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Faire découvrir un génie: le mandat du CLY

28 décembre 2012

Le Cercle littéraire d’Yverdon jouera «Le Mandat» les 2 et 5 janvier prochain. Cette comédie est la première -et la moins jouée- des deux pièces écrites par Nikolaï Erdman, qui s’est en son temps heurté au régime soviétique.

La troupe du Cercle littéraire d’Yverdon en pleine répétition.

«Nikolaï Erdman était un génie.» Le metteur en scène Vincent Jaccard ne tarit pas d’éloges lorsqu’il évoque l’auteur de la pièce «Le Mandat», que le Cercle littéraire d’Yverdon jouera à trois reprises le 2 (à 14h30 et 20h) et le 5 janvier (à 20h) prochain au Théâtre Benno Besson. Pour autant, l’auteur russe (1900-1970) ne jouit pas forcément d’une notoriété à la hauteur de son talent. Et pour cause: il n’a écrit que deux oeuvres. Sa seconde, «Le Suicidé», écrite en 1928, lui a valu les foudres du régime soviétique et il a été exilé en Sibérie.

Mais c’est bien sa première comédie dont le Cercle littéraire a décidé de s’emparer pour son traditionnel spectacle du 2 janvier. «Cela fait un moment que j’avais envie de la monter. Cette fois-ci, elle se prêtait bien au nombre d’acteurs que j’avais à disposition», explique Vincent Jaccard. Ils ne seront pas moins de 21 acteurs et trois musiciens à fouler les planches du Benno Besson. «C’est une pièce exigeante, en termes de rythme et de précision, estime le metteur en scène. Mais elle offre la possibilité d’intégrer de jeunes comédiens, car il y a des rôles courts et d’autres de figuration active. Aujourd’hui, la troupe est prête.»

9 mois de travail

Il faut dire que le 2 janvier, le Cercle littéraire arrivera au bout d’une aventure de longue haleine, débutée en avril dernier. «Le Mandat demande beaucoup de travail sur le texte. Il s’agit aussi de resituer le contexte», continue Vincent Jaccard. Le contexte? Celui du Moscou communiste de 1925. Mais il ne faut pas s’y méprendre: la première pièce de Nikolaï Erdman n’est pas une oeuvre historique, mais bien une comédie. «C’est très drôle, et il y a toutes sortes d’humour: de la farce, de la satire, presque du vaudeville», détaille le metteur en scène du CLY. Ce dernier le concède volontiers: c’est bien de la comédie qu’attend, à l’aurore de la nouvelle année, le public yverdonnois, qui a pris l’habitude de se presser pour assister aux représentations de la société nord-vaudoise de théâtre amateur.

Si ses membres aiment, parfois, monter des textes très connus, ils ont pour le coup accepté un mandat différent: celui de faire découvrir un auteur peu joué. Une question: contrairement au régime soviétique à l’époque, les spectateurs goûteront-ils au travail de Nikolaï Erdman? Réponse sur les planches.

 

Le Mandat

Comédie de Nikolaï Erdman; traduction de Jean-Philippe Jaccard.

Mise en scène de Vincent Jaccard.

Costumes: Aurélie Chappuis; décors: Claudine Bonzon; éclairages: Bernard Vittet; assistante à la mise en scène: Violette Mandry; assistante costumes: Marylène Yerly; conception de l’affiche: Mackenzi Meneses; arrangements musicaux: Denis Fedorov; arrangements choeurs: Vincent Jaccard; chorégraphie «Svetit Mesyats»: Céline Müller.

Représentations, au Théâtre Benno Besson:

2 janvier à 14h30 et 20h.

5 janvier à 20h.

Billetterie Manor Yverdon-les-Bains: 024 424 06 99.

Prix: 28 francs. Apprentis, étudiants, AVS: 18 francs.

Lionel Pittet