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Ce gros ballon qui les mènera à Tokyo

5 octobre 2017 | Edition N°2095

Kin-ball – Trois joueurs du KB Yverdon participeront à la Coupe du monde, dès la fin octobre au Japon, avec les équipes nationales suisses. Une première pour Philomène Vuffray, Rafaël Rochat et Aurélien Clerc.

Rafaël Rochat, Philomène Vuffray et Aurélien Clerc (de g. À dr.), l’atout jeunesse de l’équipe de Suisse de kin-ball. ©Michel Duperrex

Rafaël Rochat, Philomène Vuffray et Aurélien Clerc (de g. À dr.), l’atout jeunesse de l’équipe de Suisse de kin-ball.

La belle histoire a commencé au cours des Kids Games de 2012, à Yverdon-les-Bains. Philomène Vuffray, Rafaël Rochat et Aurélien Clerc, alors adolescents, tapent pour la première fois dans un gros ballon poids plume. Celui- là même qui, cinq ans plus tard, s’apprête à les emmener à Tokyo, où ils disputeront la Coupe du monde de kin-ball.

Séduits par la dimension stratégique et l’implication de chaque joueurs sur le terrain dès leur initiation à la discipline, les trois Nord-Vaudois ne se sont, depuis, jamais quittés. Le trio à la trajectoire commune a évolué et progressé au sein de la même équipe, sous les couleurs du KB Yverdon, des juniors aux adultes, jusqu’à pouvoir côtoyer les membres de la sélection nationale.

«En commençant à participer aux entraînements de l’équipe de Suisse en tant que partenaires, on n’imaginait pas du tout qu’on pourrait se rendre tous les trois aux Mondiaux, lance Rafaël Rochat. On avait pour idée d’apprendre un maximum et de pouvoir, peut-être, prendre les places dans l’équipe une fois qu’elles se libéreraient.» «Cette Coupe du monde au Japon, c’était un rêve», enchérit la fille du triptique, Philomène Vuffray.

Dans deux semaines et demie, les trois acolytes, pas encore la vingtaine, s’envoleront pour leur premier grand rendez- vous international en tant que joueurs de kin-ball. Les frères cadets des deux garçons sélectionnés auraient, eux aussi, pu être appelés. Ça n’a pas été le cas cette fois. «Mais ils vont gentiment entrer dans les cadres», estime Rafaël Rochat.

 

Courbe ascendante

 

Membres de la première équipe du club d’Yverdon, les trois internationaux sont devenus vice-champions de Suisse, la saison dernière, seulement devancés par Neuchâtel. Une performance qui suit la pente ascendante de la courbe de leur progression, depuis leurs débuts en championnat juniors, lors de l’exercice 2013-2014. «La saison suivante, on est arrivés en milieu de classement chez les adultes. Puis, en 2016, on a atteint la troisième place», se souvient Aurélien Clerc, véritable encyclopédie du kinball du trio yverdonnois. Des résultats qui leur ont ouvert les portes des équipes nationales.

Alors que la discipline a été imaginée au Québec, c’est un Canadien, Marc-André Morin, qui dirigera les Suisses. Le sélectionneur est établi à Neuchâtel, lieu des débuts du kinball dans nos contrées.

 

Une autre dimension

 

Les joueurs du KBY ont dû faire leur preuve, avant de gagner leur ticket pour Tokyo. Ce d’autant plus que les cadres nationaux comptent des éléments plus expérimentés qu’eux. Ils ont, ainsi, passé plusieurs étapes avant d’apprendre, en début d’année, leur sélection définitive. Depuis lors, les régionaux se sont attelés à trouver du soutien pour participer au financement de leur prochaine escapade internationale.

Alors que le rendez-vous tokyoïte approche, Philomène Vuffray, Aurélien Clerc et Rafaël Rochat se réjouissent d’être dans le vif du sujet. «Ce sera intéressant de se confronter à d’autres styles de jeu».

Soulève le dernier nommé. «Et c’est une sacrée expérience que de représenter la Suisse à l’autre bout du monde», ajoute son camarade. Et leur coéquipière en club de conclure : «Ce sera une autre dimension que ce dont on a l’habitude.» Une dimension mondiale.

 

Ils auraient dû être quatre à partir

 

Les joueurs du KB Yverdon à avoir obtenu leur sélection étaient quatre. Or, comble de malchance, Pauline Leuba (25 ans) s’est blessée à une épaule, début septembre. La plus expérimentée des Yverdonnois -elle a disputé la Coupe du monde de 2015, en Espagne- n’a pas été remplacée. Les Suissesses s’envoleront à huit, alors que neuf garçons seront du voyage.

Philomène Vuffray (19 ans, Yverdon-les-Bains, étudiante à l’Université de Neuchâtel), Aurélien Clerc (18 ans, Gressy, étudiant à l’EPFL) et Rafaël Rochat (19 ans sous peu, Valeyres-sous- Ursins, étudiant au CPNV) seront les trois émissaires régionaux à Tokyo. Les deux premiers nommés, vifs, évolueront en pointe, tandis que le troisième occupe le poste de rapproché, idéal pour un joueur de son (grand) gabarit.

Le kin-ball suisse compte dix clubs, géographiquement répartis de Genève à Bienne, en passant par Le Locle. C’est à Neuchâtel que la discipline s’est implantée. Les Neuchâtelois composent, d’ailleurs, la grande majorité des effectifs des deux équipes nationales. La fédération nationale a été créée en 2009. Disputé sous forme mixte encore cette saison, le championnat sera divisé par genre dès l’automne 2018.

 

Coupe du monde très attendue

 

«Le Japon est la deuxième nation du kin-ball après le Canada. Compte tenu de l’intérêt pour la discipline là-bas, la Coupe du monde de Tokyo est attendue par tout le monde», lance Aurélien Clerc. Le trio yverdonnois n’a aucun doute, l’engouement sera au rendez-vous d’un tournoi qui se disputera dans une salle comble, du 31 octobre au 5 novembre.

Douze nations sont qualifiées pour l’événement, tant chez les femmes que les hommes. Après trois matches de poule, les neuf meilleurs poursuivront l’aventure. L’écrémage continuera ronde après ronde, jusqu’à ce qu’il ne reste que trois équipes pour la finale. Les Suissesses, qui affronteront notamment le Canada, la France et le Japon lors de leurs trois premiers matches, ont hérité d’un tirage plus difficile que leurs homologues masculins, qui évitent les Canadiens en début de tournoi.

Deux fois vice-champions d’Europe, les Suisses n’ont jamais fait mieux que 5e à la Coupe du monde, depuis leurs débuts en 2009. Les dames, pour leur part, ont deux médailles de bronze européennes et une mondiale à leur actif. Les sélectionnés s’entraînent ensemble deux fois par semaine. Ils partiront pour Tokyo le 22 octobre.

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Manuel Gremion