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La famille Leu dévoile sa «constellation» artistique

10 décembre 2015

Sainte-Croix – L’exposition «Caresser la peau du ciel», dont le vernissage aura lieu samedi au CIMA, montre que l’univers créatif de la «tribu» Leu ne se limite pas au monde du tatouage.

Filip Leu, Matthieu K. Leu, Loretta Leu et Cajun Leu: trois générations dans une exposition. © Bobby C. Alkabes

Filip Leu, Matthieu K. Leu, Loretta Leu et Cajun Leu: trois générations dans une exposition.

Le Centre international de mécanique d’art (CIMA) sainte-crix a le privilège d’accueillir un événement sans précédent pour clôturer, en beauté, l’année de son 30e anniversaire. La famille Leu, composée de stars internationales dans le domaine du tatouage, y fait découvrir d’autres facettes de son art lors de l’exposition «Caresser la peau du ciel», programmée jusqu’au 26 juin 2016, et dont le vernissage aura lieu samedi, à 16h.

Plusieurs participants à l’événement, notamment Titine et Filip Leu, se sont déjà associés, à titre individuel, à des expositions collectives aux quatre coins du globe, mais cette démarche familiale est une première. «Quatre membres de notre famille ont présenté quelques-unes de leurs pièces l’année passée au CIMA. A cette occasion, j’ai offert au musée un livre de ma fille Aia sur nos créations artistiques et les collaboratrices nous ont demandé si nous ne serions pas intéressés à les montrer au public», indique Loretta Leu.

Le curateur du nouvel événement sainte-crix Christian Jelk, a eu accès à cette «constellation» insoupçonnée suite à l’exposition «De l’inachevé», organisée dans les Halles CFF de Lausanne, en mai 2013. «Filip Leu y prenait part. Je le connais depuis une dizaine d’années, mais cette rencontre a été le point de départ à des discussions sur le dessin», explique le président de Visarte.Vaud.

Lors de ses visites pour en parler dans le studio ou au domicile des Leu, Christian Jelk ressent l’univers particulier dont le public pourra s’imprégener, dès dimanche, dans le musée sainte-crix. Fasciné par ce «monde en soi», il n’a pas hésité une seconde lorsque Filip l’a sollicité pour mettre sur pied ce rendezvous inédit.

Trois générations

Au total, vingt artistes -trois générations- se dévoilent dans une multitude de moyens d’expression. Les grandes pièces de Filip Leu et de sa femme Titine côtoient les dessins à l’encre de chine du regretté Félix, le conjoint de Loretta et père de Filip, Ama, Aia et Ajja.

«Il en a créé de nombreux dans les dernières années de sa vie, après avoir arrêté le tatouage. Ils sont présentés pour la première fois», déclare Christian Jelk. Les images numériques d’Ajja Leu, les dessins des petits-enfants -la plus jeune a cinq ans- de Félix et Loretta, ainsi que les mandalas de cette dernière sont quelques-unes des autres découvertes qu’il est possible de faire au premier étage du Musée du CIMA. «Il y a, en tout, environ 150 pièces», déclare Loretta Leu.

Une légende sous chacune des oeuvres et un arbre généalogique permettront aux visiteurs d’y voir plus clair dans ce fourmillement artistique. L’accrochage à l’Italienne dresse, en effet, un tableau très dense de ce patchwork duquel se dégage une certaine cohérence, aux yeux de Christian Jelk. «Il ne s’agit pas d’un courant artistique, mais d’un univers créatif de gens généreux et très pudiques», déclare le curateur.

Commencer à la maison

«La Princesse», de Titine K-Leu. © Bobby C. Alkabes

«La Princesse», de Titine K-Leu.

Domiciliée en bonne partie sur le Balcon du Jura, la famille Leu avait à coeur de présenter ses oeuvres chez elle, d’après Christian Jelk. «Il y avait une volonté de leur part de montrer leur travail à l’endroit où ils vivent», observe-t-il, avant de préciser que l’exposition se dépacera à Nantes à l’automne 2016. «Elle sera présentée dans Le lieu unique. Une caisse sera fabriquée, dont les quatre parois intérieures seront tapissées de créations, afin de proposer une sorte de cabinet de curiosités », indique-t-il.

Et de conclure: «C’est enthousiasmant de voir les membres de cette famille exprimer leur identité propre dans un monde profondément normalisé et codifié».

Ludovic Pillonel