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Ils brassent des bactéries pour le bien du lac

11 juillet 2019 | Edition N°2537

Yvonand – Pas de joutes sportives cette année pour les petits Tapa-Sabllias, mais une journée verte leur a été proposée.

Ils étaient près de 200 élèves, âgés entre 5 et 8 ans, réunis à la plage de Goncerut, à Yvonand, le 25 juin. Et toute la journée durant, ils ont fait œuvre citoyenne. Car en les mettant «au vert», les enseignantes avaient pour but de les sensibiliser à l’écologie. Ils ont ramassé les petits déchets qui traînaient ici ou là. Puis ils ont pu se rendre compte de la valeur de l’eau. Ils ont dû remplir une cuvette au moyen d’éponges qu’ils allaient tremper dans le lac, avant d’arroser un arbre. Ils ont aussi fabriqué de petites balles en boue (mudballs). Celles-ci, mélangées à du son et arrosées d’un liquide fermenté à base de levures – de bonnes bactéries – devaient ensuite être séchées, avant d’être lancées dans le lac de Neuchâtel. Ces bactéries, au nombre de 98, favorisent la prolifération des algues bénéfiques et limitent de par leur existence celles qui ne sont pas adéquates.

Cette opération est née de l’impulsion d’Emmanuelle Bigot, municipale à Yvonand et gérante d’un magasin spécialisé dans les toilettes sèches et les produits d’assainissement et de nettoyage fabriqués à partir de «bonnes bactéries». Elle image ses propos: «Les bactéries sont un peu comme les politiciens. Il y en a des bons, des mauvais et des indécis qui se rallient au plus fort. Dès que l’on crée de bonnes bactéries en masse, les indécises les rejoindront.»

De la boue pour rendre les eaux claires

Une première expérience a eu lieu en 2018, avec deux classes seulement. «Nous avions lancé ces mudballs dans le lac depuis la plage de Goncerut, raconte Emmanuelle Bigot. Des habitués de la plage m’ont rapporté qu’elle avait moins d’algues cette année. Je ne sais pas si c’est une coïncidence ou si ce sont nos bonnes bactéries qui ont équilibré le lac, mais en tous les cas, l’eau est plus claire.»

Cette année, c’est dans la ferme de l’enseignante Stéphanie Buttet Brand que les mudballs ont été déposées. Car il faut compter au minimum une dizaine de jours pour que la nature fasse son travail, et que les levures fermentent. «Elles se recouvrent d’un petit duvet tout blanc», révèle la municipale.

Vendredi dernier, quelques 600 mudballs bien sèches et fermentées ont été jetées dans le lac de Neuchâtel afin qu’il soit ensemencé de bonnes bactéries.

Il ne reste plus qu’à attendre l’année prochaine pour voir si, effectivement, les algues ont disparu et les bactéries éclairci l’eau.

Dominique Suter