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Ils sautent du pont de la Mauguettaz à Pâques

5 avril 2013

Le pont autoroutier attire, malgré le danger inhérent au trafic et les risques, les adeptes de «base jump». Trois d’entre eux ont bravé l’interdiction dimanche dernier. 

Le pont s’élève à plus de cent mètres de hauteur, au-dessus de la Menthue.

Trois adeptes de «base jump» ont bravé, dimanche dernier, l’interdiction d’accès au pont de la Mauguettaz, sur l’autoroute A 1, pour s’élancer dans le vide et jouir de quelques dizaines de secondes d’adrénaline. Une fois au sol, ces personnes ont rapidement plié leur voile.

Sans doute alertée par des témoins, la gendarmerie s’est rendue sur les lieux. Toutefois, selon Jean-Christophe Sauterel, officier de presse à la Police cantonale vaudoise, il n’y a pas de trace dans le journal de l’activité. Ce qui pourrait signifier que ces personnes n’ont pas été identifiées.

Clairement interdit

Selon l’officier de presse, l’accès au pont est certes aisé, mais il est interdit aux piétons d’évoluer sur l’autoroute. Or les sauteurs ont obligatoirement enjambé le treillis pour gagner le parapet du pont, sur la chaussée Jura.

«De tels sauts sont interdits parce que cela créer un danger pour les usagers. En détournant l’attention des automobilistes, ils pourraient provoquer un accident», explique Jean-Christophe Sauterel.

Selon l’officier de presse, le pont de la Mauguettaz est le seul qui, sur le réseau autoroutier vaudois, attire vraiment les adeptes de «base jump».

Même en avion…

Par le passé, une personne, surprise par un coup de vent, a fini dans les arbres. Elle a heureusement été délivrée, saine et sauve, par les pompiers du SIS d’Yverdon-les-Bains. Il est aussi arrivé que des aviateurs, adeptes de voltige, passent sous le pont.

 

L’OFAC n’a pas de base pour intervenir

La liberté individuelle

«Je ne pourrais même pas vous empêcher de sauter du sommet de la cathédrale avec un parapluie!» En charge de la surveillance de l’aviation légère à l’Office fédéral de l’aviation civile, Patrick Hofer relève que n’importe qui peut s’acheter une voile et sauter d’un pont. «Il y a deux ans, une personne s’est tuée en sautant d’un immeuble à Zurich. Nous ne pouvons intervenir que si le sauteur crée un danger pour le public.» Et les trois ou quatre décès enregistrés chaque année sur la falaise de Lauterbrunnen (BE) ne justifient pas qu’on légifère. «Il y a plus d’alpinistes qui décèdent et on n’a pas songé à interdire cette activité», relève Patrick Hofer.

Isidore Raposo