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Killian Peier, un peu plus près des étoiles

17 avril 2013

Saut à ski - Le sauteur de La Sarraz s’est révélé aux yeux de tout un pays. Retour sur son hiver exceptionnel, consacré par sa sélection aux Mondiaux.

Killian Peier partage son temps entre Einsiedeln, où il vit, étudie et s’entraîne, et La Sarraz, où il a grandi… et saute aussi!

D’une blessure à une cheville en automne à une sélection aux Mondiaux de saut à ski, la saison de Killian Peier a pris une trajectoire que lui-même, le sauteur du Ski-Club Vallée de Joux, n’aurait pas même espérée. A l’heure de la pause printanière, rencontre avec ce sauteur d’à peine 18 ans, décontracté et jovial, de passage chez lui, à La Sarraz.

La Région: Killian Peier, comment expliquez-vous une telle progression?

Killian Peier: J’étais bien en forme cet été, je me sentais prêt. Mais je n’imaginais pas aller si loin, c’est vrai. Ma blessure m’a contraint à une pause, qui, je pense, m’a fait du bien. J’avais pour objectif les Championnats du monde juniors. J’y ai terminé quinzième, alors que j’étais sixième après la première manche. Mes entraîneurs m’ont alors dit qu’il était possible que je fasse partie du top-4 suisse pour les Mondiaux de Val di Fiemme, et j’ai encore fait de bons résultats. J’ai eu la pêche tout au long de la saison, l’envie de voler.

Quel souvenir gardez-vous des Mondiaux?

Le souvenir d’avoir appris des choses. Avec les médias et tout le reste. J’ai appris pour les prochains, en espérant qu’il y en aura!

Le grand rendez-vous de l’hiver prochain, c’est les Jeux olympiques de Sotchi!

Les JO, c’est un rêve que j’ai depuis que j’ai commencé le saut, mais pour le moment, je n’ai pas le niveau. Il me faudra réaliser une meilleure saison encore que celle que je viens de faire et alors j’aurai une chance.

C’est votre objectif principal?

Oui et non, c’est presque trop haut pour moi, même si c’est possible. Je voudrais avant tout être devant aux Mondiaux juniors.

Vous faites partie d’un groupe de sauteurs dont presque tous sont un peu plus âgés que vous, pourtant vous les avez tous surpassés?

J’étais en concurrence avec Pascal Kaelin tout au long de la saison. En général, il a même sauté un peu mieux que moi. Chacun a des hauts et des bas. Cette fois, c’était plutôt pour moi en haut, quand d’autres étaient plutôt bas. Mais j’espère qu’on va continuer à tous se pousser. En fait, le 70% d’un saut se passe dans la tête. Il faut être prêt. Moi, je l’étais, mes camarades un peu moins.

Est-ce que vous sentez une certaine pression, étant donné qu’en Suisse, on craint de ne pas trouver de successeur à la hauteur d’Andreas Küttel et Simon Ammann?

Au contraire, c’est plus fun d’être devant. Ça donne envie de donner encore plus, de sauter plus loin. Mais, pour l’instant, je ne suis pas encore devant. J’espère qu’on pourra créer une équipe jeune et pleine d’énergie.

Durant l’hiver, vous avez sauté en Coupe des Alpes, en Coupe FIS et en Coupe continentale. Où se situe votre place?

En Coupe continentale, où j’ai été régulièrement dans les points. En y progressant, j’aurai ma chance en Coupe du monde.

Avec une quatrième place à Kranj, en Slovénie, en Coupe des Alpes, il n’a manqué qu’un podium à votre saison…

C’est vrai, mais je pense que ma neuvième place en Coupe continentale, où le niveau est mondial, est un bien meilleur résultat que celui de Slovénie.

 

Manuel Gremion