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Florence Golay s’offre une Echappée belle

12 septembre 2014

Course à pied – La Combière de 43 ans a remporté l’ultratrail du massif de Belledonne, en France, en 35h06.

Carte d’identité

Florence Golay, à l’arrivée du trail qui l’a vue traverser le massif de Belledonne en quelque 35 heures. Avec le sourire, bien sûr !

Florence Golay, à l’arrivée du trail qui l’a vue traverser le massif de Belledonne en quelque 35 heures. Avec le sourire, bien sûr !

Nom : Florence Golay.

Age : 43 ans.

Domicile : Le Solliat.

État civil : Mariée, quatre enfants.

Profession : Travaille dans les ressources humaines d’une entreprise horlogère.

Pedigree sportif : Sept ans en équipe de France de ski de fond (dès l’âge de 17 ans). A gagné deux fois le Trail de Verbier, sur 110 kilomètres.

L’Echappée belle, qui traverse le massif de Belledonne, en France, est une de ces courses dont la simple évocation suffit à donner des crampes à bien des sportifs. 145 kilomètres. 11 000 mètres de dénivelé positif. Un calvaire ? Ils sont pourtant plusieurs centaines au départ. A l’arrivée ? Moins de la moitié. Parmi les rescapés, cette année, la Combière Florence Golay a été la meilleure femme. Elle a bouclé le parcours en 35h06, le 21e temps au total sur 175 personnes classées. Une sacrée performance.

Et pourtant, la maman de quatre enfants ne partait pas pour gagner. «Mon année a été perturbée par plusieurs blessures», explique-t-elle. Le 12 juillet dernier, elle a dû abandonner, au Trail de Verbier, après seulement 20 kilomètres. Elle courait pour sa troisième victoire consécutive sur cette épreuve, qu’elle a pris l’habitude d’ériger en objectif de son été sportif. «Au début, quand on se lance dans un trail, le but est de finir, note-t-elle. Quand on se met dans la tête de gagner, c’est parfois dur, car on a tendance à s’entraîner trop, à laisser des blessures s’installer.»

Certains de ses proches lui suggèrent de raccrocher le dossard. Mais c’est impossible pour cette compétitrice dans l’âme. «Je suis donc repartie pour cette Echappée belle, glisse-t-elle. Dans l’idée de terminer, simplement.»

Erreurs stratégiques

Elle était ravie d’atteindre le quatorzième kilomètre. «Je savais que j’allais voir mon mari, je me réjouissais de pouvoir lui dire que ça allait bien, raconte-t-elle. Et puis, c’est lui qui a parlé. Il m’a dit qu’il n’y avait que deux femmes devant moi. Et là, j’ai changé d’optique.» A nouveau animée par l’envie d’aller chercher un résultat, elle reprend ses concurrentes, jusqu’à s’imposer avec 1h30 d’avance. Une surprise. «Sincèrement, il y avait des filles plus fortes que moi, estime-t-elle humblement. Mais elles ont fait des erreurs stratégiques. L’une, me sentant revenir, a par exemple sauté un ravitaillement. C’est le genre de choses qu’on paie, inévitablement.»

A 43 ans, la Combière a pour elle une solide expérience, qu’elle a su mettre à profit dans le massif de Belledonne. Ce qui ne signifie pas qu’elle a eu la tâche facile. «C’est une course très ardue, notamment de par la nature de son parcours : on court peu, on doit beaucoup sauter de caillou en caillou.»

Sa victoire lui a permis de reprendre confiance. Après un hiver qu’elle consacrera, comme toujours, au ski de fond, elle se relancera à fond dans le trail dès le retour des beaux jours en 2015. «J’ai envie d’aller plus loin, glisse-t-elle. Trouver des sponsors, intégrer un team, peut-être ? Pour progresser, je me rends compte que cela peut devenir indispensable.»

Lionel Pittet