edition N°2584

Andrea Marendaz, un Yverdonnois âgé de 5 ans et demi, a été choisi par Pedibus, qui fête ses 20 ans cette semaine, pour partager son expérience. La Région est montée à bord du convoi qui l’emmène chaque matin à l’École des 4 Marronniers.

Les chaussures attachées, le sac d’école empoigné et le sautoir jaune fluo endossé. Il est 7h37 et Andrea, 5 ans et demi, est prêt à aller à l’école. «ça y est le Pedibus arrive», lui lance sa maman, Anne Marendaz. Le petit bonhomme ne fait ni une ni deux avant de courir rejoindre son ami en tête du cortège. «On est les meilleurs nous, on va devant!», s’exclame-t-il, avant de voir deux fillettes les feinter par la droite et leur piquer, quelques instants, la place en tête de file. Chaque matin, la joyeuse équipe d’une dizaine d’élèves yverdonnois, accompagnés d’au moins deux adultes, marchent ensemble du chemin des Terrasses à l’École des 4 Marronniers.

Mardi matin, après le long week-end du Jeûne fédéral, les écoliers avaient tout un tas de choses à se raconter. «L’autre jour, avec Tessa, on a vu des garçons sur une barrière, confie Johanne, en 5e année HarmoS. Là, on a imaginé une histoire qui s’appelle la barrière volante! On en a créé plein d’autres.» Et sa camarade d’ajouter: «On est souvent les dernières parce qu’on papote beaucoup…»

Si la ligne des Terrasses qu’empruntent régulièrement Andrea, Johanne et Tessa notamment, a plus de  six ans, le Pedibus, lui, existe depuis vingt ans. Et pour célébrer cet anniversaire, une exposition temporaire a été inaugurée hier sur la promenade Auguste Fallet (lire encadré). Mais rien n’est immuable, comme le rappelle Claudine Blanchard, une des premières à avoir suivi le mouvement. «J’ai constaté qu’il y a de plus en plus de parents qui s’y intéressent. C’est vrai qu’à chaque fois on essaie de motiver les gens», assure l’aînée des accompagnatrices. Autre évolution: le tracé de la ligne. «Il a changé cet automne. Avant on passait chez un privé et il nous a dit que les enfants faisaient trop de bruit. Il tolérait notre passage tant que son fils marchait avec le Pedibus mais, depuis cette année, il nous a demandés de prendre un autre chemin. On a donc changé l’itinéraire et intégré l’arrêt du chemin du Vallon (ndlr: celui d’Andrea).» Et Gaëlle von Bergen, une autre maman adepte du Pedibus des Terrasses, de préciser: «C’était plus sympa car on passait dans la forêt et, l’hiver, les enfants pouvait descendre sur des assiettes!»

Marcher pour ouvrir l’esprit

Mais pourquoi vouloir se lever plus tôt pour cheminer le long d’une pente raide durant plus de vingt minutes chaque matin au lieu de prendre la voiture? à cette question, chacun a une bonne réponse. Pour Christelle Polier, elle y voit un moyen de donner l’exemple à sa fille: «On pourrait prendre le bus depuis chez nous ou la voiture, mais c’est très encombré vers l’école. Aussi le message que je veux véhiculer à Tina, c’est qu’on se déplace à pied dès qu’on le peut.» Et la mère de Loane, Gaëlle von Bergen, d’ajouter: «C’est un moment d’échange et c’est important car les enfants sont assez timides au début. Grâce au Pedibus, ils rencontrent d’autres enfants et, après, ils osent plus facilement aller vers les autres.» Un avis partagé par Anne Marendaz: «Comme on est dans un quartier où il n’y pas beaucoup d’enfants, ça permet à Andrea, qui est fils unique, de nouer des liens avec les jeunes qui habitent plus haut.» Mais ce moment de partage et de discussion vaut aussi pour les adultes puisqu’après avoir amené Andrea dans la cour de récréation des 4 Marronniers, la maman a discuté avec d’autres et, en quelques minutes, elle a déniché un vélo pour son fils. Par ailleurs, Pedibus permet aux parents de se partager les trajets entre plusieurs personnes d’un même quartier pour ne pas être réquisitionnés tous les jours.

Et les enfants, qu’en pensent-ils? «C’est chouette, je peux parler avec des copines et échanger des cartes d’animaux en chemin», confie Loane. «Qu’il pleuve ou qu’il neige, les petits sont toujours motivés à aller à pied, peut-être moins les parents», lâche sa maman.

Christelle Maillard