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«Kånöepfl» prêt à régater à Cologne

26 mai 2017 | Edition N°2004

Nord vaudois – Huit étudiants de master en génie civil de l’EPFL, dont quatre jeunes du Nord vaudois, se sont lancés dans un pari fou : construire un canoë en béton armé et le faire concourir à une régate internationale, en Allemagne.

Les quatre Nord-Vaudois de l’équipe avec (de g. À dr.): Sacha Laffely (Vallorbe), Damien Scantamburlo (Yverdon-les-Bains), Benoit Corday (Valeyres-sous-Montagny) et Adrien Jeckelmann (Vugelles-La-Mothe). Avant d’affronter une cinquantaine d’universités sur le Fühlinger See, les quatre étudiants se sont entraînés avec leur team sur le lac Léman. ©Charles Baron

Les quatre Nord-Vaudois de l’équipe avec (de g. À dr.): Sacha Laffely (Vallorbe), Damien Scantamburlo (Yverdon-les-Bains), Benoit Corday (Valeyres-sous-Montagny) et Adrien Jeckelmann (Vugelles-La-Mothe). Avant d’affronter une cinquantaine d’universités sur le Fühlinger See, les quatre étudiants se sont entraînés avec leur team sur le lac Léman.

Adrien Jeckelmann de Vugelles- La-Mothe, étudiant de master en génie civil à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), s’est lancé un défi un peu fou avec sept autres camarades : construire de A à Z un canoë en béton armé. Les huit étudiants, âgés de 23 à 28 ans, participeront, les 9 et 10 juin, à la 16e édition du «BetonKanu Regatta», à Cologne. Cette compétition accueille une cinquantaine d’universités américaines, canadiennes et européennes. Elle se déroule tous les deux ans dans une ville allemande différente.

«C’est en discutant avec des étudiants en génie civil de l’ETH de Zurich, que nous avons décidé de participer, pour la première fois, à cette régate, confie Adrien Jeckelmann. On s’y est pris relativement tard, puisque nous avons commencé au début du semestre de printemps, soit en février dernier.»

La jeune équipe a consacré entre cinq et huit heures de travail par semaine à ce projet et vient d’ailleurs de soumettre le rapport technique de son embarcation aux examinateurs pour valider sa participation au concours. Une étape décisive, puisque le premier prix de cette compétition -celle-ci comprend un sprint de 100 m et un slalom- récompensera les vainqueurs selon des critères techniques, innovateurs et esthétiques.

 

Modulable comme chez Ikea

 

La construction de ce canoë est devenu un véritable travail de séminaire encadré par Aurelio Muttoni, professeur et directeur du Laboratoire de construction en béton de l’EPFL. «C’était un domaine totalement inconnu pour nous, assure l’étudiant vugellois. Dans notre cursus, nous avons élaboré des projets de construction de ponts ou de bâtiments, mais nous n’avions jamais réalisé celui d’un bateau. Il a donc fallu travailler en équipe et se répartir les tâches.» Pour ce faire, les huit étudiants ont employé du ciment «haute résistance», quatre à cinq fois plus solide que du ciment

classique. Au lieu du granulat -des cailloux de 2 à 3 centimètres de diamètre-, ils ont utilisé du sable avec très peu d’eau, auquel ils ont ajouté des agents plastifiants, afin de maîtriser la consistance du béton et son étanchéité.

«Nous avons construit un canoë de cinq mètres de long pour un poids de 115 kg, démontable en trois parties comme un meuble Ikea, précise Adrien Jeckelmann. De plus, nous nous sommes servis de la précontrainte, une technique de construction qui consiste à enrober des câbles tendus de béton.» Adrien Jeckelmann et ses acolytes ont baptisé leur canoë «Kånöepfl», comme un clin d’oeil au constructeur de meubles suédois. Pour rendre la structure plus légère, les étudiants ont alterné les couches de béton très fines avec celles de fibres de carbone, un matériau léger et résistant qui transforme le béton en béton textile.

 

Trois mises à l’eau

 

Pour remporter la compétition, l’équipe de l’EPFL n’a lésiné sur aucun détail, puisqu’elle s’est entraînée à trois reprises sur le lac Léman. «J’ai la chance de pratiquer le triathlon et ça m’a particulièrement aidé pour la préparation physique», révèle Adrien Jeckelmann, qui s’est par ailleurs exercé sur un rameur, deux fois par semaine, avec son team à la salle de fitness Viv’Eden (ndlr : l’un de leur sponsor), à l’EPFL.

 

Recherche de sponsors

 

Pour financer «Kånöepfl», les huit étudiants de master en génie civil ont bénéficié de l’appui de nombreux sponsors tels que l’Association générale des étudiants de l’EPFL (AGEPoly), ainsi que la Section de génie civil (SGC). Toutefois, l’Association des étudiants en génie civil (AEGC), qui gère les aspects logistiques du projet, est à la recherche de sponsors supplémentaires, afin de pouvoir atteindre son budget fixé à 20 000 francs. «Nous avons lancé un financement participatif pour atteindre cet objectif, déclare Adrien Jeckelmann, l’un des initiateurs de «Kånöepfl». Avec cet argent, nous pourrons notamment payer la location des véhicules de transport.»

Plus d’informations sur: https://wemakeit.com/projects/canoe-en-beton-kanoeepfl

Valérie Beauverd