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Gardner Louissaint sait que son heure va sonner

9 avril 2015

Basketball – Coupe de Suisse  •  L’Yverdonnois d’Union Neuchâtel espère remporter, samedi, «le plus beau titre qui soit» dans le pays.

Gardner Louissaint se sent bien à Neuchâtel, où la salle de son club, la Riveraine, est toute proche du bord du lac.

Gardner Louissaint se sent bien à Neuchâtel, où la salle de son club, la Riveraine, est toute proche du bord du lac.

«C’est le sommet de la saison, rien de moins.» Pour Gardner Louissaint, la Coupe de Suisse est la compétition la plus prestigieuse du pays, et il n’est plus qu’à une rencontre de la soulever. Samedi, à 17h15, à Fribourg, il défiera Lugano avec Union Neuchâtel et il est convaincu que son équipe peut s’imposer. «Lors de notre dernière confrontation, nous avons gagné de 18 points, alors que les Tessinois étaient en tête du championnat. Cela nous a mis en confiance», confie-t-il. Son pronostic? Un succès de cinq points des Neuchâtelois, dans une ambiance de feu.


La finale de la Coupe de Suisse, l’Yverdonnois connaît. Il en a déjà disputé deux, avec Monthey, mais le titre s’est toujours refusé à lui. «A chaque fois, nous avons perdu de deux points, sourit-il. Rien que d’y repenser, c’est terrible. Beaucoup de gens pleuraient.» Pourtant, il en est persuadé, il sera le deuxième Louissaint, après son aîné Steve, à aller au bout de la compétition. «Cette année, par exemple, cela me paraît bien», se marre-t-il.

Gardner Louissaint est un garçon posé et réfléchi, qui «aime bien prévoir les choses», comme il l’explique de sa grosse voix basse et tranquille. A 23 ans, il estime qu’il atteindra son meilleur niveau d’ici trois ans et, en toutes circonstances, il sait faire preuve de patience. Au même titre qu’il attend son heure pour remporter cette Coupe qui lui tient tant à coeur, il accepte sans trop de peine les périodes durant lesquelles il est cantonné au banc, au sein d’une équipe d’Union Neuchâtel ultra-compétitive. «A mon sens, nous avons le meilleur contingent du pays, lâche-t-il. Nous sommes dix ou onze à pouvoir amener de bonnes minutes de jeu, alors que la plupart des équipes tournent à cinq, six ou sept joueurs.»

Cette saison, son rôle varie d’un match à l’autre. «J’ai joué 17 minutes lors du dernier match, et, parfois, je n’entre pas. Cela dépend des besoins», détaille-t-il. Samedi, il espère être amené à endosser un rôle décisif: «Si Lugano mise sur un pivot physique, le coach pourrait faire appel à moi.»

Du sport et des études

Gardner CVGardner Louissaint est un homme très occupé. L’Yverdonnois jongle entre une carrière de basketteur pro dans l’élite nationale et des études en soins infirmiers. Deux «100%» entre lesquels il jongle avec le sourire, sans avoir l’impression de faire des sacrifices. «Je fais ce que j’aime, explique-t-il. La seule difficulté, c’est la fatigue.» Pour aménager son emploi du temps, il a dû s’arranger sur les deux tableaux. Le club qui l’emploie tolère ses quelques minutes de retard périodiques, tandis que des camarades lui mettent à disposition les notes de cours qu’il ne peut prendre lui-même.

Loin de profiter de son statut de professionnel pour se la couler douce, Gardner Louissaint a préféré, là encore, porter son regard vers l’avenir. «Une carrière de basketteur, c’est court, et je voulais avoir quelque chose pour la suite», signale-t-il. Le domaine de la santé l’a toujours attiré, inspiré par sa mère et sa tante, infirmières de profession. «Il me reste une année et demi d’études. Même si je suis amené à changer de club, je veux aller au bout. Il y a des HES dans tous les cantons», note l’étudiant.

Les jalons qu’il pose en vue d’une future reconversion ne sont pas les signes d’une lassitude sportive précoce. Encore en course pour le titre de champion et, donc, pour remporter la Coupe, il a reçu une convocation pour défendre les couleurs de la Suisse aux prochaines Universiades, qui auront lieu en Corée du Sud en juillet. En attendant de porter, un jour, le maillot de l’équipe nationale? «J’espère! J’avais été invité aux présélections l’année dernière, mais j’étais en examens et je n’avais pas pu y aller», sourit-il. On le devine: là encore, il espère bien emboîter le pas de son frère Steve. Là encore, patient, il attend juste que son heure sonne.

 

Les trois frères
«Axel sera le plus fort»

Au sein de la fratrie Louissaint, Gardner est «celui du milieu». Steve, de quatre ans son aîné, a largement fait ses preuves dans le microcosme du basketball helvétique, avec notamment deux Coupes de Suisse à son actif et de nombreuses sélections en équipe nationale. Cette saison, il évolue aux Lions de Genève, actuellement en tête du championnat de LNA, avec qui il a remporté la Coupe de la Ligue. «En plus, il bénéficie de temps de jeu, souligne Gardner. Tout roule pour lui.»

Le cadet, Axel, est bien parti pour suivre la voie tracée par ses grands frères. Il suit une filiale sport-études à Châlon-sur-Saone, en France, dans un club dont la «une» évolue en Pro A, la première division. Et Gardner ne tarit pas d’éloges quant au plus jeune des Louissaint. «Il est plus grand que moi et, techniquement, il est très bon», estime-t-il. A 19 ans, il a tout l’avenir devant lui. «Franchement, il sera le plus fort de nous trois», rigole encore Gardner.

 

Finale de la Coupe de Suisse

Samedi à Fribourg
Dames: Hélios – Elfic Fribourg (14h15)
Hommes: Union Neuchâtel – Lugano (17h15)
Matches diffusés en direct sur RTS 2.

Lionel Pittet