Logo

Je rejoue La Guerre des étoiles avec mon drone

9 avril 2019 | Edition N°2474

La Région s’est essayée, non sans quelques difficultés, au pilotage d’un engin volant identifié, samedi dernier.

Ils font un bruit qui fait penser à de gros moustiques et sont aussi agiles qu’un faucon. Rien de plus facile que de piloter un drone, me direz-vous! Eh bien, que nenni! Je m’y suis essayée samedi dernier et, grâce à des filets qui empêchaient les engins de voler n’importe où, j’ai pu éviter d’éborgner quelqu’un.

Notre journaliste Dominique Suter a vécu des sensations fortes. © Michel Duperrex

Notre journaliste Dominique Suter a vécu des sensations fortes. © Michel Duperrex

Le test a eu lieu à Y-Parc, dans le bâtiment en construction de Sylvac, une entreprise suisse mondialement connue pour ses intruments de mesure de précision. Eric Schnyder, CEO de la société, a animé la visite des lieux destinée à ses clients, à son personnel et aux élèves de l’école d’ingénieurs voisine, en proposant de faire un baptême de pilote de drone. Bryan Baumgartner, Raphaël Pascual et Valentin Bersier, tous trois instructeurs, compétiteurs et membres de l’association Dracer, se sont efforcés d’expliquer le fonctionnement de ces engins à des adultes qui, pour la plupart, n’avaient pas plus d’expérience que moi. Les organisateurs, non contents de baliser l’espace dévolu à ces essais au moyen de filets à grosses mailles qui avaient la fâcheuse tendance à brouiller le regard, avaient choisi une pièce où de grandes colonnes en béton divisent le volume. Comme si cela ne suffisait pas, ils avaient pendu, à différentes hauteurs, des sortes de tunnels orange en toile au travers desquels j’étais censée faire passer mon drone. Comme me le soufflait Eric Schnyder, «il faut être réactif, précis et agile pour piloter ces engins. Ce sont des valeurs qui sont aussi celles de notre société». Eh bien, il n’est pas près de m’engager!

Difficile de gérer l’espace

Je ne suis pas née avec des manettes dans les mains. à mon époque, il y avait des Lego dans tous les foyers. Les trains électriques et les poupées Barbie constituaient l’essentiel des jeux des enfants. Pour changer de chaîne sur la télévision en noir et blanc, il fallait se lever pour tourner le bouton. Il va sans dire que mon cerveau n’est pas au bout de mes doigts, je dirais même qu’il n’est pas programmé pour la tridimensionnalité. Gérer les déplacements vers le haut et le bas d’une main, et vers la gauche et la droite de l’autre s’avère très difficile, pour ne pas dire impossible. Heureusement, ces petits engins se réparent aussi rapidement qu’ils se cassent. D’ailleurs, les jeunes de l’association Dracer couraient dans tous les sens pour aller ramasser les aéroplanes et les morceaux d’hélice qui jonchaient le sol. «Au moins, ils font un peu de sport», ricanais-je intérieurement, non sans une mauvaise foi due à ma frustration. à côté de mes performances, La Guerre des étoiles, c’est de la rigolade! Juste à mes côtés, un gamin d’une dizaine d’années s’essayait à des figures dignes de la patrouille de France. Je suis sûre que ses descendants auront des pouces en forme de clé USB.

Les vingt minutes d’essai sont passées à une vitesse inversement proportionnelle à celle de mon drone. Je suis ravie, j’ai aimé et bien ri. Et comme je suis généralement assez têtue, je vais de ce pas demander à mon fils qu’il me prête le sien. Je vous signalerai le jour et l’heure de mes entraînements privés, histoire que vous fermiez vos fenêtres et vous mettiez à l’abri!

Dominique Suter