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Ilona Lattion, le patinage pour briser la glace

14 décembre 2012

Patinage artistique – Championne romande cadettes en titre, l’Yverdonnoise de 14 ans s’épanouit dans sa discipline. Portrait d’une fille qui progresse plus vite que les autres.

Le sourire d’Ilona Lattion en dit long sur son plaisir une fois sur ses patins.

«Ilona, c’est la beauté froide, nous a-t-on glissé un jour. Si belle et si réservée!» Sur la glace, la jeune Yverdonnoise s’exprime comme nulle part ailleurs devant des adultes. Il y a quelques semaines, elle est devenue championne romande des cadettes. Une première consécration qui en appelle d’autres.

Née d’une mère Finlandaise et d’un père Suisse, Ilona Lattion a touché à la glisse très tôt, mise sur les skis alors qu’elle avait à peine plus d’un an. «Un peu casse-cou, la décrit son père. Et très compétitrice.» Des caractéristiques qui l’accompagnent dans sa folle progression patins aux pieds, elle qui a commencé sur le tard, mais qui a brûlé les étapes pour devenir aujourd’hui l’une des perles du patinage suisse, membre du cadre national, au même titre que Laure Nicodet.

Les gènes du patinage

Clin d’oeil à l’histoire, la grand-maman paternelle d’Ilona avait patiné aux Championnats suisses de 1949. Plus de soixante ans plus tard, sa petite-fille suit ses traces sur le plan national, médaillée de bronze dans la catégorie espoirs l’hiver dernier à Biasca.

Pourtant, lorsqu’elle chaussé des patins pour la première fois à Morges, pour suivre sa meilleure amie, Ilona ne savait même pas que son aïeule avait pratiqué la discipline. Arrivée ensuite à Yverdon, elle a définitivement pris goût à l’art lorsqu’elle a réalisé ses premiers sauts. Car, téméraire et athlétique, c’est lorsqu’elle s’envole qu’elle trouve son bonheur.

C’est d’ailleurs cette singularité qui lui permet de briller aujourd’hui, capable de passer des triples, de présenter des programmes plus difficiles que ses rivales. C’est ainsi, poussée par sa professeur à Yverdon, Yahel Nicodet, qu’elle a suivi Laure à Neuchâtel, club pour lequel elle patine désormais.

Organisation de rigueur

Un choix qui la contraint à se rendre cinq fois par semaine à la patinoire du Littoral, après l’école. «Je fais parfois un peu de mes devoirs dans la voiture», raconte-t-elle, obligée d’être très organisée.

Des concessions qu’elle fait de bon cœur pour sa passion, pour retrouver ses amis aussi. Et, lorsqu’elle en a le temps, elle profite de la pause de midi pour patiner à Yverdon. La discipline demande une implication de tous les instants.

L’abnégation et le travail d’Ilona portent leurs fruits, en témoignent ses résultats qui en font aujourd’hui la meilleure patineuse romande de sa catégorie. «Mais je veux passer mes triples plus souvent», dit-elle, ambitieuse, et rêveuse aussi, en évoquant l’avenir: «J’aimerais gagner une fois les Championnats suisses.»

Cet hiver, le grand rendez-vous, pour les cadettes, aura lieu à la mi-janvier, à La Chaux-de-Fonds. Elle tâchera de décrocher une place parmi les six meilleures, désireuse de bien faire avant tout, comme toujours. Plutôt que par des mots, c’est par ses sauts qu’Ilona traduit son plaisir.

Manuel Gremion