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«Je partirai avec le sentiment du devoir accompli»

7 mai 2019 | Edition N°2492

Yverdon-les-Bains – Le directeur de l’Association pour la santé, la prévention et le maintien à domicile passera le flambeau à la fin de l’année.

À 56 ans ans, Yvon Jeanbourquin s’est dit que c’était maintenant ou jamais. Il a décidé que ce serait cette année. à la fin du mois de décembre, le directeur de l’Association pour la santé, la prévention et le maintien à domicile (Aspmad) quittera ses fonctions pour prendre un nouveau virage professionnel.

Lui qui n’avait absolument pas prévu de se retrouver à la tête d’une association qui emploie 960 personnes n’en est pas à un revirement près. Paysagiste de formation, il avait bifurqué dans le domaine des ressources humaines vers l’âge de 35 ans, en raison de problèmes de dos. Engagé comme responsable RH à l’Aspmad en 2008, il avait été propulsé directeur six mois plus tard, après le départ de sa prédécesseur.

Après douze ans à ce poste, il a envie d’autre chose, mais surtout de partager son bagage professionnel. «Les Allemands parlent de la carrière en coude, explique-t-il. Dès 58 ans environ, vous avez l’obligation morale de transmettre tout ce que vous avez appris durant votre carrière aux générations futures. C’est une philosophie assez parlante pour moi. Durant les neuf ans à venir, j’ai envie de faire profiter des partenaires et des entreprises de mes connaissances, en créant une entreprise de consultant indépendant.»

Yvon Jeanbourquin s’apprête à quitter le navire alors que le processus de fusion entre l’Aspmad et le Réseau Santé Nord Broye entre dans sa phase décisive. Pourquoi partir maintenant? «Le gros du travail est fait, explique-t-il. Les services juridiques de l’état de Vaud doivent désormais vérifier que le projet de statuts est compatible avec les lois en vigueur.» Très confiant sur le fait que le mariage sera célébré d’ici à la fin de l’année, il tenait à rester aux commandes pour accompagner ce processus. Quant à la suite, «elle appartient aux générations futures», note-t-il.

Huit mois pour boucler la boucle

N’a-t-il pas songé à rester en place pour piloter la suite? «Je me suis posé la question. Et puis j’ai fait mes calculs: il faut à peu près trois ans pour arriver à un modèle d’organisation efficace. Cela m’aurait mené à 59 ans: est-ce que j’aurais, alors, la volonté de créer quelque chose et d’entrer dans un processus de transmission du savoir?»

Les collaborateurs de l’Aspmad ont été informés il y a deux semaines de son prochain départ, tout comme les partenaires de l’association. Il reste désormais huit mois à Yvon Jeanbourquin pour boucler la boucle. Si l’heure n’est pas encore au bilan, il souligne qu’il partira avec «le sentiment du devoir accompli et la fierté de dire: on a fait un sacré job. En douze ans, on a énormément évolué dans le domaine du maintien à domicile.»

Caroline Gebhard