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Il reconnaît des millions de préjudices

11 mars 2014

Un agent d’affaires breveté, installé dans la Cité thermale au moment des faits, répond, entre autres, d’abus de confiance qualifié depuis hier matin à Yverdon-les-Bains.

Un cinquantenaire a paru devant le Tribunal correctionnel de l’arrondissement du Nord vaudois pour abus de confiance qualifié.

Un cinquantenaire a paru devant le Tribunal correctionnel de l’arrondissement du Nord vaudois pour abus de confiance qualifié.

Un ancien agent d’affaires breveté, jadis installé à Yverdon-les-Bains, a admis, hier, devant le Tribunal correctionnel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, avoir utilisé les fonds de certains de ses clients ainsi que ceux de son pupille de l’époque. «C’est avec la certitude un peu folle de pouvoir remonter la pente», comme l’explique l’avocat du prévenu, que ce dernier a ainsi détourné plus de deux millions de francs entre 2006 et 2009 -dont près de 1,5 million font aujourd’hui l’objet de plaintes pénales. Le fait est que ce dernier, prisonnier d’un véritable cercle infernal, a longtemps gardé l’espoir de parvenir à rembourser un jour ses créanciers.

Au total ce ne sont pas moins d’une cinquantaine de personnes et de sociétés, pour la plupart établies dans le Nord vaudois, qui ont ainsi vu leur confiance être trahie par cet homme peu scrupuleux, à l’organisation défaillante et à la gestion comptable déplorable. Comble de la malhonnêteté, ce dernier a même été jusqu’à détourner plus de 245 000 francs à son propre pupille, mis sous tutelle en 2006 pour… prodigalité.

L’agent d’affaires indépendant depuis plus de vingt ans et père de famille était principalement chargé de recouvrir des créances et de régler divers litiges financiers pour le compte de clients. «J’aimais mon métier et les missions que je devais accomplir», a-t-il assuré hier devant le Tribunal. C’est pourtant en usant «d’un pot commun» ou, finalement, tant ses affaires privées que professionnelles ont fini par se confondre que ce «professionnel» a vainement tenté de combler le vertigineux trou financier qu’il a fini par créer.

Une fuite vers l’avant qui l’a finalement mené sur le banc des accusés afin de répondre d’abus de confiance qualifié, et de gestion déloyale. Le verdict ne sera pas connu avant la semaine prochaine, mais le procureur a d’ores et déjà demandé une peine privative de liberté de trente mois avec sursis et six mois fermes. «J’espère que ma condamnation pourra réconforter mes anciens clients», a conclu le prévenu.

Muriel Aubert