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Jan Fröhlich, l’homme qui met le titre à portée du BC Yverdon

23 mars 2012

Badminton – Ligue nationale A – Classé parmi les cent meilleurs joueurs du monde, le Tchèque peut gagner contre n’importe qui en Suisse. Yverdonnois depuis le mois de janvier, il sera l’un des principaux atouts de son équipe lors des playoffs, dont la demi-finale a lieu ce week-end contre Adliswil-Zurich.

Jan Fröhlich se plaît à Yverdon-les-Bains. S’il passe l’essentiel de son temps entre les courts et le Centre thermal, il apprécie également les environs directs du Centre de badminton, qui se prêtent notamment très bien au footing.

A Yverdon-les-Bains, on sait jouer au badminton. Ce n’est pas par magie que le club local, qui aligne essentiellement des joueurs de la région, vient de fêter la promotion de sa réserve en Ligue nationale B. Pas pour rien qu’Anthony Dumartheray est un des rares Nord-Vaudois à rêver des Jeux Olympiques de Londres. Pas par hasard, non plus, que l’équipe fanion a atteint à plusieurs reprises les playoffs de Ligue nationale A ces dernières années.

Celui qui fera la différence

Pourtant, il a toujours manqué un petit quelque chose pour aller au bout. Souvent, à laisser traîner l’oreille au Centre de badminton, on entendait la même chose: «Il manque un étranger capable de faire la différence, comme en ont les autres équipes phares du pays.» Ce ne sera pas le cas, demain à 15h, pour le match aller de la demi-finale des playoffs qui opposera les Nord-Vaudois à Adliswil-Zurich. Car ce joueur susceptible de battre n’importe qui, en Suisse, le BC Yverdon l’a trouvé en la personne du Tchèque Jan Fröhlich.

A 32 ans, l’homme a déjà derrière lui une carrière très riche, mais à laquelle il manque encore un pan olympique. Voilà quelques mois, lorsqu’il s’est engagé avec le BC Yverdon, il restait sur une demi-saison sans port d’attache. Son club précédent, Uzwil, ayant été relégué en Ligue nationale B, il a décidé de ne pas répondre aux sollicitations dont il a fait l’objet afin de se concentrer complètement sur son objectif individuel: les Jeux Olympiques de Londres. S’il a repris du service en interclubs, c’est entre autre parce que tout ne se passait pas comme prévu. «A fin 2011, je n’avais pas obtenu les résultats escomptés jusque-là, explique-t-il, en anglais. Sans pour autant abandonner l’idée de me qualifier pour les JO, j’ai donc décidé de recommencer à jouer pour un club, pour avoir un endroit où rebondir après la campagne olympique.» Ce ne sont pas les propositions qui ont manqué. «Il y en avait plusieurs d’intéressantes, mais Anthony Dumartheray avait été le premier à m’approcher, lors d’un tournoi à l’étranger, c’est pour ça que j’ai choisi Yverdon», raconte-t-il tout simplement.

Le deuil de son rêve

A vrai dire, les choses ne se sont pas véritablement améliorées sur la scène internationale: Jan Fröhlich est toujours aux alentours du 90e rang du classement mondial en simple, barré par son compatriote Petr Koukal, mieux classé, en vue d’une aventure londonnienne. D’ailleurs, il avoue avoir fait le deuil de son rêve olympique… pour cette fois.

Car le Tchèque a déjà le Brésil, Rio et les JO de 2016 en ligne de mire. «Dans huit ans, cela sera trop tard, mais dans quatre, je pense que j’ai une carte à jouer», glisse-t-il. Car il faut bien le dire: sa campagne en vue de Londres 2012 n’avait pas commencé de la meilleure des manières. Alors que les qualifications commençaient, il reprenait tout juste la compétition après près d’une année d’absence pour cause de blessure. «J’avais disparu du ranking mondial», précise-t-il.

Prochain objectif: le titre

Jan Fröhlich se trouve donc au début d’un long chemin. Ces quatres prochaines années seront faites de badminton et d’une quête effrénée de points de par le monde, et il se verrait bien faire d’Yverdon sa base. Musique d’avenir. A court terme, il ne fait pas mystère de son prochain objectif: remporter le titre, en Ligue nationale A, avec le BCY. «C’est du cinquante-cinquante, estime-t-il. Le groupe a les qualités pour aller au bout, mais les trois autres équipes sont redoutables.» Première étape en deux temps ce week-end, demain à 15h à Yverdon, puis dimanche à 14h en terres zurichoises.

Le Tchèque envisage son implication sur le long terme. Il parle de s’installer ici, assure qu’il aimerait apprendre à parler le français, en plus de sa langue maternelle, de l’anglais, de l’allemand et du danois, dont il a de bonnes notions. Joueur talentueux doublé d’un entraîneur passionné, il espère, dès la saison prochaine, avoir plus de monde à qui transmettre son expérience. A Yverdon-les-Bains, on sait jouer au badminton. Mais il n’est pas exclu qu’on y progresse encore, ces prochaines années, grâce à Jan Fröhlich.

Carte d’identité

Nom: Jan Fröhlich.

Age: 32 ans.

Nationalité: Tchèque.

Profession: Il se consacre au badminton, mais a également une formation de professeur de sport.

Classement: Il est actuellement matricule 94 du ranking mondial en simple. Il a atteint son meilleur classement en 2006, en pointant au 36e rang.

Palmarès sélectif: Il a remporté en 2006 les Championnats d’Europe universitaires. Il a été sacré champion tchèque neuf fois de suite. Ensuite, Petr Koukal a été titré cinq fois et, cette année, Jan Fröhlich a récupéré sa couronne.

Carrière: Il a défendu les couleurs de clubs tchèque, slovaque, allemand et danois et suisse (Uzwil pendant six ans) avant d’atterrir à Yverdon en janvier dernier.

Lionel Pittet