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Justin Delay emporte tout sur son passage

23 janvier 2020 | Edition N°2668

Personnalité de l’année - Sacré champion de Suisse par équipes avec le Team Vaud et au saut en individuel en novembre dernier, le gymnaste yverdonnois a conquis les lecteurs de La Région, qui l’ont placé en tête du classement avec 22% des voix.

Rien ne semble résister à Justin Delay depuis quelques mois. Après avoir décroché un titre national historique avec l’équipe vaudoise à la mi-novembre dans la Cité thermale puis s’être imposé au saut en individuel, une semaine plus tard lors des finales par engin, le sociétaire des Amis-Gymnastes Yverdon a été élu personnalité nord-vaudoise de l’année 2019. L’enseignant de profession a coiffé au poteau les huit autres nominés. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions décalées.

Justin Delay, vous avez coup sur coup été élu personnalité nord-vaudoise de l’année 2019 et remporté le Prix Panathlonien, conjointement avec deux de vos coéquipiers et votre entraîneur. Quelle est la prochaine étape: un Oscar, un prix Nobel?
Miss Univers! Plus sérieusement, je suis très content d’avoir été sélectionné et récompensé, mais le but n’est pas d’aller chercher des prix. Je trouve sympa que les gens aient voté pour moi, mais si je participe aux Championnats de Suisse, c’est avant tout pour moi et pour l’équipe, car nous savions que nous avions les moyens d’aller chercher l’or. La reconnaissance des autres n’est pas un moteur.

Vous avez décroché un titre national au saut avec la note parfaite de 10, une performance que vous aviez déjà réalisée en 2017. Votre excellence en la matière n’est donc plus un secret. Mais quel talent caché possédez-vous?
Celui d’être capable d’oublier où est-ce que j’ai posé quelque chose trois secondes plus tôt! Ma famille, mes collègues et mes élèves sont aux premières loges pour assister à ce spectacle…

On dit qu’il faut parfois reculer pour mieux sauter. Est-ce que cela vous est déjà arrivé au cours de votre carrière de gymnaste?
Oui. Lors des championnats nationaux de 2018, je n’avais pas réussi à me qualifier pour la moindre finale par engin, alors que j’étais champion suisse en titre au saut. C’était un bide de passer à côté, car c’est le rendez-vous majeur de la saison. Mais cela a aussi été une source de motivation, car je voulais montrer qu’il s’agissait d’une erreur de parcours, que ce n’était pas définitif.

Pour pouvoir se parer d’or au niveau national, faut-il un mental d’acier? Comment vous mettez-vous en condition pour réaliser la meilleure performance possible au moment décisif?
J’utilise le stress pour proposer une performance qui va plus loin que le «très bien», qui est encore meilleure que ce que je voudrais. Il faut savoir de quoi on est capable et avoir envie de montrer le meilleur de ce que l’on peut faire. Je n’ai pas de rituel particulier même si, au saut, je ne me place généralement sur la piste d’élan qu’après avoir salué les juges. Et lors des compétitions de la deuxième partie de saison, dont les Championnats de Suisse font partie, j’ai visualisé mon mouvement les yeux fermés pendant que le concurrent précédent passait. Certaines personnes n’aiment pas regarder les autres en concours, moi oui. Ça me motive. Lors des finales nationales au saut, les deux gymnastes qui se sont présentés avant moi ont réalisé des sauts parfaits. Ce sont d’ailleurs eux qui ont terminé sur les deuxième et troisième marches du podium. Dans un cas comme ça, il faut pouvoir se dire «moi aussi je peux le faire».

Vos élèves ont-ils suivi vos exploits?
Oui, car les médias en ont parlé. Ils m’ont montré des journaux où il y avait ma photo. Ils étaient fiers et m’ont posé des questions. J’ai aussi vu l’un d’eux lors des Championnats de Suisse à Yverdon-les-Bains, ainsi que d’anciens élèves qui font de la gymnastique. Cela m’a fait plaisir, mais en dehors de ça, je ne les ai pas vraiment tenus au courant car je veux rester leur enseignant. En classe, je suis un prof, et dans une salle de gym, un gymnaste.

Après ces deux titres nationaux en 2019, quels sont vos objectifs pour cette année?
Il y a encore quelques buts que je poursuis depuis plusieurs années et que je n’ai pas encore atteints en gymnastique, notamment  celui de décrocher le titre de champion de Suisse du concours complet individuel. Mais je pense que je devrais compter à la fois sur une excellente performance de ma part et sur un faux pas de mes principaux adversaires car le niveau est sacrément élevé. J’espère aussi parvenir à me qualifier pour les finales suisses par engin au saut, afin de pouvoir défendre mon titre, et au sol, qui est ma deuxième discipline de prédilection.

Lise Henry, qui est arrivée 2e du classement, fait de la course à pied, tandis qu’Aurélie Fawer, 3e, est carrossière. Dans laquelle de ces disciplines auraiez-vous le plus de chance de vous illustrer?
Ayant participé à un Morat-Fribourg sans entraînement il y a quelques années et ayant souffert à plusieurs reprises pendant des sorties en peau de phoque, ce serait mentir que de dire que je serais plus performant en endurance. Ma meilleure distance, c’est les 16m50 d’élan jusqu’au trampoline. Donc la carrosserie!

Muriel Ambühl