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King et Zoé ont pointé le bout de leur museau

10 avril 2014

En pleine polémique liée à la mort des deux oursons de Berne, les deux nouveaux nés de Juraparc, au Mont d’orzeires, se portent à merveille. Nés en janvier, ils profitent enfin du printemps en compagnie de leur mère.

Au Mont d’Orzeires, l’instinct maternel n’a pas quitté la vieille femelle de 18 ans, Ursula, qui, aux premiers signaux de danger, renvoie ses petits, King et Zoé, dans leur tanière.

Au Mont d’Orzeires, l’instinct maternel n’a pas quitté la vieille femelle de 18 ans, Ursula, qui, aux premiers signaux de danger, renvoie ses petits, King et Zoé, dans leur tanière.

Alors que la mort des oursons, surnommés «3» et «4», au parc animalier du Dählhölzli à Berne, fait encore beaucoup parler d’elle, la vie des plantigrades du Mont d’Orzeires semble des plus paisibles. En effet, Ursina, l’ourse arrivée à Juraparc en 2002 en compagnie du mâle Georg, a mis au monde ses douzième et treizième oursons, King et Zoé, en janvier dernier. Une cinquième portée, depuis 2004, qui dénote le bon fonctionnement du parc animalier et la bonne santé de ses pensionnaires.

Séparation recommandée

Comme après chaque période des amours ponctuée d’un accouplement entre le couple, Ursina a été séparée de Georg, depuis l’été dernier. «Les ours circulant librement entre deux enclos, il nous a suffi d’attendre que la femelle se trouve seule dans le parc, où elle a pris l’habitude d’occuper sa tanière en période de grossesse, et d’abaisser la trappe qui sépare les deux espaces, commente Olivier Blanc, propriétaire de Juraparc. Depuis l’arrivée des deux ours, nous avons toujours pratiqué ainsi. Cette attitude nous a été vivement recommandée par les experts animaliers qui ont contribué au développement de notre site.» Une formule qui est d’usage dans tous les zoos et parcs animaliers possédant ce type de spécimens car, à l’état naturel, le mâle ne s’intéresse plus à la femelle et à son petit après l’accouplement.

Une pratique mystérieuse

Interrogé sur les événements qui ont amené l’ours bernois, «Mischa», à tuer accidentellement l’un de ses deux petits avant de blesser l’autre, qui sera euthanasié une semaine plus tard, sur décision de la direction du zoo, Olivier Blanc ne comprend pas la volonté du parc du Dählhölzli de garder l’ours et ses oursons dans le même espace : «Sans vouloir critiquer le parc bernois, car j’ignore tous les tenants et aboutissants de cette affaire, cette pratique reste pour moi un mystère. Peut-être manquaient- ils de place pour pouvoir les séparer ? Mais dans ce cas là pourquoi laisser les deux ours s’accoupler ? Il faut se rendre compte que dans la nature, les territoires des ours sont très étendus. Le risque de voir un père s’en prendre à un de ses petits est donc beaucoup plus faible. De plus, il semble qu’à Berne, il y ait un problème avec la femelle qui ne reconnaît pas sa progéniture. Or celle-ci devrait les protéger. Chez nous on le voit bien, lorsqu’elle sent la présence du mâle, dans l’autre enclos, la femelle indique le danger aux oursons à l’aide de signaux et ces derniers vont se cacher dans la tanière.»

Le parc du Mont d’Orzeires dispose de cinq enclos de 5000 mètres carrés chacun, dans lesquels loups, ours, bisons et autres chevaux sauvages vivent en captivité tout en profitant d’un habitat qui se rapproche de ce que peuvent connaître ces espèces à l’état sauvage. King et Zoé, vont ainsi pouvoir profiter d’un de ces cinq espaces pour leur propre épanouissement auprès de leur mère, Ursina, jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de l’indépendance, au bout de deux ans, et que les responsables du parc puissent leur trouver un nouveau foyer, à l’étranger ou ailleurs en Suisse. «Si nous ne trouvons pas d’autres parcs qui puissent reprendre nos oursons, nous avons assez de place ici pour les garder, remarque Olivier Blanc. C’est la politique de Juraparc.» Une politique qui ne semble pas avoir été suivie par ses confrères de Berne.

De leur côté, King et Zoé profitent de l’arrivée de la douceur du printemps pour effectuer leurs premières sorties, encore hésitantes, en dehors de leur confortable tanière. Un spectacle qu’il est possible d’apprécier, armé d’une certaine patience, tous les jours de la semaine, de 9 heures à la tombée de la nuit, au parc animalier, Juraparc, du Mont d’Orzeires.

 

Deux lynx vaudois relâchés à l’étranger

Capturés récemment dans le Jura vaudois, deux lynx ont été transférés dans un pays limitrophe, le 7 avril. Cette action a été menée en étroite collaboration entre le Canton de Vaud, le KORA – l’organisme chargé par la Confédération du suivi de grands carnivores – et l’Office fédéral de l’environnement. Elle s’inscrit dans le cadre du Concept Lynx Suisse, qui prévoit la possibilité de capturer des individus dans des régions à effectifs denses pour les déplacer dans des régions non colonisées, en Suisse ou à l’étranger. Une campagne assidue de piégeage, par cage-piège et sur proie, a été menée au cours des mois de février et mars derniers. Elle a permis la capture de quatre individus dont deux, ne répondant pas aux critères de sexe ou d’âge requis, ont dû être relâchés, équipés d’un collier émetteur. Au final, une femelle adulte, capturée le 23 mars près de Butigny, puis un mâle, capturé le 28 mars près du Suchet, ont été placés en observation à l’Etablissement de Landshut, à Utzenstorf (BE), en vue de leur transfert. Afin d’en garantir le succès, la localisation de cette opération ne peut être précisée dans l’immédiat.

Benjamin Fernandez