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“Vous avez profité de ma naïveté”

13 mars 2019 | Edition N°2455

Yverdon-les-Bains – Un couple de trentenaires est passé devant les juges, lundi. Accusés, notamment, d’escroquerie et de faux dans les titres, ils risquent la prison ferme.

Deux habitants de Marnand ont comparu, lundi, devant le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois. S’ils cumulent les chefs d’accusation, la limite entre la négligence et l’intention de nuire reste floue.

Le couple, qui reconnaît une partie des faits, est tout d’abord accusé d’escroquerie. De 2012 à 2014, alors que tous deux étaient au bénéfice de l’aide sociale, ils ont tenté d’en sortir en ouvrant une épicerie à Vallorbe, sans en informer le Centre social régional. La Direction générale de la cohésion sociale attend aujourd’hui d’être remboursée des 58 459  francs «indûment perçus» durant cette période.

Le binôme est aussi accusé de faux dans les titres. Pour obtenir un bail commercial pour leur épicerie, ils ont admis avoir falsifié des fiches de salaire. Le couple, qui élève trois enfants, a eu recours à la même astuce afin de louer une villa à Chavornay, en 2015. Ne pouvant, de fait, pas payer le loyer, ils se sont fait expulser par le propriétaire, présent lors de l’audience de lundi. «J’ai fait confiance à cette famille. Je me suis dit qu’ils allaient bien fini par payer», a-t-il confié.

Les deux prévenus ont assuré avoir agi par peur de finir à la rue et par négligence administrative. Ils ont présenté leurs excuses au bailleur. «Nous ne sommes jamais venus chez vous dans l’intention de vous nuire. Excusez-nous», ont-ils déclaré.

«Je n’accepte pas vos excuses, leur a répondu le propriétaire. Vous m’avez menti dès le départ en me présentant de fausses fiches de salaire. Vous avez profité de ma naïveté!»

Le repentir du couple n’a pas non plus convaincu la procureure: «Les prévenus sont rompus à justifier leurs activités par la négligence.» La magistrate a demandé qu’ils soient «sanctionnés sévèrement», et a requis une peine privative de liberté de vingt mois, dont six ferme. L’avocat de la femme, aujourd’hui aide-infirmière, a fait valoir la collaboration dont elle a fait preuve durant l’enquête, et plaidé le sursis. La défense du mari, désormais «coach spirituel», en a appelé à la rigueur juridique, arguant que les conditions pour parler «d’escroquerie» ne sont pas remplies, et a demandé que son client soit libéré de ce chef d’accusation.

Malgré ce passé encombrant, le duo assure aujourd’hui avoir repris le bon chemin. Verdict prochainement.

Guillaume Guenat