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Ils veulent dynamiser la filière porcine
Plusieurs acteurs du cru, dont Béat Jenni (à g.) et Frédéric Perusset, sont associés à un projet visant à dynamiser la filière porcine valdo-fribourgeoise.

Ils veulent dynamiser la filière porcine

16 février 2016 | Edition N°1682

Valeyres-sous-Rances – Le conseiller d’Etat Philippe Leuba a présenté, hier au Château de Valeyres, un projet visant à donner un nouvel élan à la filière porcine valdo-fribourgeoise.

Le boucher Frédéric Perusset, de Baulmes (à g.) et Béat Jenni, de Valeyres-sous-Rances: deux partenaires clés du projet. © Charles Baron

Le boucher Frédéric Perusset, de Baulmes (à g.) et Béat Jenni, de Valeyres-sous-Rances: deux partenaires clés du projet.

Convaincu du potentiel de la filière du porc, l’Etat de Vaud réalise, depuis l’automne dernier, des essais, en collaboration avec son homologue fribourgeois et différents acteurs du domaine, dans le but de créer un animal se démarquant par la qualité de sa viande. Il s’agit, en fait, du projet de porc unique, rebaptisé porc romand, présenté dans La Région Nord vaudois du 11 novembre dernier.

Un événement, organisé hier au Château de Valeyres, donnait la possibilité de comparer des mets -cou, boutefas et lard- réalisés à partir des cochons nouveaux avec les mêmes produits conçus avec de la viande de porc «conventionnelle». Les premiers résultats obtenus parlent pour le porc romand, plus savoureux, et dont la viande présente un rapport oméga 3-oméga 6 nettement plus intéressant pour la santé des consommateurs. A noter que d’autres données sur la qualité de la viande et les produits finis seront communiquées ce printemps.

Philippe Leuba veut «prendre le taureau par les cornes» pour la filière du porc. © Charles Baron

Philippe Leuba veut «prendre le taureau par les cornes» pour la filière du porc.

Les 250 porcs participant à l’essai sont nés à Valeyres-sous-Rances, dans le domaine de Béat Jenni. Ils ont ensuite été transférés sur l’exploitation de Grange-Verney. Quatre races différentes -deux issues de croisements de deux races indigènes, et deux de races étrangères- y ont été engraissées, chacune avec deux affouragements distincts, l’objectif du projet étant de produire, à l’arrivée, un porc nourri avec des produits locaux, le soja importé étant, notamment, proscrit.

Le conseiller d’Etat Philippe Leuba a relevé l’intérêt de cette démarche pour les cultivateurs et les fromageries indigènes, dans la mesure où le petit lait de la région et les céréales romandes composent le régime alimentaire des suidés dits romands.

Les produits réalisés avec le porc romand étaient proposés à la dégustation. © Charles Baron

Les produits réalisés avec le porc romand étaient proposés à la dégustation.

Le développement d’une production porcine de ce type pourrait aussi permettre de décerner l’AOP au boutefas et au jambon de la borne. «Cela fait vingt ans que nous travaillons là-dessus», a déclaré Jean-Pierre Reichenbach, président de l’Interprofession de la charcuterie AOC. «Je ne veux pas voir nos éleveurs de porc dans la situation des éleveurs français», a lancé Philippe Leuba, avant de laisser son auditoire mesurer, dans l’assiette, le bien fondé du projet, avec quelques crus de la cave locale.

 

https://www.youtube.com/watch?v=2THNHW9Yl7c&index=1&list=PLhpI65Qvue1GJXCaX94fABC7xF-W0Iitf

 

Soutien aux porcheries

Philippe Leuba a rappelé que le Canton avait débloqué un crédit de 4 millions pour aider les éleveurs en vue de l’entrée en vigueur, en 2018, des nouvelles exigences fédérales en matière de détention des porcs. Selon une étude, 7000 places réservées aux suidés auraient disparu des porcheries du canton sans cette intervention. En 2013, 2025 truies, 12 219 porcelets et 26 462 porcs à l’engrais étaient répertoriés sur Vaud.

Ludovic Pillonel