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Julien Cuérel se lance dans la bataille

31 octobre 2016 | Edition N°1860

Baulmes – Le syndic de la commune emboîte le pas à Jacques Nicolet dans la course à la candidature UDC pour le Conseil d’Etat.

Julien Cuérel assure que sa décision de se lancer dans la course a été mûrement réfléchie. ©Michel Duperrex

Julien Cuérel assure que sa décision de se lancer dans la course a été mûrement réfléchie.

Réincarné en cheval de course, Julien Cuérel ne serait pas de ceux qui refusent l’obstacle. Sa volonté d’intégrer le Gouvernement vaudois, communiquée vendredi, en est une preuve supplémentaire. Syndic de Baulmes depuis dix ans, ce quadragénaire père de trois enfants a accédé à la députation en décembre 2015, suite à l’accession de Jacques Nicolet au Conseil national.

C’est précisément contre l’agriculteur de Lignerolle qu’il devra l’emporter (lire encadré), lors du Congrès UDC du 1er décembre prochain, s’il entend représenter son parti dans la bataille pour le Conseil d’Etat.

«Cela fait environ un mois que j’y pense. Des collègues députés UDC et PLR m’ont encouragé lorsque je leur ai parlé de mon intention de déposer ma candidature », déclare le titulaire d’un brevet fédéral d’agent fiduciaire. Stimulé par la réelle opportunité de siéger à l’Exécutif cantonal dont jouit son parti, il précise toutefois qu’il se retirerait si une alliance avec les Vert’libéraux se concluait.

L’entrée de Julien Cuérel dans l’univers politique de sa commune est symptomatique des «coups de tête réfléchis» dont il se nourrit pour avancer. «Les gens du village avaient envie de changement, mais personne ne se portait candidat. Je me suis inscrit et j’ai été élu à la Municipalité au premier tour, sans savoir dans quoi je me lançais. Il m’a fallu assumer », déclare-t-il.

Au sein de l’Exécutif de Baulmes depuis 2002, Julien Cuérel est devenu syndic en 2006. Cette longue expérience a été un atout de taille au moment de rejoindre les rangs du Grand Conseil. «Il est sans doute moins facile pour un député qui n’a pas fait partie d’une Municipalité de se mettre dans le bain», estime le Nord-Vaudois.

Reconduit au comité de l’UCV

Des dossiers comme la péréquation, la Loi sur les écoles de musique ou la Loi sur l’accueil de jour des enfants ont, de surcroît, aussi été traités par l’Union des communes vaudoises (UCV), dont il est membre depuis 2009.

Julien Cuérel mise précisément sur les connaissances acquises sous ses différentes casquettes pour tirer son épingle du jeu dans le nouveau challenge qu’il s’est fixé. Ses compétences en gestion et en finance liées à son orientation professionnelle le poussent, en toute logique, à s’intéresser au département de Pascal Broulis, mais il se verrait aussi bien en charge des affaires intérieures ou des écoles. Homme de consensus autoproclamé, il compterait, si le dernier scénario se concrétise, sur son ouverture au dialogue pour relever le «joli défi» que constitue la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur l’enseignement obligatoire.

Dans la peau du challenger

Julien Cuérel ne se voile pas la face : c’est en tant qu’outsider qu’il part au combat. «Jacques Nicolet est le président cantonal du parti. Il est conseiller national. C’est le candidat naturel de l’UDC», commente le député.

S’il n’a pas formellement fait part de sa décision à son collègue de Lignerolle, le chef de l’Exécutif de Baulmes indique que ce dernier avait connaissance de son intérêt. Les deux représentants du district devront patienter jusqu’au 15 novembre pour savoir si d’autres candidats à la candidature UDC se profilent. «Les noms de Pascal Dessauges et Philippe Jobin circulent», relève le syndic baulméran. «Je ne pars pas perdant d’avance. Il est peut-être plus facile d’être dans ma position que dans celle du favori.»

Ludovic Pillonel