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Ils ne resteront pas les bras croisés

11 décembre 2019 | Edition N°2643

NUISANCES Une grande majorité des conseillers communaux d’Onnens et de Corcelles-près-Concise ont déposé lundi des motions auprès de leur Municipalité pour montrer leur opposition au projet de carrière à Concise.

S’ils n’ont pas le droit, ils prendront le gauche. C’est la philosophie des habitants de Corcelles-près-Concise et d’Onnens. Dans les deux localités, des conseillers généraux ont déposé, lundi soir, une motion visant à marquer officiellement leur opposition au projet de carrière sur le Mont-Aubert, porté par l’Exécutif de Concise et le groupe Marti Construction.

Après avoir rappelé que les Concisois seront amenés à voter sur le projet en février 2020 à la suite d’un référendum, les motionnaires ont précisé la raison de leur démarche. «Notre idée, c’est que les gens puissent aller voter en sachant qu’il y a une large opposition, très ferme et très décidée, dans les communes voisines directement concernées par les nuisances de cette carrière», explique Jean-François Righetti, soutenu par son épouse Jocelyne, lors du Conseil général d’Onnens. Bal de poids lourds sur les chemins de campagne, bruit, dépréciation immobilière, atteinte au paysage… Ils s’inquiètent de voir un jour le projet se concrétiser. Et d’assurer: «En ce qui concerne le trafic de camions, on souhaite vraiment qu’une alternative soit étudiée parce qu’il est techniquement possible, selon nous, d’acheminer les matériaux excavés en restant sur le territoire de Concise et en rejoignant l’autoroute à Vaumarcus plutôt qu’à Grandson.»

Pour rappel, le plan prévoit le transit les cailloux extraits de la carrière à Corcelles-près-Concise au moyen d’un tapis roulant de 1,8 km. Selon des motionnaires, il serait juste de réorienter ce dispositif en direction de la sortie de Concise, localité qui porte le projet. Les villageois ont ainsi appelé leur Municipalité à s’opposer avec tous les outils à sa disposition «à l’utilisation du territoire communal pour le transit des poids lourds liés à l’exploitation de la carrière», à exiger des promoteurs un rapport des différentes variantes et à garder la population informée du processus. Une motion qui s’inscrit dans la ligne de l’Exécutif d’Onnens. «Tant que je serai syndic, je ne comprendrai pas pourquoi on n’ouvrirait pas l’aire de service de Concise (ndlr: les accès à l’autoroute existent mais sont fermés) au profit de ces camions, témoigne Alain Portner. Ce ne sera pas un type de l’Office fédéral des routes qui me dira qu’on ne peut pas le faire, ce sera un conseiller fédéral. Onnens ira jusqu’au bout.» Et de confirmer: «On soutient la motion car elle est très bien tournée, dans le sens où elle ne nous demande pas de nous ingérer dans le fait qu’il y ait ou pas une carrière.»

Une alternative demandée

Au vu des discussions à Corcelles-près-Concise, il faudra de toute manière trouver une alternative. En effet, les conseillers communaux ont demandé avec succès, à leur Municipalité de «refuser d’accorder un droit de passage et d’aliénation du sol pour des installations destinées à transporter, à concasser et à expédier les matériaux extraits sur le site de la future carrière».

Lundi soir, la donne a donc changé, selon le motionnaire Jacques Kehrli, de Corcelles-près- Concise: «De ce que j’entends de nos voisins concisois, ils sont persuadés qu’ils n’auront que les bénéfices financiers de la carrière, sans les nuisances, mais c’est faux. Parce qu’une fois les cailloux extraits, il faudra les concasser et les transporter. Et si ce n’est pas chez nous, ce sera chez eux.» Et d’ajouter: «Notre Commune a fait recours auprès du Conseil d’État car il est dit dans le préavis de Concise que l’on a signé un accord avec Marti, mais c’est faux. On n’est pas liés.»

Les deux localités espèrent que leurs motions «feront peur» à leurs voisins de Concise au moment de voter. Mais le syndic des ces derniers reste confiant. «On a fait exprès d’éviter tout passage de camions dans les villages, on les contourne, précise Patrick Jaggi. Et on a déjà étudié une alternative par Vaumarcus mais ce n’est pas réaliste selon le bureau d’études Impact-Concept. L’idéal serait d’emprunter l’accès de service à l’autoroute depuis Concise, mais Berne a refusé.» Et de conclure: «On va déjà attendre le vote de février avant de se prononcer et d’aller discuter avec les autres communes mais je doute que les Concisois prendront en compte les oppositions des villages voisins.»

Christelle Maillard