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Grogne parmi les enseignants de l’école d’ingénieurs

24 janvier 2017 | Edition N°1919

Yverdon-les-Bains – La mise en oeuvre la loi cantonale sur les hautes écoles de type HES et une prétendue absence de dialogue avec la direction suscitent le mécontentement de certains professeurs.

Eric Taillard, président de l’association des professeurs, se fait l’écho du mécontentement de certains membres du corps professoral. ©Ludovic Pillonel

Eric Taillard, président de l’association des professeurs, se fait l’écho du mécontentement
de certains membres du corps professoral.

La Haute école d’ingénierie et de gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD) n’aborde pas l’année de son dixième anniversaire dans un climat de sérénité. C’est, du moins, le constat que dresse son Association des professeurs (APHEIG-VD). Un sondage effectué par ses soins a, ainsi, révélé que la moitié des participants estimait avoir été «basculée» dans une fonction inférieure à celle occupée avant la mise en œuvre de la Loi sur les hautes écoles vaudoises de type HES (LHEV). Entrée en vigueur le 1er janvier 2014, cette dernière va de pair avec une refonte conséquente de l’organisation des hautes écoles cantonales.

La HEIG-VD, site de Saint-Roch. ©Duperrex-a

La HEIG-VD, site de Saint-Roch.

«Avant, l’organisation était horizontale. Plusieurs niveaux ont désormais été créés», explique Eric Taillard, président de l’APHEIG-VD. Les professeurs ordinaires occupent le sommet de la pyramide. Viennent ensuite les professeurs associés, puis les maîtres d’enseignement A et B. Contrairement à ses homologues à l’échelle vaudoise, où les enseignants enregistrés dans la dernière catégorie citée seraient très peu nombreux, la HEIG-VD y aurait «reclassé» près de 50 personnes, selon Eric Taillard. Si, pour certains, l’impact serait négligeable d’un point de vue salarial, il n’en va pas de même de la reconnaissance, dont ils se sentent privés. «Certains enseignants se sentent dévalorisés. Ils déplorent que leur parcours académique n’ait pas été pris en compte dans l’attribution de leur nouvelle fonction», déclare le président de l’APHEIG-VD.

Et le porte-parole des professeurs de mentionner le cas d’un ancien doyen, qui, après avoir œuvré des années à la tête d’un des plus gros départements de l’école, se serait vu attribuer le statut de «maître B». Pour d’autres enseignants basculés dans cette catégorie, la perte de salaire durant leur carrière pourrait se chiffrer en centaines de milliers de francs.

Autre grief envers la direction : l’absence de dialogue. La dernière entrevue entre représentants du corps professoral et membres de la direction date d’une année et se serait passée dans un climat «très tendu. La directrice nous a communiqué, à cette occasion, que nous n’aurions aucune information privilégiée. Depuis, plus de dialogue. Nous n’avons pas été consultés lors de l’élaboration du cahier des charges lié au processus de bascule», regrette Eric Taillard.

«Plus d’élèves par classe»

D’autres problèmes sont mis en avant, comme la stagnation de l’effectif des enseignants et assistants. «Le nombre d’heures d’encadrement pour accéder au niveau Bachelor du système de Bologne a beaucoup diminué par rapport à la formation antérieure d’ingénieurs. Il y a nettement plus d’élèves par classe, ce qui affecte négativement le suivi individualisé », précise le président de l’APHEIG-VD. Quant aux acteurs de la recherche appliquée, ils auraient perdu en autonomie, voyant leurs projets soumis à la validation d’une administration toujours plus présente. Or, ces lourdeurs administratives diminuent notre réactivité, ce qui pourrait nuire aux collaborations envisagées avec le monde entrepreneurial, et donc à la compétitivité de la HEIG-VD, nous a-ton confié.

Inquiets quant à l’avenir et soumis, comme le veut la LHEV, à des contrats à durée déterminée renouvelables tous les six ans, écartés des processus décisionnels, les professeurs de la haute école, ou, tout du moins, une partie d’entre eux, ne cachent plus leur mal-être.

Une minorité de recours

Selon la directrice de la HEIG-VD Catherine Hirsch, une faible proportion des professeurs auraient saisi l’autorité judiciaire compétente. ©Ludovic Pillonel

Selon la directrice de la HEIG-VD Catherine Hirsch, une faible proportion des professeurs auraient saisi l’autorité judiciaire compétente.

Catherine Hirsch, directrice de la HEIG-VD relève qu’«une nouvelle typologie des fonctions du personnel d’enseignement et de recherche a été mise en place au 1er septembre 2015, dans le contexte de la nouvelle Loi sur les hautes écoles vaudoises de type HES (LHEV)». Et Catherine Hirsch de préciser que «cette loi offre à chacun des intéressés de contester individuellement sa nouvelle fonction ». Selon elle, «une minorité d’enseignants a fait usage de ce droit, de sorte qu’un certain nombre de procédures sont pendantes auprès Tribunal des prud’hommes de l’administration cantonale». La HEIG-VD justifiera donc de ces nouvelles fonctions devant cette dernière, étant précisé qu’elle attend ses décisions «avec sérénité».

Elle considère que : «dans la fonction publique d’un Etat démocratique, il est tout à fait normal que des collaborateurs puissent soumettre la vérification du bien-fondé des décisions qui les concernent à une autorité judiciaire.» «Pas de climat de frustration» Pas question toutefois pour la directrice d’associer ces oppositions à l’atmosphère tendue qui règnerait au sein de la haute école, d’après l’association des professeurs. «La HEIG-VD ne considère pas que ces recours sont l’écho d’un climat de frustration et d’inquiétude, d’une part parce que les procédures sont le fait d’une minorité d’enseignants et, d’autre part, parce que tout changement entraîne des inquiétudes. Selon nous, le changement est signe d’une capacité à évoluer et donc de dynamisme.» Elle précise, pour conclure, qu’en dehors de la contestation par quelques enseignants de leur nouvelle fonction, la communication se déroule sans difficulté et le dialogue est fructueux avec la très grande majorité d’entre eux.

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Ludovic Pillonel